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Le marché mondial de l’asperge par FreshPlaza

befve asperges

Marché mondial : l’asperge

Les marchés de l’asperge entrent dans une phase de transition, marquée par une évolution des dynamiques d’offre dans les principales régions productrices. En Europe, la hausse des volumes exerce une pression baissière sur les prix, tandis qu’en Amérique du Nord, le resserrement de l’offre soutient les prix au comptant. Dans l’hémisphère sud et sur les marchés tournés vers l’export, les contraintes structurelles — coûts, main-d’œuvre et concurrence — continuent d’influencer la production et les flux commerciaux.

D’une région à l’autre, les conditions météorologiques, les calendriers saisonniers et le coût des intrants restent déterminants pour les performances du marché. Avec l’arrivée de nouvelles récoltes et la fin d’autres campagnes, l’équilibre entre l’offre et la demande devrait continuer à s’ajuster dans les semaines à venir, influençant les tendances de prix et l’activité commerciale.

Belgique : les prix baissent après la demande des fêtes
La campagne belge de l’asperge a débuté cette année sur des niveaux de prix élevés, en partie en raison de la précocité de Pâques. Les volumes restaient limités, tandis que la restauration, traditionnellement très demandeuse sur cette période, soutenait le marché. Des conditions météorologiques favorables autour des fêtes ont également dynamisé les ventes. Associées aux promotions en grande distribution, elles ont contribué à maintenir des prix élevés. À l’issue de cette période, la fin des opérations promotionnelles a entraîné un net repli des cours, quasiment divisés par deux.

Actuellement, les ventes restent dynamiques et les marges ne sont pas sous pression. Les asperges blanches affichent des niveaux relativement bas, parfois inférieurs à 5 €/kg, tandis que les asperges vertes se situent autour de 7 €/kg. Ces dernières n’ont toutefois pas encore atteint leur pic de production, en raison de nuits froides et d’un vent persistant de nord-est ralentissant la croissance.

Le marché présente encore un potentiel de progression. La saison monte en puissance, avec davantage d’opérateurs actifs et une restauration pleinement opérationnelle. La demande devrait bénéficier d’un nouvel élan avec les vacances de mai, période clé pour les asperges locales.

Pays-Bas : le marché ralentit alors que la mécanisation gagne du terrain
« Jusqu’à la semaine dernière, les prix étaient très bons, mais ces derniers jours, le marché a ralenti. Aujourd’hui, les prix à l’enchère pour la catégorie double A tournent autour de 5,50 €/kg, ce qui reste assez banal. On observe une légère surabondance d’asperges de classe I, tandis que celles de classe II se maintiennent à des niveaux comparables aux années précédentes », explique un producteur néerlandais.

Malgré ce ralentissement, le producteur se montre confiant : « J’ai le sentiment que le marché évolue à nouveau dans la bonne direction et je m’attends à un rebond significatif dès la semaine prochaine. Les prévisions météo sont défavorables, et j’entends déjà que certaines récoltes sur jeunes parcelles ont été interrompues en raison des prix. Les producteurs utilisant des mini-tunnels ont également cessé leurs activités. Je m’attends donc à un redressement du marché dans les prochaines semaines. »

Selon lui, la mécanisation constitue une évolution majeure du secteur : « Je m’y intéresse depuis longtemps, mais aucune percée concrète n’avait réellement eu lieu. Ces deux dernières années, j’avais même cessé de suivre le sujet. Aujourd’hui, il semble que les machines de récolte soient enfin sur le point de s’imposer. »

La saison gagne progressivement en intensité, avec un retour des opérateurs et une restauration pleinement active. La demande devrait être soutenue jusqu’à la semaine 22. Par la suite, fin mai-début juin, la consommation se tourne progressivement vers d’autres produits, tandis que l’offre commence également à reculer. Bien que la Saint-Jean marque officiellement la fin de la campagne, un ralentissement du marché est généralement perceptible en amont.

France : La vague de récolte due à la chaleur pèse sur le marché
La saison française a démarré de manière dynamique, malgré un début retardé par des conditions climatiques défavorables. La situation s’est rapidement normalisée, permettant une montée en puissance rapide des volumes. Les producteurs se sont déclarés satisfaits des rendements et de la qualité lors des premières semaines.

La donne a changé avec l’arrivée d’un épisode de chaleur généralisé, qui a accéléré la production dans l’ensemble des bassins. Cette simultanéité a provoqué un afflux massif de volumes sur le marché, créant un pic d’offre que la consommation n’a pas absorbé.

Résultat : les prix ont reculé au cours des dix derniers jours, sous l’effet combiné de volumes élevés et d’une concurrence étrangère accrue. Certains opérateurs allemands auraient commercialisé leurs produits en dessous de leur seuil de rentabilité, accentuant la pression sur les marchés européens.

Le marché français se situe actuellement à un niveau bas, une tendance qui devrait se poursuivre cette semaine, avant une possible amélioration dès la semaine prochaine. Malgré cette baisse des prix, les volumes continuent de progresser.

Des disparités régionales persistent. En Alsace, où la production est majoritairement consommée localement et moins dépendante des marchés de gros, les prix ont mieux résisté. Les producteurs en circuits courts ont également été moins impactés, contrairement à ceux fortement exposés aux marchés de gros.

À court terme, la baisse progressive des volumes pourrait contribuer à rééquilibrer le marché. Une amélioration des conditions est attendue dans les prochains jours.

Italie : l’augmentation des volumes entraîne une baisse des prix d’une semaine à l’autre
Lors de la semaine 17 de 2026, les prix des asperges ont reculé de 17,2 % par rapport à la semaine précédente, sous l’effet d’une offre abondante dans un marché peu dynamique. Le prix de gros des asperges vertes s’établissait entre 4,00 et 4,50 €/kg, avec des écarts allant de 3,50 à 4,00 € pour les petits calibres et de 4,00 à 4,50 € pour les plus gros.

L’asperge blanche, emblématique de la région de Vénétie, se situait entre 6,00 et 7,00 €/kg, des niveaux inférieurs à ceux de la campagne précédente.

Le président d’un consortium de producteurs de Vénétie précise : « Les prix de nos asperges blanches ont très bien démarré cette année, atteignant 17 à 18 €/kg pendant la période de Pâques. Aujourd’hui, le marché s’est légèrement ralenti et les détaillants vendent autour de 12 €/kg. Les rendements restent globalement bons, même si les températures élevées récentes compliquent la production. La récolte en plein champ a débuté fin mars, mais les producteurs équipés de serres chauffées à eau chaude ont commencé dès le 20 février et ont bénéficié de prix très élevés. Les membres du consortium vendent localement ainsi qu’auprès des enseignes de distribution en Vénétie, avec même quelques exportations vers le Japon. »

Espagne : Le changement de saison en Europe réduit les niveaux de prix
La campagne d’asperges vertes se situe à mi-parcours, avec une production principalement concentrée dans la province de Grenade. Début février, de fortes pluies et des inondations ont entraîné des pertes estimées entre 10 et 15 % de la récolte totale.

Par la suite, des conditions plus froides et humides ont retardé la récolte avant le pic de consommation de Pâques, soutenant ainsi les prix. Depuis fin mars, un temps plus chaud et ensoleillé a favorisé la croissance des cultures et permis une reprise des volumes.

À partir de cette période, l’Espagne s’est imposée comme un fournisseur majeur en Europe, avec des volumes importants à des prix élevés. Toutefois, depuis le 25 avril, les prix ont été divisés par deux environ, sous l’effet de l’arrivée des productions d’autres pays européens, notamment l’Italie, la France et l’Allemagne.

Les conditions météorologiques devraient rester favorables pour la suite de la saison.

Allemagne : L’offre nationale domine alors que les prix diminuent
Les asperges blanches et violettes allemandes ont largement dominé le marché. Les importations sont restées marginales, à l’exception notable de Berlin, où des volumes en provenance de Grèce ont permis de gagner des parts de marché.

Sur le segment des asperges vertes, les productions espagnoles et italiennes sont venues compléter l’offre nationale.

Face à l’augmentation des disponibilités, les opérateurs ont été contraints de revoir leurs prix à la baisse. Malgré ces ajustements, l’écoulement n’a pas toujours permis d’éviter la formation de stocks. À l’exception des asperges vertes allemandes, les prix restent globalement inférieurs à ceux de l’an dernier.

Suisse : La production nationale augmente, les importations restent élevées
La production d’asperges a fortement progressé ces dernières années en Suisse. Les surfaces consacrées à l’asperge blanche sont passées de 29 hectares en 2004 à 169 hectares en 2024, tandis que celles dédiées à l’asperge verte ont augmenté de 76 à 278 hectares.

En 2025, la production a atteint 530 tonnes d’asperges blanches et 346 tonnes d’asperges vertes. Cette année, les premières asperges blanches issues de cultures chauffées ont été commercialisées fin mars.

Malgré cette progression, les importations restent significatives : environ 3 600 tonnes d’asperges blanches et 5 700 tonnes d’asperges vertes ont été importées en 2024.

Autriche : L’augmentation de l’offre maintient les prix stables
La campagne se poursuit avec une offre locale en hausse progressive. Parallèlement, les asperges hongroises affluent sur le marché. Dans ce contexte, les prix se maintiennent à des niveaux stables, voire en légère baisse.

Amérique du Nord : La baisse de la production mexicaine maintient les prix au comptant à un niveau élevé
Les volumes en provenance du Mexique sont nettement inférieurs à ceux de l’an dernier à la même période. L’absence de températures hivernales suffisamment fraîches dans les principales zones de production a ralenti le développement des cultures et affecté la répartition des calibres.

Les campagnes de Caborca et de San Luis Río Colorado se terminent plus tôt que d’habitude en raison des températures élevées, tandis que la transition vers Ciudad Constitución, en Basse-Californie, est en cours. Le Pérou demeure ainsi la principale source d’approvisionnement stable, avec des volumes comparables à ceux de l’an dernier.

Les asperges californiennes continueront d’être expédiées du 15 au 31 mai, tandis que les productions du Michigan et du Canada devraient débuter dans les deux prochaines semaines.

La demande reste soutenue et, dans un contexte d’offre réduite, les prix au comptant se maintiennent à des niveaux élevés. Une augmentation des volumes est attendue à court terme.

Pérou : Les contraintes climatiques continuent de limiter la production
Le Pérou fait face à une offre structurellement limitée, avec des volumes toujours inférieurs à ceux de 2021 et sans véritable signe de reprise en 2026. Les conditions climatiques restent le principal facteur limitant, tout comme la faible expansion des surfaces.

Cette baisse de l’offre, combinée à une demande soutenue en Europe et aux États-Unis, a entraîné une hausse des prix au-delà des niveaux de 2025. Toutefois, la rentabilité reste sous pression, en raison notamment des coûts logistiques élevés — en particulier le fret aérien — ainsi que de l’augmentation des coûts de main-d’œuvre.

Mexique : L’évolution variétale favorise le rendement et la rentabilité
Le secteur mexicain connaît une transformation progressive, sous l’effet de la hausse des coûts et de la raréfaction de l’eau. L’adoption de variétés hybrides, notamment des plants 100 % mâles, se développe afin d’améliorer les rendements et de réduire les coûts de production.

Le Mexique reste fortement dépendant du marché américain, où il bénéficie d’avantages logistiques importants. Les conditions climatiques, la disponibilité de l’eau et la concentration géographique de la production continuent de structurer le développement du secteur.

Chili : Une superficie réduite réduit le rôle du pays à des segments de niche
Le Chili conserve une position plus marginale sur le marché mondial de l’asperge, en se concentrant sur des segments de niche et des fenêtres commerciales spécifiques. La superficie cultivée a progressivement diminué ces dernières années, au profit de cultures jugées plus rentables.

La disponibilité de la main-d’œuvre et la hausse des coûts logistiques ont également affaibli la compétitivité du pays face à des concurrents comme le Pérou ou le Mexique. Le Chili privilégie désormais des marchés de proximité et des segments à forte valeur ajoutée, avec des volumes limités et une exigence accrue en matière de qualité.

Australie : La hausse des coûts continue de limiter les marges des producteurs
La dernière campagne a marqué une amélioration, sans pour autant résoudre les problématiques de rentabilité. « C’est la première saison depuis 2021 où les producteurs n’ont pas perdu d’argent, mais elle reste peu rentable », explique un exportateur.

Et ce malgré de bonnes performances agronomiques : « Nous avons enregistré les rendements moyens les plus élevés depuis 2018 sur l’ensemble de la saison d’exportation. »

Cependant, la hausse continue des coûts a absorbé ces gains, maintenant les producteurs sous pression, même dans une année relativement favorable.

La concurrence sur les marchés export constitue un défi majeur : « Au cours des cinq dernières années, nous avons probablement perdu entre 60 et 70 % de notre part de marché au Japon au profit du Mexique », indique l’exportateur. « Notre produit est globalement de meilleure qualité, mais le coût de la main-d’œuvre en Australie rend très difficile toute compétitivité. »

Les possibilités de différenciation par la qualité restent limitées, ce qui complique la réduction de l’écart de prix : « Nos produits en vrac sont plus chers que leurs petites bottes », conclut-il, malgré une main-d’œuvre plus importante nécessaire pour ces dernières.


Prochain marché mondial : la mangue
Date de publication: lun. 4 mai 2026

© FreshPlaza.fr / Stefan Jansen van Nieuwenhuizen

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