Malgré un ensoleillement abondant en mars, la saison des asperges a commencé lentement cette année en Allemagne, rapporte Claudio Glaesser, analyste du marché horticole chez AMI. Il explique que les températures nocturnes constamment froides, souvent accompagnées de gel, ont freiné le développement des plantes. « Les exploitations disposant de champs chauffés et de plusieurs couches de protection ont clairement eu un avantage, tandis que les parcelles simplement couvertes n’ont commencé à produire des volumes commercialisables qu’en avril. »
Le démarrage de la saison a été inégal selon les régions, notamment en Allemagne de l’Est, où la récolte a été retardée avant de rattraper son retard grâce à un changement météorologique juste avant Pâques. En raison de cette lente mise en production, les volumes d’achat par les ménages en mars sont restés faibles et nettement en dessous des niveaux de l’année précédente, où une Pâques précoce avait accéléré la demande en début de saison.
Tout au long du mois d’avril, la pénétration du marché est restée inférieure à celle de l’année précédente – à l’exception de la semaine précédant Pâques. « La demande autour de Pâques a été forte sur tous les canaux : vente directe, marchés de gros et grande distribution ont enregistré de bonnes ventes. Même après les fêtes, l’offre est restée limitée, évitant ainsi toute situation de surproduction sur le marché. Les rendements n’ont augmenté que progressivement, ce qui a contribué à maintenir une situation de marché stable. »
Par ailleurs, la baisse continue des surfaces consacrées à l’asperge et de l’établissement de jeunes plantations devrait, à moyen terme, encore restreindre l’offre. « Globalement, la production d’asperges en Allemagne est en déclin depuis plusieurs années, avec des effets tangibles sur le marché intérieur », conclut Claudio Glaesser.
L’appétit pour les asperges fraîches reste fort aux États-Unis, avec des ventes au détail atteignant près de 893 millions de dollars chaque année. Pourtant, la production nationale est déjà en déclin, affectée par des coûts élevés et une pénurie de main-d’œuvre – une situation compliquée cette année par les durcissements des politiques migratoires et les menaces tarifaires. À l’heure où les premières asperges du Minnesota devaient arriver en rayons (autour du 8-10 mai), l’incertitude reste grande quant aux effets commerciaux que ces évolutions pourraient entraîner pour ce légume devenu populaire sur l’un des plus grands marchés mondiaux.
Les ventes d’asperges bio en hausse
Selon les données de Circana* sur 12 mois se terminant au 23 février, les ventes d’asperges fraîches aux États-Unis ont représenté un total de 892,6 millions de dollars, en baisse de 1,9 % par rapport à l’année précédente. Cependant, les ventes d’asperges bio ont atteint 97,3 millions de dollars (+7,4 %), tandis que les ventes conventionnelles ont baissé de 2,9 %, s’établissant à 795,3 millions de dollars. Les ventes conventionnelles représentent 89 % du total, contre 11 % pour le bio.
Côté volumes, on note un recul de 2 % toutes catégories confondues, avec une hausse de 4,3 % pour le bio et une baisse de 2,6 % pour le conventionnel. Les asperges vertes concentrent presque 99 % des dépenses en asperges fraîches au détail, suivies des pointes d’asperges (0,7 %), des blanches (0,17 %), des violettes (0,04 %) et autres catégories (0,16 %).
Le prix moyen unitaire toutes catégories confondues était de 3,31 dollars, en hausse de 0,1 % sur un an. Le prix des asperges conventionnelles a légèrement baissé (-0,3 % à 3,29 $), tandis que celui des bio a augmenté de 3 % (3,53 $). Les données de l’USDA pour la période de Pâques – moment fort de consommation – indiquent un prix moyen de 2,65 $/lb pour les asperges vertes fraîches, en baisse de 13 % par rapport à l’année précédente, tandis que les asperges bio affichaient une hausse de 3,2 % (4,51 $/lb).
Une production nationale en baisse constante
Dans le Michigan, principal État producteur, la valeur de la récolte 2024 est estimée à 24,5 millions de dollars, en recul de 18,5 % (soit -5,57 millions) par rapport à 2022. Les surfaces récoltées sont passées de 9 800 acres à 7 500 acres (soit 3 035 ha), selon les données de l’USDA. L’université de l’État du Michigan souligne les difficultés rencontrées par la filière : « Comme pour beaucoup d’autres productions, la hausse des coûts de main-d’œuvre compromet la rentabilité du secteur de l’asperge. ». Dans son rapport de mars 2025, The Outlook for Michigan Agriculture 2025, l’université met en avant les incertitudes importantes qui pèsent sur les exploitations : tensions commerciales, risque de récession, hausse prévisible du coût du travail, pénurie persistante de main-d’œuvre.
Les menaces tarifaires assombrissent les perspectives commerciales
Jusqu’à 90 % de la consommation américaine d’asperges fraîches est couverte par les importations, principalement en provenance du Mexique et du Canada, deux pays menacés par les mesures tarifaires envisagées par l’administration Trump, tout comme la Chine. En 2024, le Mexique a représenté 65,6 % des importations américaines, contre 33 % pour le Pérou et seulement 0,9 % pour le Canada.
Dans une note de mars, le distributeur américain Markon Cooperative indiquait : « Si des droits de douane sont imposés sur les produits mexicains, le Pérou pourrait jouer un rôle d’amortisseur, mais il ne pourra pas satisfaire à lui seul la demande nationale. »
Giancarlo Riva (Ernst & Young Pérou) déclarait à la même période que de tels droits de douane pourraient ouvrir des opportunités pour les exportations péruviennes (notamment l’avocat ou l’asperge), mais certains analystes soulignent que de telles mesures protectionnistes pourraient provoquer une hausse des coûts logistiques, perturber les habitudes de consommation et générer une inflation. En période d’incertitude, les investissements ont tendance à ralentir voire à s’interrompre.
Quant aux producteurs américains, si les tarifs douaniers peuvent théoriquement rendre leurs produits plus compétitifs, des mesures de rétorsion tarifaire pourraient augmenter leurs coûts (engrais notamment) et affecter la consommation si l’approvisionnement annuel est perturbé ou si les prix au détail s’envolent.
L’Indication Géographique Protégée (IGP) « Espárrago verde de Guadalajara », enregistrée le 5 juillet 2024, concerne une zone de production située à l’ouest de la province de Guadalajara, dans les districts de La Sierra, La Campiña et Alcarria Alta, plus précisément dans les communes de Membrillera et Loranca de Tajuña, à une altitude comprise entre 640 et 1 020 mètres.
« Les éléments nutritifs présents dans les sols, associés aux pratiques traditionnelles de fertilisation et aux conditions agroclimatiques de la région, confèrent à cette asperge une saveur intense et juteuse, très légèrement fibreuse, avec des notes à la fois sucrées et amères. Sa saveur persistante s’explique par la concentration spécifique de solides solubles, de sels, d’acides organiques et d’autres composés bioactifs », indique la demande d’enregistrement de l’IGP publiée par l’Union européenne.
Une typicité due à l’altitude et à l’ensoleillement
Parmi les critères avancés pour justifier l’IGP figurent les caractéristiques spécifiques du produit issues de son lien avec la zone géographique. Durant les mois de production, les températures relativement basses ralentissent la croissance de l’asperge, favorisant ainsi une plus grande concentration en solides solubles, comprise entre 3,8 et 6,1 degrés Brix, et des valeurs de pH allant de 5,7 à 5,9.
La couleur verte et la teneur en matière sèche, située entre 6,5 % et 8,5 %, sont attribuées à un ensoleillement moyen de 1 642,5 mégajoules/m² pendant la période de production, un phénomène rendu possible par l’altitude des exploitations agricoles et la latitude de la province de Guadalajara.
La longueur des turions, comprise entre 13 et 26 cm, ainsi que leur diamètre minimal de 10 mm, sont liés aux caractéristiques particulières des sols : un pH généralement situé entre 8,1 et 8,3, une profondeur importante, une bonne disponibilité en éléments nutritifs, et une texture équilibrée entre sable, argile et limon. Ces qualités garantissent une bonne réserve en humidité ainsi qu’en macro et micronutriments.
Selon le gouvernement de Castille-La Manche, l’IGP concerne actuellement 25 producteurs, représentant environ 550 hectares d’asperges vertes et une production moyenne comprise entre 2 500 et 3 000 tonnes.
Le Lesotho, royaume enclavé et situé en altitude, entièrement entouré par l’Afrique du Sud, se prépare à relancer la production d’asperges. Le pays dispose de nombreux hectares de terres arables aux caractéristiques pédoclimatiques favorables à la production d’asperges vertes fraîches de qualité. Les tentatives précédentes de promotion et d’investissement dans la filière ont été globalement infructueuses. Pourtant, les cofondateurs de Kingdom Asparagus, Alex Stainburn, Thuso Green et Khotso Mapepesa, estiment que le moment est venu de réessayer.
Des loams sableux, un soleil abondant et une main-d’œuvre abordable
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Le Lesotho est un pays majoritairement montagneux d’Afrique australe, peuplé d’environ 2,33 millions d’habitants. Situé à une altitude de 1 400 mètres, il détient le record du point le plus bas le plus élevé de tous les pays du monde. Malgré le relief, le Lesotho dispose de nombreuses terres cultivables présentant des atouts indéniables pour la culture de l’asperge : sols limoneux-sableux, plus de 300 jours d’ensoleillement par an, et un coût de la main-d’œuvre très compétitif à l’échelle mondiale. « L’asperge a été cultivée avec succès au Lesotho pendant les années 1970 et 1980 pour la conserverie, nous sommes donc convaincus qu’il est possible d’en produire à nouveau, à grande échelle, pour des asperges vertes fraîches de qualité », explique Stainburn. « Notre cible est le consommateur soucieux de la provenance de ce qu’il consomme. » D’après les archives des années 1980, les rendements moyens atteignaient 3 tonnes à l’hectare sans irrigation, mais ces données datent de 30 à 40 ans. « Les variétés et techniques culturales ont beaucoup évolué depuis. L’irrigation permettra une meilleure fiabilité des rendements et une hausse des volumes récoltés. » Depuis 2016, l’équipe a réalisé plusieurs essais pour apprendre à cultiver l’asperge spécifiquement au Lesotho, notamment sur la gestion de la main-d’œuvre et des intrants. « Une grande partie du savoir des années 1980 s’est perdue avec le départ à la retraite des agriculteurs de l’époque. La formation est donc un levier clé de notre plan de montée en puissance », précise-t-il.
Une demande locale existe
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Pendant les essais menés en 2018, 2019 et 2020, Kingdom Asparagus a livré des asperges fraîches à des restaurants locaux ainsi qu’à une grande enseigne alimentaire, Pick n Pay, à Maseru, la capitale. L’enseigne a demandé des bottes de 250 grammes. « Les asperges étaient récoltées tôt le matin, bottelées, puis livrées dans la foulée au magasin, où elles étaient immédiatement achetées. Quelques expatriés allemands vivant au Lesotho nous ont même contactés pour passer des commandes en gros, un bon indicateur de la qualité de notre production », souligne Stainburn. Lancer une nouvelle activité agricole au Lesotho n’a toutefois rien d’évident : chaque étape demande une planification minutieuse. « Par exemple, inutile d’espérer trouver un tracteur équipé d’un ripper une semaine avant le labour – il faut s’en occuper dès l’hiver. » Le travail avec les agriculteurs locaux nécessite aussi de limiter leur exposition au risque financier. Les producteurs perçoivent bien l’intérêt économique de l’asperge par rapport à des cultures peu rémunératrices comme le maïs, mais le coût élevé des intrants et les faibles revenus des premières années rendent cette culture inaccessible à la plupart des petits exploitants. « Demander à un agriculteur africain de s’endetter pour une culture dont les revenus ne seront perçus que plusieurs années plus tard est rarement une bonne idée », avertit-il.
Priorités actuelles et perspectives
Kingdom Asparagus travaille actuellement à étendre sa surface cultivée. Des zones favorables ont été identifiées dans les régions de Leribe et Butha-Buthe, où les sols limono-sableux sont plats et où un potentiel d’irrigation existe. « Nous avons besoin de partenaires disposant de l’expertise technique et des capacités financières nécessaires pour faire passer notre modèle d’une production locale à un modèle tourné vers l’export. Et pour répondre à la question : nous grillons généralement nos asperges. Un filet d’huile d’olive, une pincée de sel et trois à quatre minutes sur le gril. Simple, mais la meilleure manière de savourer notre produit », conclut-il. Le gouvernement du Lesotho reconnaît également le potentiel de l’asperge comme culture d’exportation et s’est dit prêt à soutenir la relance du secteur. Des incitations fiscales sont prévues pour les entreprises orientées vers l’export via la Lesotho National Development Corporation, et la libre circulation des devises est garantie. Le Lesotho bénéficie aussi de nombreux accords commerciaux préférentiels en tant que pays à revenu faible, rappelle Stainburn.
Pourquoi l’ancien projet d’exportation a échoué
African kingdom
Ancien protectorat britannique, le Lesotho a obtenu son indépendance en octobre 1966. Le pays est aujourd’hui classé comme à revenu intermédiaire inférieur par la Banque mondiale. En 2022, son PIB par habitant s’élevait à 999,7 USD, une année durant laquelle l’économie a progressé de 1,8 %, principalement grâce aux secteurs de la construction, des mines, de l’industrie manufacturière, des services aux entreprises et de l’administration publique. L’agriculture a aussi contribué positivement à cette croissance, portée par une bonne pluviométrie saisonnière et des subventions aux intrants. Toutefois, les niveaux de chômage, d’inégalités et de pauvreté restent élevés.
Dans les années 1970, pour lutter contre la pauvreté rurale, le gouvernement du Lesotho avait lancé un programme de production d’asperges destinées à l’exportation vers l’Europe. Une conserverie avait été relancée et achetait les asperges selon trois catégories : blanche, verte et « salade ». Ce projet, qui a duré de 1974 à 1999, a bénéficié d’investissements importants, notamment via le Fonds de développement du capital des Nations unies, mais il a connu de nombreuses difficultés et n’a pas réussi à assurer des revenus durables pour les agriculteurs locaux.
D’après un article publié dans le Journal of Sustainable Development in Africa, les principaux facteurs de l’échec du projet étaient une mauvaise gestion de la production, ainsi que des services de transformation et de commercialisation inadéquats, qui ont freiné le développement de la filière et empêché les asperges du Lesotho de concurrencer efficacement celles d’Europe de l’Ouest. L’incapacité à tirer parti de l’évolution des préférences des consommateurs européens vers les asperges fraîches a été fatale, notamment en raison du manque de solutions de fret aérien.
Le rythme des exportations d’asperges fraîches depuis le Pérou commence généralement à s’intensifier à partir de la semaine 12 pour atteindre son apogée autour de la semaine 48. Selon les données de l’IPEH, 78 % de l’ensemble des expéditions ont lieu pendant cette période. En 2022, le pays a expédié au total plus de 25 872 640 caisses de 5 kg (11 lb). Le plus faible total enregistré au cours des 11 années précédentes remonte à 2017 avec 23 082 591 caisses, tandis que le plus élevé date de 2021 avec 27 329 252 caisses. En termes de valeur FOB, le sommet sur la période 2012-2022 a été atteint en 2013 avec plus de 448,8 millions de dollars, et le plus bas en 2012 avec 341,3 millions de dollars. Pour l’année 2022, les exportations péruviennes d’asperges fraîches ont atteint une valeur FOB de près de 370 millions de dollars, soit une baisse de 8,4 % par rapport à 2021.
Les États-Unis, premier débouché pour le Pérou
Avec un total de 18 821 270 caisses, les États-Unis ont absorbé près de 73 % des exportations d’asperges fraîches péruviennes en 2022. D’après les recherches de l’IPEH, les autres principaux marchés pour le Pérou cette année-là étaient l’Espagne (8 %), les Pays-Bas (7 %), le Royaume-Uni (6 %), la Belgique (1,2 %), le Canada (0,8 %) et le Brésil (0,6 %). En valeur FOB, 85,6 % des exportations vers les États-Unis ont été acheminées par voie maritime, 13,9 % par voie aérienne et 0,5 % par voie terrestre. Pour l’Europe, c’est l’avion qui domine à près de 71 %, contre 28,7 % par la mer. Quant à l’Asie, où la Corée du Sud constitue le principal marché pour le Pérou, l’aérien représente 87 % des envois, contre 13 % pour le maritime. Entre 2021 et 2022, le volume de caisses expédiées vers les États-Unis a reculé de 4,6 %, tandis que la valeur FOB a chuté de 7,3 %. L’Espagne, au contraire, a vu ses volumes augmenter de 5,5 % et la valeur de 3 %. Les Pays-Bas ont enregistré des baisses de 9,5 % et 12,2 % respectivement, et le Royaume-Uni de 14,7 % et 17,6 %.
Danper Trujillo, premier exportateur du pays en 2022
AW
Selon l’analyse de l’IPEH, l’entreprise Danper Trujillo a été en 2022 le premier exportateur d’asperges fraîches du Pérou, avec une progression de 46 % sur un an de son volume d’exportation, atteignant plus de 2,48 millions de caisses, soit 9,6 % du total péruvien. Sa valeur FOB a, elle, progressé de 34 % pour atteindre plus de 39,8 millions de dollars. En seconde position, on retrouve Complejo Agroindustrial Beta avec plus de 2,16 millions de caisses (+4,4 % sur un an), représentant une part de marché de 8,4 %, et une valeur FOB de plus de 34,2 millions de dollars (-7,6 %). Agrovision Peru affiche une croissance de près de 15 % du volume (plus de 1,2 million de caisses) et de près de 25 % en valeur (près de 16,1 millions de dollars). De son côté, Agricola Cerro Prieto a expédié 1,16 million de caisses, en hausse de 11,3 %, pour une valeur en progression de presque 25 % également, frôlant les 16,1 millions de dollars.
Aéroports et ports de départ : évolutions en 5 ans
Entre 2018 et 2022, les points de départ des asperges fraîches péruviennes ont connu des évolutions notables. Le nombre de caisses expédiées depuis l’aéroport de Callao a chuté de près de 50 %, mais ce site reste néanmoins le principal point de départ, avec près de 7,96 millions de caisses en 2022. Le port de Callao, autrefois en deuxième position, est désormais troisième avec 4,62 millions de caisses, soit une baisse de 15,6 % par rapport à 2018. À l’inverse, les volumes au départ de Salaverry (La Libertad) et de Pisco (Ica) ont plus que triplé, atteignant respectivement près de 7 millions et 3,27 millions de caisses.
Les importations de semences dominées par l’UC 157 F2
C. Befve
En 2022, le Pérou a importé près de 733,4 kg de semences d’asperge, en baisse par rapport aux 1 967,45 kg de 2021. La variété UC 157 F2 (265 kg) a été la plus importée en volume cette année-là, suivie de près par la UC 157 F1 (220 kg), qui avait dominé les importations entre 2018 et 2022. En troisième position, on retrouve la UC 115 F1 (199 kg), qui était jusque-là la plus importée sur les quatre années précédentes. En 2022, la région d’Ica représentait 38,3 % des 15,5 millions d’hectares plantés en asperges au Pérou, suivie par La Libertad (35,2 %), Lambayeque (16,8 %), Ancash (4,9 %), Lima (4,3 %) et Arequipa (0,4 %).
L’asperge peut être cultivée presque partout dans le monde, sous de nombreux climats et parfois sur des sols très différents. Sa bonne conservation, le maintien de ses qualités gustatives et, surtout, la valeur ajoutée qu’elle génère tout au long de sa chaîne de production et de distribution en ont fait une culture « mondialisée », à l’image de certains fruits comme la banane, l’avocat, la mangue, le kiwi, la pomme, ou plus récemment la myrtille. Elle est un exemple du commerce intercontinental de légumes.
La « mondialisation » des flux commerciaux
C. Befve
La fin du XXe siècle a vu une croissance continue de la production mondiale d’asperges. De 140 000 ha en 1988, la production mondiale a franchi la barre des 200 000 ha juste avant l’entrée dans le nouveau millénaire, pour ensuite atteindre 280 000 ha. Cette expansion des surfaces plantées est principalement due à l’émergence de nouvelles zones de production, comme le Pérou et le Mexique. Jusqu’alors, l’asperge était principalement cultivée dans les pays où elle était consommée, mais elle s’est développée dans des pays réunissant des conditions agronomiques favorables, et surtout une main-d’œuvre bon marché. La mondialisation des flux de marchandises (maritimes et aériens) et les nouvelles technologies de transport (conteneurs) ont entraîné une intensification du commerce. Actuellement, la production mondiale d’asperges s’étend sur 190 000 ha répartis entre quatre grandes zones de production.
Produit de « luxe » au Japon
L’Asie cultive l’asperge sur plus de 59 000 ha, dont 47 000 ha rien qu’en Chine. La production chinoise est composée à 70 % d’asperges blanches et 30 % de vertes, avec des débouchés variés : 60 % pour la conserve, 30 % pour le frais, 10 % pour le surgelé. La Chine est le premier producteur mondial d’asperges en conserve. Avec une surface bien plus modeste (7 000 ha), le Japon est l’autre pays d’Asie où l’asperge est une culture traditionnelle. Elle y est destinée au marché frais, avec une forte valeur ajoutée, et y est perçue presque comme un produit de luxe (voir Asparagus World n°5/2023). La Thaïlande et les Philippines cultivent environ 1 600 ha d’asperges vertes, de manière modeste mais stable. Taïwan se spécialise dans le marché du frais avec de l’asperge blanche (90 %). Dans cette région, l’Australie (2 000 ha) et la Nouvelle-Zélande (1 000 ha) produisent de l’asperge verte, principalement pour leur marché intérieur.
Le point faible du Pérou face au Mexique
Sur le continent américain, la production d’asperges vertes des pays du Nord – États-Unis (8 000 ha) et Canada (2 000 ha) – reste faible comparée à celle du Mexique (32 000 ha). Le climat, le coût de la main-d’œuvre et la proximité du lucratif marché nord-américain expliquent l’essor du Mexique, dont la production continue de croître (voir Asparagus World n°1/2019). Plus au sud, le Pérou (18 000 ha) est le premier producteur d’asperges d’Amérique latine. C’est l’un des rares pays – avec ses petits voisins comme l’Équateur (2 000 ha), la Colombie (800 ha), mais aussi la Thaïlande – à pouvoir produire de l’asperge toute l’année. Sa production est répartie entre asperges vertes (60 %) et blanches (40 %). Son principal débouché est la conserve (50 %), suivi du marché frais (40 %) et du surgelé (10 %) (voir Asparagus World n°3/2021 et n°4/2022). Mais la distance avec le marché nord-américain (plus de 9 jours par bateau) et le coût élevé du fret aérien sont des points faibles face à son principal concurrent, le Mexique, qui a gagné beaucoup de parts de marché. Au cours des 15 dernières années, le contexte économique a contraint le Pérou à réduire ses surfaces et à raccourcir son calendrier de production de deux mois, arrêtant les exportations en janvier et février. Il a ainsi perdu sa place de premier pays producteur mondial. Le Chili (2 000 ha) est un marché dynamique, axé sur l’asperge verte destinée au surgelé (60 %). Sur le même continent, l’Argentine (1 000 ha) (voir Asparagus World n°6/2024), le Brésil (800 ha), le Guatemala (500 ha), l’Uruguay et le Nicaragua (200 ha) produisent également de l’asperge.
Des tentatives non pérennes
La culture de l’asperge est quasi absente du continent africain (3 700 ha), hormis quelques exceptions au nord et au sud. L’Afrique du Sud, avec 1 500 ha, est le plus gros producteur, principalement d’asperges blanches (80 %), dont une majorité est destinée à la conserve (60 %). La production fraîche est consommée localement ou exportée, notamment vers le Japon. Le Lesotho (voir Asparagus World n°6/2024) et le Kenya sont également producteurs. En Afrique du Nord, le Maroc (500 ha) et la Tunisie (200 ha) ont accueilli des projets souvent portés par des entreprises européennes attirées par les coûts de main-d’œuvre et la précocité, mais ces tentatives n’ont souvent pas été pérennes.
L’Europe mise sur l’innovation
L’Europe, berceau botanique et historique de la culture de l’asperge (58 000 ha), présente une répartition claire : asperge verte dans les pays méditerranéens (Espagne, Italie) et anglo-saxons (Royaume-Uni), asperge blanche dans les pays d’Europe continentale (Allemagne, France, Pays-Bas). La production est exclusivement destinée au marché frais. En surface, l’Allemagne est leader (18 000 ha), avec une production essentiellement blanche. L’Espagne (12 000 ha) et l’Italie (10 000 ha) sont très orientées vers l’asperge verte. Viennent ensuite la France (6 000 ha), majoritairement blanche (70 %), mais avec une part croissante de verte (30 %), les Pays-Bas (3 000 ha, 100 % blanche), et le Royaume-Uni (2 500 ha, 100 % verte). On trouve aussi de la production blanche en Pologne (2 000 ha), Autriche (800 ha), Belgique (700 ha), Hongrie (500 ha). La tendance générale est à la baisse des surfaces, notamment en Allemagne (voir Asparagus World n°5/2023), aux Pays-Bas, mais aussi en Espagne et en Italie. Le manque de rentabilité, en raison du coût élevé de la main-d’œuvre et de la baisse de la consommation, explique cette régression. Plus récemment, les effets du changement climatique et la raréfaction de l’eau limitent le renouvellement des plantations dans les pays méditerranéens. Pour rester compétitive, l’Europe mise sur l’innovation technologique : développement de variétés très productives, utilisation de films plastiques pour gagner en précocité, mécanisation de la culture et robotisation de la récolte.
Signes d’une sortie de crise ?
Ce tour du monde des pays producteurs montre deux grandes tendances : les pays producteurs/consommateurs réduisent leurs surfaces, tandis que les pays producteurs/exportateurs les augmentent. La compétitivité dépend du coût du travail, des frais logistiques et du prix de vente. Le coût de la main-d’œuvre est un facteur en constante augmentation (voir encadré). La disponibilité mondiale de l’asperge influe aussi sur les fluctuations du marché. En analysant l’évolution des surfaces et des prix mondiaux, Christian Befve, consultant international, remarque que lorsque la production mondiale dépasse les 240 000 ha, les prix se déstabilisent et le marché entre en crise. « C’est ce qu’a vécu le monde de l’asperge entre 2014 et 2018, avec une forte hausse des surfaces mondiales, de 210 000 à 280 000 ha, entraînant une stagnation puis une baisse des prix, suivie d’un arrachage massif et d’une régression des surfaces », explique-t-il. Depuis 2022, avec un retour sous la barre des 200 000 ha, les prix mondiaux sont repartis à la hausse. « Cela annonce-t-il une sortie de crise pour l’asperge au niveau mondial ? » s’interroge l’expert.
Il faut plus d’un kilo d’asperges pour payer une heure de travail
Une comparaison du nombre de kilos d’asperges (au prix départ ferme) nécessaires pour payer une heure de travail en France et au Pérou, montre une évolution parallèle. En 2005, il fallait 2 kg d’asperges pour rémunérer une heure de travail en France, contre 1,3 kg au Pérou. En 2025, l’écart s’est creusé : 2,5 kg au Pérou et plus de 4 kg en France.
Both white and purple fresh asparagus spears can now be sold at retail in Europe at lengths of up to 24 cm – 2 cm longer than had previously been allowed. The change, which came into effect on December 20, 2023, followed lobbying from asparagus growers, particularly those in Germany. Provision for the change was made in the 2023 version of “UNECE* standard FFV-04 concerning the marketing and commercial quality control of asparagus.” The standard now says “The maximum length allowed for white and violet asparagus is 24 cm,” where in the past it had stipulated 22cm. The maximum length applying to violet/green and green asparagus remains unchanged at 27 cm. The previous maximum of 22 cm for white and violet asparagus spears had applied since at least November, 1999 – before the UNECE standard was introduced – under European Commission regulation 2377/1999 laying down the marketing standard for asparagus. It was introduced for standardisation and quality assurance purposes.
Germans says change will cut foodwaste, French concerned about fibrosity
The change in the UNECE standard to 24 cm followed a submission by the German delegation to the UNECE Working Party on Agricultural Quality Standards, dated February 23, 2023. In its submission, Germany gave the following reasons in its justi cation of the change sought: “By increasing the permissible length to 24 cm, food waste could be avoided. In the past there have been concerns about quality with longer shoots. With today’s production methods, deeper planting and higher dams, these concerns can be alleviated. In recent years, further research and development have given the asparagus producers opportunities to improve the quality of longer asparagus shoots.” UNECE documents show that the German proposal was accepted by the relevant part of the UNECE Working Party – the Specialised Section on Standardisation of Fresh Fruit and Vegetables – but it was noted that there had been “a request from France to postpone adoption to carry out a study due to brosity concerns.”
German producers pleased with prompt response
In a press release in February welcoming the change, a German representative group highlighted that the extension to 24 cm applies to all classes of asparagus. “We welcome how quickly our demand for a change to the UNECE standard was implemented and are pleased that the longer asparagus spears can now also be marketed through food retailers, thus signi cantly reducing asparagus cutting waste,” the Network of Asparagus and Berry Associations said. “In direct marketing, the experiences so far with longer asparagus spears have been consistently positive,” said Jürgen Schulze, the networks’ asparagus cultivation consultant. The network also said the change “is a significant contribution to regional sustainable asparagus production, as the use of important and limited resources, such as water, fertilisers and pesticides” will be “significantly reduced in production. In addition to reducing food waste and increasing sustainability in asparagus production, producers can also further improve the regional asparagus o ering in food retailers,” it said. At an informal meeting of representatives of German and French asparagus producer unions during the Interaspa 2023 trade fair in Sandhatten, Germany in September 2023, it was argued that the proposed new standard would enable a higher volume of marketed product without changing the quantity of inputs (plastic, pesticides, fertilisers, water, etc.).
It would not impact product quality
It was also said that this would provide economic bene ts to asparagus producers, through greater yield per hectare for unchanged production costs (particularly in terms of labour). The measure would not impact product quality because modern cultivation techniques with high mounds and new varieties are already being developed. In addition, it would allow waste reduction in the eld. Also, there would be no obligation on producers to provide longer spears as everyone would remain free to continue to sell 22 cm asparagus instead of 24 cm, thus also allowing producers that prefer not to make the calibre change to highlight their traditions. For its part, the French industry seemed divided on the subject, with delegates expressing concerns about the risk of fibrosity in the last two centimetres of the spear and lower taste quality. The exchanges prompted a desire for a broader sharing of information between Germany and France, as well as with other producing countries in Europe.
*UNECE: United Nations Economic and Social Council, the commercial quality standards developed by the Working Party on Agricultural Quality Standards of the United Nations Economic Commission for Europe (UNECE) help facilitate international trade, encourage high-quality production, improve profitability and protect consumer interests. UNECE standards are used by Governments, producers, traders, importers and exporters, and other international organizations. They cover a wide range of agricultural products, including fresh fruit and vegetables, dry and dried produce, seed potatoes, meat, cut flowers, eggs and egg products.
Le Label Rouge est un signe national de qualité désignant des produits ayant un niveau de qualité supérieur à celui des produits similaires habituellement commercialisés.
Selon une étude de Kantar Worldpanel, le Label Rouge reste le label le plus reconnu en France, avec 96 % des répondants affirmant le connaître. Des produits comme les fraises, kiwis, clémentines ou encore l’ail bénéficient déjà de ce label.
En 2024, 600 tonnes d’asperges seront commercialisées sous Label Rouge, avec un objectif de montée en puissance à 2 000 tonnes, soit environ 65 % de l’asperge française bénéficiant d’une Indication Géographique Protégée (IGP).
Deux variétés sélectionnées : Vitalim et Grolim
L’asperge Label Rouge repose sur deux variétés rigoureusement sélectionnées, Vitalim et Grolim, après trois années d’essais agronomiques et d’analyses sensorielles ayant permis de vérifier leur aptitude à répondre à des critères de qualité précis :
droiture et couleur des turions,
potentiel en catégorie Extra,
fermeture des pointes, etc.
L’asperge Label Rouge doit être blanche, en catégorie Extra (calibre 16 à 42 mm) et vendue fraîche et emballée, un conditionnement synonyme de fraîcheur.
Le Label Rouge garantit :
le goût caractéristique et les arômes typiques de l’asperge,
des turions fondants,
peu fibreux,
avec des pointes équilibrées, ni trop amères ni trop sucrées.
L’Asperge Verte d’Altedo – reconnue en Indication Géographique Protégée (IGP) – est au cœur d’une campagne de communication lancée grâce au soutien de la Région Émilie-Romagne.
L’Asperge Verte d’Altedo incarne l’excellence culinaire, alliant tradition et qualité.
Collaborations avec chefs et restaurateurs
Les terres fertiles et le climat favorable du territoire défini par le cahier des charges de l’IGP – qui s’étend des plaines de Bologne, dans la zone d’Altedo, jusqu’à la côte dans le district de Mesola, couvrant 52 communes (30 dans la province de Bologne et 22 dans celle de Ferrare) – contribuent à la culture de cette asperge au goût unique, appréciée des gourmets du monde entier.
En parallèle de la récolte, le consortium chargé de la protection de l’asperge verte IGP d’Altedo a lancé une série d’actions de communication pour valoriser ce trésor culinaire.
À travers des dégustations, des actions sur les réseaux sociaux, des collaborations avec des chefs et restaurateurs ainsi que d’autres événements, le consortium souhaite faire connaître et apprécier l’Asperge Verte d’Altedo, tant au niveau national qu’international.
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