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Fraise Label Rouge : une campagne réussie grâce à la mobilisation de toute la filière par Sylvie Delaurier-Zanuttigh, Association des Fruits et Légumes du Lot-et-Garonne et FreshPlaza

Sylvie Delaurier-Zanuttigh, Association des Fruits et Légumes du Lot-et-Garonne

Fraise Label Rouge : une campagne réussie grâce à la mobilisation de toute la filière

Avec 465 tonnes commercialisées contre 360 tonnes en 2025, la campagne 2026 de la Fraise Label Rouge s’achève sur une progression significative. Une dynamique portée par une demande toujours soutenue des consommateurs, un engagement croissant des producteurs et une mobilisation de l’ensemble de la filière. Si ce bilan confirme l’attractivité du Label Rouge, Sylvie Delaurier-Zanuttigh, présidente de l’Association des Fruits et Légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG) et productrice de fraises, framboises et kiwis, appelle néanmoins à rester vigilant et à anticiper face aux défis climatiques qui pourraient rebattre les cartes dans les prochaines années.

Une filière qui attire toujours plus de producteurs
Au-delà de la hausse des volumes commercialisés, la campagne 2026 confirme l’intérêt grandissant des producteurs pour la démarche Label Rouge. « Il y a aujourd’hui une véritable volonté de la grande distribution de mettre en avant un produit de qualité, et cela nous aide énormément. Les producteurs voient l’intérêt de cette démarche pour accéder à cette plus-value qu’apporte le Label Rouge », explique Sylvie Delaurier-Zanuttigh.

Cette dynamique se traduit par une augmentation régulière du nombre de producteurs engagés. « Nous sommes aujourd’hui 117 producteurs dans la démarche. C’est un chiffre qui a fortement progressé ces dernières années et qui témoigne de cette volonté de créer davantage de valeur autour de nos fraises. » La Gariguette, qui représente 94 % des volumes Label Rouge, demeure la variété emblématique de cette offre qualitative, complétée par la Mariguette et la Charlotte au printemps.

Une réussite collective malgré une année hors norme
Si les résultats sont au rendez-vous, la campagne n’a pourtant pas été de tout repos. « Cette année a été celle de tous les records », résume la présidente de l’AIFLG. Tempêtes, deux épisodes d’inondations successifs, fortes chaleurs précoces et volumes de production particulièrement élevés auraient pu déséquilibrer le marché.

Pourtant, la consommation a suivi. « Nous avons finalement trouvé un équilibre entre une très forte production et une demande qui est restée dynamique. Les commerciaux et les metteurs en marché ont énormément travaillé pour maintenir les prix, tandis que les producteurs ont tout fait pour produire des fraises de qualité. La grande distribution a également répondu présente. Cette belle campagne Label Rouge est le fruit d’un véritable travail d’équipe qui témoigne d’une filière en harmonie ».

Grâce à cette mobilisation collective, les prix se sont maintenus tout au long de la saison, confirmant la capacité de la filière à valoriser une production exigeante malgré un contexte particulièrement mouvementé.

Anticiper les effets du changement climatique
Si le bilan est positif, Sylvie Delaurier-Zanuttigh choisi la prudence et refuse de considérer cet équilibre comme acquis. « Les épisodes de chaleur de plus en plus précoces et prolongés fragilisent les cultures, notamment en seconde partie de campagne. Aujourd’hui, beaucoup de producteurs choisissent d’arrêter plus tôt parce que les plantes sont trop fatiguées. La vraie question est de savoir combien de temps cet équilibre pourra durer. Si les coups de chaud arrivent de plus en plus tôt, est-ce que tout le monde ne va pas vouloir produire uniquement sur le créneau précoce ? Dans ce cas, nous risquerions une surproduction qui ferait chuter les prix, ce qui serait catastrophique pour la filière ».

Pour la présidente de l’AIFLG, la filière devra réfléchir dès maintenant à l’évolution de ses calendriers de production et à la diversification de certaines cultures afin de préserver cet équilibre économique.

La qualité gustative, principal atout de la fraise française
Face à la concurrence étrangère, Sylvie Delaurier-Zanuttigh reste néanmoins confiante dans les atouts de la production française. « Nous ne produisons pas du tout les mêmes fraises que nos voisins. Nous offrons une vraie plus-value, grâce à des variétés gustatives aux textures et aux arômes différents. Des variétés sensibles qui ne pourraient être produites dans des pays plus chauds, et qui ne résisteraient pas au transport. Ce sont ces deux variables aujourd’hui qui protègent notre production ».

Pour autant, préserver cette qualité nécessitera de continuer à accompagner les producteurs. « Il faudra nous donner les moyens de protéger correctement nos cultures face aux ravageurs, alléger certaines charges et répondre aux enjeux de main-d’œuvre. L’avenir de la filière dépendra aussi des décisions politiques. »

Malgré ces défis, la présidente de l’AIFLG conserve sa confiance. « La filière fraise est très bien organisée. Les producteurs, les metteurs en marché et les distributeurs savent travailler ensemble. La campagne 2026 l’a encore démontré. Je reste optimiste, mais rien n’est définitivement acquis. Nous devons continuer à anticiper et à nous adapter pour préserver cette qualité qui fait aujourd’hui la force du Label Rouge et de la filière française de la fraise. »

Pour plus d’informations :
Elodie Larrouquette

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