Marché mondial : la framboise
Le marché mondial de la framboise reste marqué par une forte volatilité, sous l’effet des évolutions des schémas d’approvisionnement, des aléas climatiques, des pénuries de main-d’œuvre et des décalages de calendrier de récolte, qui influencent directement la disponibilité des volumes et les niveaux de prix dans les principaux pays producteurs. En Europe, la contraction de l’offre ibérique ainsi que les difficultés de recrutement en Italie soutiennent les cours, tandis que les variations des expéditions marocaines et espagnoles continuent de peser sur le marché. Les producteurs doivent également composer avec des contraintes logistiques et un manque persistant de main-d’œuvre, notamment pour les opérations de récolte, particulièrement gourmandes en personnel.
En Amérique du Nord, des températures plus élevées ont accéléré les récoltes et favorisé des volumes plus importants en début de campagne. En Afrique du Sud, les précipitations observées au Maroc et dans le Southern Cape ont perturbé la production ainsi que les flux d’exportation. La demande de framboises reste globalement stable sur plusieurs marchés, soutenue par les promotions mises en place en grande distribution et par l’intérêt constant des consommateurs pour les fruits rouges frais. Toutefois, les variations de qualité et les pics d’approvisionnement continuent d’exercer une pression sur les prix et l’équilibre du marché.

En Amérique du Nord, des températures plus élevées ont accéléré les récoltes et entraîné des volumes plus importants en début de campagne, tandis qu’en Afrique du Sud, des épisodes pluvieux au Maroc et dans le Southern Cape ont perturbé la production et les dynamiques d’exportation. La demande de framboises reste stable sur plusieurs marchés, soutenue par des opérations promotionnelles en grande distribution et par l’intérêt constant des consommateurs pour les fruits rouges frais, même si la variabilité qualitative et les pics d’offre continuent d’exercer une pression sur les prix et l’équilibre du marché.
Pays-Bas : volatilité de l’offre et des prix
« Le marché de la framboise a été une véritable montagne russe cette année », explique un négociant néerlandais spécialisé dans les petits fruits. « En mars, nous faisions encore face à d’importantes pénuries en provenance du Maroc, tandis que les disponibilités espagnoles étaient également très limitées. Les prix au Maroc ont fortement augmenté, atteignant jusqu’à 17 à 18 €/kg départ station. La situation s’est nettement améliorée vers la fin du mois de mars. Début avril, les volumes marocains ont fortement progressé et les prix ont rapidement chuté. Dans le même temps, l’Espagne a commencé à proposer des volumes corrects en début de campagne, accentuant encore la baisse des prix. Des promotions ont alors été mises en place afin de fluidifier les volumes sur le marché. »
« Tout au long du mois d’avril, l’offre en provenance du nord et du sud du Maroc est restée suffisante, tandis que les volumes espagnols ont légèrement reculé. Le Maroc a néanmoins rencontré certains problèmes de qualité, principalement liés aux retards observés au poste frontière d’Algésiras, en Espagne. C’est une sorte de loterie annuelle, qui dépend du moment où les camions sont autorisés à poursuivre leur trajet vers l’Europe. Actuellement, le sud du Maroc arrive quasiment en fin de campagne, tandis que le nord connaît un dernier petit pic de production. L’Espagne dispose également de davantage de volumes en ce moment et les prix repartent à la baisse. Il devient désormais indispensable d’intensifier les promotions afin d’absorber les volumes entrants en grande distribution. »
Italie : la pénurie de main-d’œuvre réduit les surfaces en framboise
La disponibilité en framboises reste limitée et les prix demeurent élevés. Selon le directeur commercial d’une importante coopérative italienne, la production dans le sud de l’Italie, notamment en Sicile, a enregistré de bonnes performances ces dernières semaines, aussi bien en termes de qualité que de rendement à l’hectare. La campagne sicilienne est toutefois désormais terminée.
Le principal problème réside dans le fait que de moins en moins de producteurs choisissent de cultiver des framboises. Selon la coopérative, la pénurie de main-d’œuvre en est la principale cause. La récolte des framboises nécessite des passages quotidiens, parfois deux fois par jour, et même de petites surfaces demandent un nombre important de travailleurs. Il devient de plus en plus difficile de trouver du personnel disponible. Les prix producteurs sont restés supérieurs à 15 €/kg durant toute la campagne de commercialisation.
Allemagne : le recul de l’offre ibérique soutient les cours
La diminution des approvisionnements en framboises ibériques lors de la semaine 18, combinée à une hausse de la demande, a de nouveau entraîné un raffermissement des prix. Dans la grande distribution autrichienne, les framboises marocaines et espagnoles se négocient actuellement autour de 15,92 à 15,96 €/kg.
Le début de la récolte allemande approche également. Dans le district d’Ortenau notamment, les premières framboises de la saison produites sous tunnel sont attendues dans les prochains jours.
France : des volumes en diminution
Le démarrage de la saison française de la framboise bénéficie cette année d’un contexte relativement favorable sur le marché des importations. Les problèmes rencontrés par les framboises marocaines ont freiné l’intérêt des acheteurs et réduit les achats en provenance de cette origine. Le marché espagnol affiche également un dynamisme moindre, tandis que les framboises portugaises se négocient actuellement à des prix élevés. Conjugués, ces facteurs créent des conditions favorables au lancement de la campagne française.
Malgré ce démarrage positif, le secteur français de la framboise reste fortement dépendant des importations. Environ 85 % des framboises consommées en France sont importées. La situation est encore compliquée par le fait que le pic de consommation française se situe en mai, précisément au moment où les volumes importés sont les plus élevés, et non pendant le pic de la production nationale. Ce déséquilibre structurel réduit la visibilité des framboises cultivées en France et accroît la pression concurrentielle sur les producteurs locaux.
Les volumes de framboises en France devraient également diminuer en 2026 par rapport à la saison dernière, principalement parce qu’un acteur majeur n’a pas procédé à de nouvelles plantations cette année, ce qui a entraîné une baisse de la production nationale. Bien que plusieurs distributeurs encouragent les producteurs à se diversifier dans la culture de la framboise, l’expansion reste lente. La production de framboises est très exigeante en main-d’œuvre et nécessite beaucoup de temps et d’attention, ce qui fait des décisions de plantation des engagements à long terme plutôt que des investissements rapides. En conséquence, la croissance de la superficie consacrée à la culture de la framboise en France reste limitée.
Espagne : les conditions météorologiques affectent la régularité de l’approvisionnement
La saison 2025/2026 de la framboise a été marquée par des volumes de production irréguliers en raison de conditions météorologiques défavorables, tandis que les prix à la production sont restés fermes à des niveaux élevés. Malgré un ralentissement des ventes en mars et avril, la période de production printanière de pointe en mai a jusqu’à présent permis d’obtenir de bons rendements et des prix stables, qui se maintiennent au-dessus des niveaux moyens des saisons précédentes.
Maroc : les dégâts causés par les tempêtes et la pénurie de main-d’œuvre pèsent sur la deuxième récolte
Le secteur de la framboise au Maroc est confronté à des défis majeurs pour la seconde moitié de la saison. Entre janvier et mars, les régions du nord ont subi de lourdes pertes dues aux tempêtes et aux inondations, et la production devrait désormais baisser de 30 à 40 % par rapport à la saison dernière.
La deuxième phase de récolte, qui vient de débuter, coïncide également avec les vacances de l’Aïd al-Adha, ce qui complique encore davantage la mobilisation des travailleurs saisonniers. En revanche, la première phase de la saison, qui s’est achevée le 31 mars, s’est relativement bien déroulée. Les exportations de framboises fraîches ont atteint 44 319 tonnes, contre 45 321 tonnes au cours de la même période la saison dernière, soit une baisse de 2 %. Les exportations de framboises surgelées, quant à elles, ont augmenté de 27 %, passant de 7 952 tonnes à 10 084 tonnes.
Un représentant des producteurs a également souligné les goulets d’étranglement logistiques au port d’Algésiras, où la lenteur des opérations entraînerait des retards de livraison et une détérioration de la qualité des produits. Il a ajouté que la situation était devenue si problématique que les exportateurs hésitaient à expédier des produits frais, ce qui incitait les producteurs à réorienter leurs framboises vers la surgélation.
Amérique du Nord : une récolte précoce stimule l’offre
Watsonville reste le principal bassin en termes de volumes, avec un pic d’approvisionnement attendu dans les prochaines semaines. La récolte devrait se poursuivre jusqu’en octobre, avec des variations saisonnières de volumes.
La campagne de framboises en Basse-Californie touche actuellement à sa fin. Des variétés comme Majestic ont débuté au début du mois de mars, tandis que la variété Adelita a démarré durant la deuxième semaine de février. En raison de températures plus élevées, la campagne se termine plus tôt que d’habitude. Dans le centre du Mexique, la récolte devrait se poursuivre jusqu’à la mi-juin.
Dans l’ensemble, l’offre reste stable. La principale différence cette saison concerne le calendrier : les températures plus élevées dans les zones de production ont accéléré le rythme des récoltes. Les cultures ont produit plus tôt que d’ordinaire, amenant les volumes sur le marché avant les périodes habituelles. Les volumes de framboises ont ainsi été à la fois plus importants et plus précoces cette année par rapport aux campagnes précédentes.
Par ailleurs, la demande devrait continuer à progresser, les consommateurs accordant une place croissante aux produits frais et à forte valeur nutritionnelle dans leur alimentation. À l’approche de l’été, la forte disponibilité en framboises devrait permettre de répondre à la demande liée aux festivités estivales.
Afrique du Sud : les pluies perturbent les perspectives de production
De fortes précipitations dans le Southern Cape pourraient perturber les exploitations de framboises de la région. Le pic des exportations, observé entre les semaines 46 et 5, n’a toutefois pas été affecté par le conflit au Moyen-Orient. La demande pour les framboises sud-africaines a bénéficié des perturbations pluviométriques ayant affecté la récolte marocaine. Le Maroc reste en effet un concurrent majeur de l’Afrique du Sud sur ce segment.
« Les framboises sud-africaines ont bénéficié d’une belle opportunité sur le marché export cette année », souligne un exportateur. Les exportations ont légèrement progressé au cours des trois dernières années, avec 1 181 tonnes exportées durant la campagne 2025/2026. Lors de la campagne 2019/2020, l’Afrique du Sud avait exporté plus de 2 000 tonnes de framboises.
Au cours de la campagne 2024/2025, 75 % des framboises sud-africaines ont été expédiées vers le Moyen-Orient, tandis que le Royaume-Uni représentait les 25 % restants. De plus petits volumes ont également été envoyés vers l’Europe et l’Afrique. Sur le marché local, le prix des framboises sur le marché municipal de Johannesburg avoisine actuellement les 5 €/kg.
Semaine prochaine : la banane Date de publication: ven. 15 mai 2026