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L’asperge française vue par le Monde

La saison a bien démarré pour le légume, notamment dans les Landes, où les volumes sont là et le prix au kilo supérieur de 50 centimes d’euros par rapport à l’an dernier, observe Laurence Girard, journaliste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 10h06, mis à jour à 10h07 Temps de Lecture 2 min.

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Un champ d’asperges, à Brumath (Bas-Rhin), le 2 avril.

Matières premières. L’asperge, légume de prestige, a fière allure sur les étals des primeurs. Elle donne le signal des tables printanières. Il y a un an, à l’heure du premier confinement, la lumière des spots médiatiques s’était braquée sur les aspergeraies françaises. Alors que les consommateurs se ruaient sur les rayons de pâtes et de farine, ils boudaient les produits frais. Et les asperges poireautaient dans les champs… Autre interrogation cruciale : qui allait manier la gouge pour trancher la tige souterraine du précieux légume, si les saisonniers ne pouvaient franchir les frontières ?

L’alerte lancée par les producteurs a porté ses fruits. La grande distribution s’est mobilisée pour promouvoir fruits et légumes tricolores. Et les saisonniers ont réussi à jouer à passe-muraille. « Pendant huit à dix jours, il n’y a pas eu de vente, mais finalement, après la prise de conscience, 2020 a plutôt été une bonne année. Si nous avons perdu 5 % à 10 % des volumes, ils ont été plus que compensés par les prix. Notre chiffre d’affaires a progressé de 10 % », explique Christophe Paillaugue, maraîcher à Boos, dans les Landes, et président de la coopérative Copadax.

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Un an plus tard, l’asperge reste droite dans ses bottes. « Les gens ne peuvent plus aller au restaurant, ils se font plaisir en achetant leur nourriture », souligne M. Paillaugue. Même si les plus gourmands ont dû ronger leur frein avant de croquer dans les tiges juteuses. Le froid de l’hiver a retardé la pousse et les premières pointes immaculées sont sorties du sable noir landais fin février. Maintenant, à mi-saison, les volumes sont là et les prix ne s’enfoncent pas. A la sortie de l’exploitation, le kilo d’asperges estampillées IGP Sables des Landes s’écoule à 5 euros, voire 6 euros, le kilo, soit 50 centimes de plus qu’en 2020.