
La superficie mondiale consacrée aux asperges est passée sous la barre des 200 000 hectares après avoir atteint un pic de 280 000 hectares


Euro Green Tech : Récolteuse électrique EGT-ASPARAGO SE

Euro Green Tech a présenté sa dernière création : la récolteuse électrique EGT-ASPARAGO SE. Elle offre une autonomie de 16 heures de travail, réduisant considérablement l’impact environnemental par rapport aux moteurs thermiques traditionnels. Son design ergonomique et efficace permet à l’opérateur de travailler confortablement assis, en ajustant la hauteur du siège et la distance aux pédales de commande. La machine garantit une récolte précise et efficace, limitant les pertes et maximisant le rendement. La traction avant et la direction électrique améliorent l’adhérence au sol et la maniabilité. Euro Green Tech présente également la EGT-ASPARAGO SM, une version polyvalente de la SE. Ces deux modèles apportent des solutions avancées aux agriculteurs modernes, en promouvant une agriculture plus durable et responsable.

Hermeler : Butteuse spéciale pour la France
Hermeler, fabricant spécialisé en asperge, a conçu une butteuse spécialement pensée pour le SIVAL, adaptée aux cultures d’asperges en double rangs implantées par certains producteurs français. Le modèle Leofan 56 ABB, variation du Leofan 56, dispose d’un écartement entre rotors de 1,80 m. Il permet de créer une butte plus haute et surtout plus large.
Hello Nature : Laphrassea, fertilisant organique à base de déjections d’insectes
Hello Nature propose Laphrassea, une source de matière organique issue de la digestion de matières végétales par des larves d’insectes. Ce produit libère progressivement de l’azote (N=3%) pour répondre aux besoins des cultures tout au long du cycle de croissance, et améliore durablement la fertilité du sol grâce à un fort potentiel de création d’humus (75% de matière organique). Laphrassea stimule l’activité microbiologique du sol grâce à la présence de bactéries bénéfiques et de chitine. Le chitosane, substance primaire utilisable en agriculture biologique, agit comme un éliciteur aux effets fongicides et bactéricides en stimulant les défenses naturelles des plantes.

Algas Pacific : La révolution des biostimulants
Algas Pacific, spécialisée dans la science marine et la biostimulation végétale, propose des solutions innovantes à base d’algues pour une agriculture durable. Ses produits ont permis une augmentation de 15 à 32% de la masse racinaire de l’asperge. En 12 ans d’expérimentations, les résultats ont montré : un meilleur enracinement, une hausse de rendement de 10 à 23%, une précocité de récolte, une meilleure résistance au stress et aux maladies, et une augmentation jusqu’à 18% de la taille, du calibre et du poids des turions. Pour Algas Pacific, la clé du succès repose sur la programmation personnalisée et l’accompagnement technique.

Innovak : L’importance de l’évaluation racinaire
Innovak Global, déjà active depuis des années sur d’autres cultures (fruits rouges, raisin, avocat), introduit en Europe une méthode d’évaluation de la qualité racinaire grâce à la caméra minirhizotron. Un essai va débuter sur de l’asperge chez les pépinières Darbonne à Le Barp, en utilisant la technologie Pfenery à base de polyphénols d’origine végétale et un nouveau système d’observation racinaire appelé « Rhizobox ».

Centro Sur : La gamme asperge
Avec sa marque LOS MONTEROS, Centro Sur ne commercialise que des asperges labellisées IGP Asperges de Huétor Tájar. En 2024, elle propose des asperges en conserve plus grosses, au goût plus doux et fruité, ainsi que des asperges vertes surgelées selon un procédé durable à base d’énergie renouvelable.

Agrivaloire : Distributeur spécialiste de l’asperge
Agrivaloire élargit sa gamme avec la nouvelle butteuse Engels Machines, les éplucheuses Tenrit Foodtec, ainsi que des couteaux et gouges. L’EcoSpader 2030, distributeur officiel en France, est une butteuse innovante qui réduit la pénibilité et respecte mieux les sols, tout en améliorant la productivité des cueilleurs. Elle réduit aussi les troubles musculo-squelettiques.

Europlastic : Ça chauffe sous les plastiques…
Europlastic innove avec un nouveau film thermique hautement transparent. Grâce à un tensioactif optimisant la lumière, il permet un réchauffement plus rapide et plus intense des buttes. La condensation est limitée dans le tunnel, ce qui favorise la transmission des infrarouges et accélère le démarrage de la production. Des résultats très prometteurs ont été observés en ce début de saison.

Medinbio : GAIA SOL en fin de récolte
En cas de lésions fongiques observées lors de la récolte, GAIA SOL permet de reprendre le contrôle. Il contient un mélange synergique de micro-organismes bénéfiques : Bacillus amyloliquefaciens & Trichoderma harzianum. Medinbio recommande une application en fin de récolte avec une irrigation abondante pour une imprégnation optimale du sol et la production de métabolites favorables à la reconstitution du sol.
Asparagus World : Quels sont les avantages et les inconvénients du goutte-à-goutte ?
Jean-Michel Bourrousse : Le goutte-à-goutte est avant tout un moyen d’économie d’eau. Le volume apporté peut être jusqu’à 50 % inférieur à celui d’une irrigation par aspersion, qui souffre de pertes par évaporation. Le système de goutte-à-goutte permet aussi de maîtriser et de localiser la fertilisation. En revanche, le goutte-à-goutte demande davantage de technicité et une surveillance des apports. Le réseau peut être enterré, posé en surface ou positionné dans le feuillage. Le tuyau enterré, placé sous la couronne, n’est utilisé que dans les sols lourds (argileux, limoneux), où l’eau peut remonter par capillarité jusqu’aux racines. En sols sableux ou bien drainés, les goutteurs doivent être posés au sol ou légèrement enterrés (5 cm). L’objectif est de mouiller une tranche de sol de 0 à 70 cm de profondeur.
AW : Quelles sont les contraintes d’usage ?
J-M. B. : Le goutte-à-goutte nécessite un bon niveau de technicité et, surtout, de l’observation. Il faut aller voir dans le sol, sous les racines, pour vérifier l’humidité et les gradients. Les sondes tensiométriques sont utiles pour cela. Le réseau de tuyauterie doit être contrôlé car il peut être endommagé par les larves d’insectes (vers fil-de-fer, etc.), les oiseaux ou même le petit gibier. La qualité de l’eau est également primordiale. L’eau de surface (rivière, lac, etc.) est généralement chargée en limons, algues et matière organique. L’eau souterraine, quant à elle, peut parfois contenir trop de calcium ou de fer. Le goutte-à-goutte nécessite donc un système de filtration performant en amont de l’installation, ainsi qu’un entretien régulier et une vérification du réseau et des conduites.
AW : Quelles sont les règles d’installation d’un système de goutte-à-goutte ?
J-M. B. : L’alimentation en eau peut se faire avec des tuyaux recyclables (épaisseur 200 microns), renouvelés chaque année, ou des tuyaux récupérables (épaisseur 1 mm) pouvant être utilisés pendant toute la durée de la culture. Le tuyau recyclable permet de disposer d’un matériel neuf chaque année mais il est plus vulnérable aux dommages. Le tuyau récupérable est plus robuste mais demande davantage de maintenance. Le nombre de lignes d’irrigation dépend de la nature du sol et du nombre de rangs de plantation, soit une, soit deux. En sol argilo-limoneux, on installe une seule ligne de goutteurs à côté du rang. En sol sableux, il est indispensable d’en mettre deux, de part et d’autre du rang. Les tuyaux sont posés au sol et légèrement enterrés (5 cm). Pour éviter les dégâts causés par les insectes, larves ou oiseaux, les tuyaux sont parfois placés dans le feuillage, ce qui peut conduire à une distribution moins homogène et nécessiter plus de temps d’installation. Une fois le système en place, il est très important de vérifier la formation du bulbe humide au niveau des racines et de suivre l’humidité du sol par des observations visuelles (à la tarière) et/ou avec des sondes tensiométriques.
Le fer est dissous dans l’eau sous forme d’oxyde ferreux et se transforme en oxyde ferrique lors du pompage. Cet oxyde se retrouve en suspension dans l’eau sous forme de particules de 0,5 micron et plus, dont l’accumulation finit par obstruer les goutteurs.
Les bactéries du fer se développent en milieu anaérobie. Au contact de l’oxygène, l’oxydation du fer et la mort des bactéries provoquent l’apparition d’une masse gélatineuse orangée susceptible de boucher les goutteurs. Cette contamination des eaux souterraines riches en fer est difficile à anticiper avec précision. Toutefois, lorsque la concentration en fer (sous forme d’oxyde ferreux) dépasse 1,5 ppm (1,5 g/l), il devient nécessaire d’installer une station de déferrisation.
Différentes méthodes de filtration sur sable peuvent être mises en œuvre. La plus efficace consiste à injecter de l’air dans une tour d’oxydation, puis à filtrer les particules d’oxyde ferrique à l’aide d’un tamis, de filtres à disques ou, de préférence, de filtres à sable avec contre-lavage automatique. Ces derniers sont recommandés pour les installations de goutte-à-goutte pérennes. Il faut toutefois noter que leur utilisation entraîne une élévation notable du pH de l’eau, un paramètre à prendre en compte dans les pratiques de ferti-irrigation. Le recours à des cascades successives et à une décantation dans un bassin avant pompage et filtration peut également être envisagé. L’injection de soude caustique (solution aqueuse d’hydroxyde de sodium) est une autre possibilité. En résumé, en présence de fer, le fonctionnement du goutte-à-goutte exige une vigilance accrue et des équipements performants afin d’assurer l’efficacité et la durabilité de l’installation.
Comme toutes les plantes, l’asperge est composée en grande partie d’eau. Pour s’en convaincre, il suffit de couper un turion pour voir apparaître une goutte en moins d’une minute. Pourtant, « lorsqu’il s’agit de lui fournir cet élément vital, il n’est pas nécessaire de lui donner un bain, car elle déteste avoir les pieds dans l’eau. Elle préfère une douche », explique le consultant international Christian Befve. En effet, la plante semble redouter la stagnation d’eau au niveau des racines. C’est pourquoi l’asperge apprécie les sols bien drainés. Et même si l’ampleur de son système racinaire pourrait laisser penser que cette plante est adaptée, voire résistante à la sécheresse, ses besoins en eau sont en réalité importants. Ils sont proches de l’ETP (évapotranspiration potentielle). Sous climats tempérés de l’hémisphère nord (Europe, Amérique du Nord), cela représente entre 400 et 500 mm d’avril à mi-septembre. L’asperge craint la stagnation d’eau au niveau des racines, d’où sa préférence pour les sols bien drainés. Cependant, ses besoins en eau sont importants, même si son système racinaire donne l’illusion d’une adaptation à la sécheresse. Ces besoins restent proches de l’ETP.

Partout dans le monde, selon les zones de production et la technique utilisée, l’eau nécessaire au développement de la plante est apportée par trois méthodes : l’irrigation gravitaire par submersion, l’aspersion et le goutte-à-goutte. On estime que seulement 5 % des surfaces mondiales d’asperges sont conduites exclusivement en pluvial, ce qui montre bien l’importance de l’irrigation pour cette culture. Le goutte-à-goutte est le système d’irrigation le plus utilisé, représentant 70 % des surfaces, contre 15 % pour la submersion et 15 % pour l’aspersion (source : C. Befve). L’aspersion peut également être utilisée dans certaines conditions pour protéger la culture contre le gel (voir encadré). Pour être efficace, l’eau doit être apportée au niveau des racines. Or, 80 % du volume racinaire se trouve sous le feuillage. Dans le cas de la gravitaire (inondation entre les rangs) ou de l’aspersion (soumise à l’effet parapluie, l’eau ne pénètre pas sous le feuillage), l’eau n’atteint pas les racines, contrairement au goutte-à-goutte. À noter que la technique du goutte-à-goutte enterré, utilisée aux débuts de cette méthode dans les années 1980-1990, a été abandonnée partout au profit d’un goutte-à-goutte de surface. Placée au-dessus des racines, la ligne de goutte-à-goutte crée l’effet « douche » recommandé. L’aspersion localisée est une variante possible du goutte-à-goutte localisé. Dans ce cas, l’eau est distribuée par des asperseurs placés sous le feuillage. L’eau est également apportée directement sur la butte. « Cette technique est particulièrement intéressante lorsqu’on utilise de l’eau de surface ou une eau chargée en minéraux (calcium, fer), souvent source de colmatage des goutteurs », précise Christian Befve.

L’apport d’eau doit garantir le confort hydrique de la plante afin de permettre le développement des turions — qui seront ensuite récoltés en première phase du cycle — puis celui des tiges feuillées et du feuillage. Cette seconde phase végétative permet à la plante de stocker des réserves pour l’année suivante. L’irrigation gravitaire apporte des volumes d’eau importants de façon ponctuelle, avec une saturation du sol toutes les trois à quatre semaines. La plante puise alors dans la réserve facilement utilisable du sol, principalement constituée par le complexe argilo-humique. Cette méthode n’est efficace que dans des sols à forte capacité de rétention et elle est très limitée dans les sols sableux. L’aspersion permet d’apporter de l’eau chaque semaine selon la disponibilité et les moyens techniques (rampes, asperseurs). Cette régularité assure des apports plus homogènes et adaptés aux besoins. Le goutte-à-goutte permet d’irriguer plusieurs fois par semaine, selon les besoins de la plante et l’état des réserves du sol, mesuré par des sondes tensiométriques. La division des apports permet de maintenir un bon ratio entre le volume d’air et le volume d’eau dans le sol, ce qui favorise l’oxygénation des racines. « Ce n’est qu’avec le goutte-à-goutte qu’on peut vraiment parler de gestion de l’irrigation », affirme Christian Befve.
« Ce confort se lit directement sur la plante. Lorsqu’elle est bien hydratée, ses cladodes sont nombreux, longs et ouverts, donnant au feuillage un grand volume », indique le spécialiste. À l’inverse, une situation de stress hydrique génère des cladodes courts, resserrés, en forme de queue de renard. Par ailleurs, l’apport d’eau sur la ligne de plantation favorise le développement racinaire sous le feuillage et en profondeur, contrairement à l’aspersion et la gravitaire qui humidifient uniformément la surface du sol. Les racines ont alors tendance à se développer en surface et dans l’inter-rang, ce qui les expose aux dommages causés par les outils de buttage. « Cet impact sur le système racinaire doit être considéré comme une source de baisse du potentiel de production et de la longévité de la culture », précise Befve. La gestion de l’eau et des fertilisants avec le goutte-à-goutte se fait selon les stades physiologiques de la plante (voir aussi Quand fertiliser et comment ?).
Après la récolte, lors du redémarrage de la végétation, l’irrigation et la fertilisation doivent couvrir 110 % de l’ETP durant les deux premières semaines et représenter 40 % des besoins totaux en azote (voir aussi Efficience de l’eau et effets des méthodes d’irrigation). L’eau doit être apportée à fréquence rapprochée pour favoriser la production d’un grand nombre de turions. Durant les trois semaines suivantes, les apports peuvent être plus espacés, couvrant 90 % de l’ETP, avec une alimentation minérale équivalente à 10 % de l’azote total et 20 % des besoins en potasse, magnésie, phosphore, bore et calcium. Après cinq semaines, la plante entre dans une seconde poussée végétative pour produire de nouveaux turions. Les besoins en eau sont alors très élevés — 120 % de l’ETP — car le feuillage est déjà bien développé. À ce stade, les besoins en azote atteignent 20 %. Les trois semaines suivantes nécessitent des apports moins fréquents couvrant 80 % de l’ETP, avec 10 % de l’azote et 30 % des besoins restants en potasse, magnésie, phosphore et bore.
Une troisième poussée peut survenir cinq semaines plus tard. Les besoins en eau, à 130 % de l’ETP, sont importants car la plante atteint son développement foliaire maximal. La consommation d’azote représente alors 20 % du total. Ces apports doivent être maintenus pendant trois semaines. Ensuite, l’irrigation est réduite à 70 % de l’ETP, avec des arrosages plus espacés. Les apports d’azote cessent. Durant cette phase, les apports en potasse, magnésie, phosphore et bore représentent la moitié du total, afin de permettre à la plante de constituer des réserves suffisantes.

Un tableau comparatif permet d’évaluer les différentes méthodes d’irrigation d’une parcelle d’asperges, ainsi que d’une culture sans irrigation, selon plusieurs critères : efficience de l’eau, effets des pratiques culturales, contraintes techniques et coûts. Le goutte-à-goutte est le système le plus économe en eau. Par rapport à l’ETP, il permet de couvrir les besoins de la plante avec seulement 80 % de ce volume. L’aspersion, avec ses pertes par évaporation, nécessite 120 % de l’ETP. L’irrigation gravitaire, avec ses pertes par ruissellement, consomme jusqu’à 150 % de l’ETP. La consommation d’engrais est aussi liée à celle d’eau. L’application par fertigation permet de coller précisément aux besoins de la plante (base 100 %). Pour répondre aux mêmes besoins, il faut apporter 120 % d’engrais avec l’aspersion et 150 % avec la gravitaire. Notons que les parcelles non irriguées demandent elles aussi 120 % des besoins en engrais pour compenser la faible disponibilité des éléments. Les effets sur la culture sont également directs. En prenant 100 comme base pour la couverture foliaire avec aspersion, elle est de 60 avec goutte-à-goutte, et de 150 avec gravitaire.
L’irrigation est un facteur déterminant du rendement et de la longévité d’une plantation d’asperges. D’après les données recueillies par Christian Befve, en prenant 100 comme base pour un rendement à l’hectare sans irrigation, l’irrigation gravitaire permet d’atteindre une efficacité de 130, l’aspersion 140 et le goutte-à-goutte 160. « C’est la qualité de l’apport et non sa quantité qui permet cette amélioration », indique le spécialiste (voir encadré 1). Il estime également que la durée de vie d’une plantation dépend du type d’irrigation : 6 ans sans irrigation, 8 ans en gravitaire, 10 ans en aspersion et 12 ans en goutte-à-goutte.

L’irrigation d’une parcelle d’asperges représente un coût. Celui-ci est nul en cas de culture en pluvial, mais atteint 100 €/ha en gravitaire (inondation), 800 €/ha en aspersion et 1 500 €/ha en goutte-à-goutte. Cette hausse s’explique essentiellement par les investissements nécessaires dans les équipements (hors forage et canalisations). Le temps de travail est aussi à prendre en compte : on l’estime à 90 heures/hectare pour la gravitaire (préparation des parcelles, canaux), 25 heures pour l’aspersion (déplacement du matériel) et 11 heures pour le goutte-à-goutte (dont 6 heures d’installation, le reste en suivi du réseau).
Le Michigan est le plus grand producteur d’asperges aux États-Unis, fournissant des turions destinés à la transformation et au marché du frais. Au printemps, les asperges sont semées directement en pépinière et cultivées pendant un an. Les couronnes ainsi obtenues sont ensuite transplantées dans les champs de production, où seules quelques récoltes ont lieu jusqu’à la troisième année de croissance. Au Michigan, la récolte d’asperges s’étend de mai à juin, après quoi la fougère se développe. La pourriture du collet et des racines causée par le Fusarium (Fusarium crown and root rot, FCRR) provoque flétrissement, chlorose de la fougère, décoloration vasculaire, pourriture des racines et mort de la couronne, réduisant considérablement les rendements. Malheureusement, le Fusarium est un pathogène du sol persistant et répandu dans les zones de production d’asperges du Michigan, ce qui rend sa gestion difficile. Les options de lutte culturales et chimiques sont limitées.

Le Fusarium spp. préfère les sols mal drainés et les climats humides. Le pathogène peut être disséminé par le vent, les éclaboussures de pluie et le déplacement du sol. Il est résistant à des conditions extrêmes et peut survivre sur les résidus végétaux et dans le sol pendant plus de vingt ans. Pour limiter la maladie causée par le Fusarium spp., il est recommandé de retirer les résidus de culture des champs, de nettoyer les machines entre les parcelles, de gérer les mauvaises herbes hôtes, de réduire le stress des plantes et de pratiquer la rotation des cultures. Le traitement des couronnes avec des fongicides avant la plantation et la fumigation des pépinières et des champs de production sont des méthodes utilisées par les producteurs du Michigan ces dernières années.
La tache pourpre sur les turions et les fougères représente également un problème important pour les producteurs d’asperges du Michigan. Les lésions violacées peuvent affecter 60 à 90 % des turions, les rendant non commercialisables. L’émergence de cette maladie est liée à l’adoption d’un système cultural sans labour. En raison de son apparition sporadique, du coût des fongicides et de l’inefficacité de certains programmes de pulvérisation, l’utilisation d’un outil de prévision des maladies est apparue souhaitable. TOMCAST, un système de prévision des maladies dérivé de FAST (Forecast System for Alternaria solani sur la tomate), s’est révélé prometteur dans la gestion de la tache pourpre sur asperges. Les fongicides chlorothalonil et mancozèbe sont couramment utilisés pour protéger la fougère, mais de nouveaux produits avec de nouvelles substances actives sont nécessaires pour améliorer le contrôle.
Une évaluation en serre de produits biorationnels et d’un fongicide, ainsi qu’un essai au champ de fongicides pour lutter contre la pourriture du collet et des racines sur semis ont été menés par B.R. Harlan et M.K. Hausbeck du Département des sciences des plantes, des sols et des microbes de l’université d’État du Michigan. Une évaluation des fongicides contre la tache pourpre sur fougère a également été réalisée. Pour l’évaluation en serre, le développement de la maladie était modéré chez les plants inoculés non traités. Le fludioxonil (Cannonball WP), standard industriel, a été le seul traitement à produire des couronnes statistiquement plus saines que le témoin inoculé non traité. L’évaluation de terrain du fongicide contre la pourriture des racines sur semis est présentée dans le tableau 2, et celle contre la tache pourpre sur fougère dans le tableau 3. Ces résultats montrent que les fongicides peuvent limiter les maladies causées par des pathogènes telluriques ou foliaires. Les fongicides d’intérêt principal incluent le fludioxonil (Cannonball WP), appliqué en trempage sur les semis pour lutter contre la FCRR, ou le mélange pydiflumétophène + fludioxonil (Miravis Prime SC) pour les maladies foliaires comme la tache pourpre. Actuellement, ces fongicides ne sont pas homologués pour une utilisation sur semis ou fougère d’asperge aux États-Unis, mais pourraient combler un vide important en matière de gestion des maladies. Les fongicides à base de chlorothalonil (Bravo WeatherStik SC) ou de mancozèbe (Roper) seraient de bons candidats dans un programme global intégrant le pydiflumétophène + fludioxonil (Miravis Prime SC), ont déclaré les chercheurs, ajoutant qu’ils peuvent être utilisés en conjonction avec le système de prévision TOMCAST pour assurer une protection prolongée. Ils ont également souligné que la pépinière de couronnes représente une opportunité unique de protéger la couronne en développement pour garantir des plants sains destinés aux champs de production.
Des travaux antérieurs avec des sels de chlorure ont montré que la fertilisation est très importante pour retarder les effets du dépérissement lié au FCRR. Une forte corrélation positive a été observée entre les apports de chlorure, l’absorption de micronutriments (Cu et Mn) et la suppression de la maladie. Au Québec, des chercheurs ont conclu que l’abondance du Fusarium était négativement associée au cuivre, et que les champs en déclin présentaient des niveaux réduits de manganèse. Plus récemment, des carences en bore et en manganèse ont été associées au dépérissement de l’asperge. L’application de micronutriments à l’échelle nanométrique pourrait représenter une nouvelle approche pour acheminer ces éléments vers les racines. Les formes oxydées sont relativement non toxiques par rapport aux sels ioniques. Leur grande surface spécifique favorise leur dissolution et, grâce à leur taille minuscule, ces particules peuvent pénétrer et circuler dans les tissus végétaux. Des essais en pot à racines divisées ont été réalisés en serre pour tester l’efficacité de micronutriments sous forme nano tels que le B (500 nm), CuO (40 nm), MnO (30 nm), MoO (100 nm) et ZnO (10–30 nm). Des essais au champ ont également été réalisés sur des sites anciennement cultivés en asperge.
La première étude préliminaire en serre menée par W.H. Elmer, N. Zuverza-Mena et J.C. White du Connecticut Agricultural Experiment Station a évalué le B, CuO, MnO, MoO et ZnO dans des pots à racines divisées, en mesurant la sévérité de la maladie sur les côtés exposés et non exposés. L’inoculation avec F. oxysporum f. sp. asparagi a entraîné des lésions sur plus de 58 à 60 % du système racinaire, mais les plants traités avec CuO et MnO ont montré une réduction significative sur les deux côtés. Le nano Cu a réduit la sévérité de la maladie de 59 % à 23 % sur les racines exposées et à 30 % sur les racines non exposées, démontrant une réponse systémique. De même, le nano MnO a réduit la sévérité de 59 % à 16 % sur les racines exposées et à 28 % sur les non exposées. L’oxyde de molybdène a réduit la maladie uniquement sur les racines exposées, tandis que le nano Zn a été inefficace localement, mais a réduit la maladie de manière systémique. Le bore n’a eu aucun effet significatif. Ces résultats concordent avec ceux de la littérature associant Cu et Mn à la bonne santé des plantes.
Bien que la plupart des micronutriments nanométriques aient amélioré la croissance et réduit la maladie, le CuO et le MnO nano se sont révélés supérieurs dans les essais en racines divisées. Ces deux éléments n’ont pas circulé dans toute la plante mais ont été retenus dans les racines traitées uniquement. Pourtant, ils ont déclenché une défense systémique contre l’infection et la colonisation par F. oxysporum dans les racines non traitées. Des essais de terrain ont été réalisés à Hamden et Griswold. Les rendements de 2020 et 2021 ont été regroupés. Toutes les variables ont suivi la même tendance, seul le rendement des turions commercialisables est présenté. Les rendements dans les parcelles non traitées à Hamden étaient les plus faibles. Tremper les couronnes avec B, CuO, MnO, MoO ou ZnO en 2018 a permis d’obtenir respectivement une augmentation de 1,5, 1,8, 1,9, 2,0 ou 1,3 fois du rendement. À Griswold, bien que les réponses aient été moins spectaculaires, on a observé des hausses de 35 %, 32 %, 23 % et 30 % du poids des turions taillés pour le B, CuO, MnO et ZnO respectivement. Le fait qu’un simple trempage des couronnes à la plantation puisse entraîner une augmentation du rendement trois ans plus tard est remarquable, ont commenté les chercheurs. Tandis que les fumigations et trempages fongicides apportent une amélioration la première année, leur effet ne dure pas ou est trop coûteux. À l’inverse, les formes nano de micronutriments se sont révélées efficaces pour limiter la maladie et augmenter le rendement après trois ans.
L’asperge a été promue au Japon comme culture de reconversion des rizières. Or, ces sols reconvertis conservent l’humidité en raison de leur faible perméabilité. Des recherches antérieures ont rapporté que l’asperge cultivée dans ces conditions souffrait de pourritures racinaires, réduisant les rendements. En outre, les pluies torrentielles de ces dernières années ont provoqué des inondations dans les champs d’asperges, affectant leur croissance. Cependant, les mesures de mitigation ne sont pas encore bien établies. Un mauvais drainage favorise le développement de maladies du sol telles que la fusariose. Bien que F. oxysporum ait un impact majeur, peu d’études ont porté sur sa relation avec les inondations. Une étude a donc été menée par T. Sonoda (Rakuno Gakuen University) pour analyser les effets de différentes durées d’inondation et de l’infection par F. oxysporum sur la croissance de l’asperge.
La première expérience a étudié l’effet de la durée d’inondation sur la croissance des cultivars ‘UC157’ et ‘Gijnlim’. Un mois après le semis, les graines ont été repiquées dans des tubes en PVC remplis de substrat horticole, puis cultivées sous serre. Dix jours après repiquage, les racines ayant atteint 20 cm, les plants ont été inondés à ras du sol pendant 0, 1, 5 ou 10 jours. Après ce délai, les tubes ont été vidés et arrosés normalement. Les plants ont ensuite été retirés pour mesurer la hauteur maximale, le nombre de tiges, la longueur maximale des racines, les dommages racinaires, le poids sec aérien et souterrain. La longueur des racines tendait à diminuer avec la durée d’inondation, sans différence entre cultivars. Les dégâts racinaires augmentaient avec l’inondation. Des différences de biomasse ont été observées entre cultivars, mais pas selon les durées d’inondation. Aucune différence significative de nombre de tiges ou de racines selon le traitement. Il n’y a eu aucune interaction entre durée d’inondation et type de cultivar.

L’inondation prolongée semble inhiber la croissance racinaire. Mais même en cas d’inondation, l’impact sur l’asperge reste limité si un drainage rapide peut être mis en place. Ces résultats suggèrent que, lorsqu’on cultive l’asperge sur des sols issus de rizières, il est essentiel d’installer des drains ou rigoles afin d’évacuer rapidement l’eau en excès et d’éviter une stagnation prolongée au niveau des racines. Si ces mesures sont insuffisantes, il est alors nécessaire de cultiver sur des buttes et d’utiliser des variétés tolérantes à l’humidité.

La deuxième expérience a étudié l’effet de l’infection par F. oxysporum f. sp. asparagi et de la durée d’inondation sur la croissance de l’asperge. Les conditions de culture étaient identiques à celles de la première expérience. F. oxysporum f. sp. asparagi, isolé de champs de production japonais, a été utilisé pour l’inoculation. Les plantes inoculées puis inondées pendant 5 ou 10 jours ont présenté des dégâts racinaires plus importants que les plantes inoculées non inondées. Les résultats statistiques indiquent une interaction entre la présence du champignon et la durée d’inondation. En présence du champignon, la longueur racinaire était significativement plus élevée en l’absence d’inondation, et les dégâts augmentaient avec la durée de l’inondation. En l’absence de champignon, aucune différence selon la durée. Ces résultats suggèrent que le développement de la maladie due au F. oxysporum est accéléré par une inondation prolongée. Ajouter des mesures de drainage aux cultivars résistants permettrait de réduire l’impact des inondations et du F. oxysporum sur la croissance de l’asperge.
La couverture végétale entre les rangs dans les plantations d’asperges est une pratique récente, initiée sur les cultures d’asperges vertes pour faciliter le passage des machines de récolte et limiter la compaction des sols. Cette technique a révélé d’autres avantages, notamment une protection contre le vent, qui permet d’obtenir des turions de meilleure qualité et plus droits.
Aujourd’hui, les bénéfices agronomiques, thermiques, écologiques et environnementaux de la couverture végétale ont conduit à son adoption également dans les cultures d’asperges blanches, dans plusieurs régions de production européennes.

D’un point de vue agronomique, la couverture végétale améliore la structure du sol grâce au développement des racines à différents niveaux du sol, ce qui augmente sa capacité de rétention d’eau. Elle protège également contre l’érosion.
Les espèces à racines pivotantes capturent les éléments minéraux en profondeur (notamment les nitrates) et limitent leur lessivage, tandis que les légumineuses enrichissent le sol en azote. Le broyage des feuilles et racines augmente la teneur en humus. L’ajout de matière organique stimule l’activité microbienne du sol, améliorant la disponibilité des éléments nutritifs.
Lorsque la couverture est maintenue pendant toute la durée de vie de la plantation, le taux de matière organique est plus élevé dans les inter-rangs, ce qui rend la parcelle plus favorable à la replantation, notamment dans les plantations à grand écartement (> 3,50 m).
Il peut être judicieux d’opter pour une couverture végétale permanente afin de profiter de ses effets thermiques tout au long du cycle. Au printemps, lorsque la couverture pousse au-dessus des buttes avant la récolte, elle crée un effet coupe-vent qui :
Un degré supplémentaire au-dessus de 12 °C à la couronne peut générer 30 kg/ha supplémentaires récoltés par jour au début de la saison.
Une fois broyée, la couverture végétale augmente la portance du sol, facilitant le passage des engins de récolte, même par temps pluvieux.

À la fin de la récolte, de nouvelles plantes se développent, créant un habitat favorable à la faune auxiliaire (syrphes, carabes, chrysopes, coccinelles, etc.) et limitant la croissance des adventices dans les inter-rangs — un atout en agriculture biologique ou en réduction des herbicides.
Une fois broyée, la végétation peut être étalée sur les lignes de plantation, agissant comme paillis naturel, limitant la repousse d’herbes sur le rang. En automne et hiver, la couverture végétale atténue l’effet des fortes pluies.
Cependant, certains inconvénients peuvent apparaître :
La couverture végétale doit donc être semée, contrôlée et entretenue. Elle peut être implantée à la fin de la récolte et profiter des pluies. Sinon, l’irrigation par aspersion facilite son installation.
Il est recommandé de mélanger plusieurs familles de plantes :
La durée souhaitée de la couverture (permanente ou temporaire) influence le choix des espèces, notamment leur résistance au gel :
Quantité recommandée : 12 à 15 kg/ha, selon l’écartement des rangs et la largeur de l’inter-rang.
Maintenir une couverture végétale permanente nécessite quelques adaptations, voire des investissements matériels. Les longs espacements entre les rangs permettent de maintenir l’herbe toute l’année, tout en laissant suffisamment de terre pour former les buttes.
Certains fabricants de matériel (comme Engels) ont adapté leurs butteuses pour préserver la couverture herbacée (voir section Équipements).
Même si cela demande des passages réguliers avec tracteur et broyeur pour contrôler la végétation (tous les 8 à 10 jours avec irrigation par aspersion, ou toutes les 3 semaines avec goutte-à-goutte), la consommation de carburant est bien inférieure à celle des outils de travail du sol.
Enfin, cette « végétalisation » des rangs améliore l’intégration paysagère des parcelles d’asperges et réduit la pollution visuelle souvent critiquée par les riverains.
La mise en place initiale d’une plantation d’asperges mérite une attention particulière, car le succès technique et économique futur en dépend. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on replante des asperges sur une parcelle déjà cultivée auparavant. Le développement de machines à fraises rotatives (comme les modèles Farmax ou Imants) a permis de faciliter cette étape d’implantation. Un travail du sol en profondeur (jusqu’à 1,1 m) permet de créer une zone homogène favorable au bon développement des plantes.
L’ajout d’amendements et d’engrais rend possible une approche dite de « culture hors-sol dans le sol », développée par Christian Befve & Co. Celle-ci comprend les étapes suivantes avant la plantation.

1. Étude du sol
Elle commence par une analyse physique et chimique de la structure du sol à deux niveaux :
Une observation visuelle du sol via la méthode du profil cultural est nécessaire. Ce profil permet d’évaluer la vie du sol à partir de la profondeur des racines des cultures précédentes, ce qui renseigne sur :
La profondeur des racines les plus profondes observées déterminera la profondeur du futur travail du sol.

2. Apport de matière organique
L’ajout important de matière organique – entre 80 et 150 tonnes/hectare selon le type d’amendement – améliore la structure et la fertilité du sol. Il est conseillé d’utiliser de la matière organique locale. Selon les ressources disponibles, on peut utiliser :
L’application doit être concentrée sur la ligne de plantation et effectuée au passage de la fraise rotative pour offrir les meilleures conditions de développement à la plante.
(voir images 3 et 4)
L’ajout de micro-organismes (ex. : Bacillus, Trichoderma) améliore la santé du sol et limite les champignons pathogènes (comme Fusarium sp. ou Rhizoctonia).

3. Travail du sol
Le travail du sol crée un volume de sol favorable au développement racinaire bien plus important que celui disponible naturellement. Cela peut se faire :
Dans les deux cas, les racines peuvent s’étendre abondamment dans la zone travaillée.

4. Observation des systèmes racinaires
L’observation des racines dans le sol travaillé et non travaillé montre clairement les avantages du travail profond (fraise rotative) :
Sol non travaillé : racines brunes, présence de champignons, peu de radicelles (à droite).
Sol travaillé : racines nombreuses, blanches, riches en radicelles (à gauche),
5. Bénéfices à long terme du travail du sol
Un tableau comparatif basé sur les rendements moyens de 14 plantations dans 5 pays montre que le sol préparé avec une fraise rotative offre :
À l’inverse, sans travail profond, le rendement est plus faible et plafonne dès la 5e année. Sur toute la durée de vie de la culture, cette technique de préparation permet un gain global de 50 % de rendement.
6. Origine du gain de rendement : un sol ameubli et fertile
L’augmentation du volume de sol meuble, sain et fertile est la clé. Quatre mois après plantation, on constate que :
Ce type d’implantation ralentit la montée naturelle du système racinaire à 0,5 cm/an (contre 3 cm normalement), ce qui le maintient à 5 cm au bout de 10 ans au lieu de 30 cm. Résultat : une productivité plus durable dans le temps.
L’asperge connaît actuellement un regain de popularité mondiale, grâce à ses bienfaits nutritionnels, son statut de légume gourmet et sa polyvalence. En Argentine, où elle est cultivée dans huit provinces, comme ailleurs en Amérique latine, les enquêtes révèlent une préférence marquée des consommateurs pour cette culture dite non traditionnelle. Cherchant à diversifier ses cultures pérennes, encore largement dominées par les cultures extensives, l’Argentine s’interroge donc sur la pertinence de l’asperge comme culture alternative.
Une étude est en cours dans la province de Buenos Aires – où l’asperge est cultivée depuis 1912 – pour identifier les cultivars les plus prometteurs en matière de productivité commerciale. Cette étude s’inscrit dans le cadre du IVe essai international de cultivars d’asperge, organisé par le groupe de travail « asperges » de la Société internationale des sciences horticoles (ISHS).

Comme le rappellent A.M. Castagnino et al. dans l’article intitulé « Productivité d’un essai de treize génotypes d’asperge à leur huitième année », le choix du bon génotype est crucial pour garantir une productivité optimale. L’asperge présente une forte interaction génotype-environnement, ce qui exige une évaluation de plusieurs années sur le terrain pour déterminer les hybrides les mieux adaptés aux conditions climatiques et agricoles locales, en particulier en cultures pluviales. L’objectif de cet essai était donc d’évaluer la performance des 13 génotypes sélectionnés à leur stade de production stable — soit leur 8e année de récolte.
Les treize hybrides mâles testés provenaient d’Italie, de Chine et des États-Unis. Les six génotypes verts italiens, fournis par le CRA de Lodi, étaient : ‘Italo’, ‘Vittorio’, ‘Eros’, ‘Ercole’, ‘Giove’ et ‘Franco’. De Chine venait ‘Chino’, et des États-Unis : ‘Early-California’, ‘UC 157’, ‘Patron’, ‘NJ-1189’, ‘NJ-1123’ (vert) et ‘NJ-1192’ (tétraploïde violet).
L’essai a débuté le 16 novembre 2011 près de la ville d’Azul, dans la province de Buenos Aires, sur le champ expérimental de la Faculté d’agronomie de l’Université nationale du centre de la province. Les plants (120 cm³) ont été disposés en blocs aléatoires complets à quatre répétitions, avec une densité de 23 810 plants/ha (1,4 m entre les rangs, 0,3 m entre les plants). Avant la plantation, la préparation du sol a impliqué plusieurs passages de déchaumeuse et de chisel croisé, suivis d’un travail avec fraise rotative.
Le contrôle des mauvaises herbes a été assuré par une combinaison de motoculteur, désherbage manuel et traitements chimiques. Avant la plantation, le Trifluraline a été appliqué (2 L/ha). Ensuite, chaque année, une pré-émergence combinait Metribuzine (0,5 kg/ha, 35 %) et Pendiméthaline (2,5 L/ha, 31,7 %). En post-émergence : glyphosate et bentazone ont été utilisés, notamment contre le souchet.
Pendant les premières années, un goutte-à-goutte hebdomadaire était utilisé. Une fois la production stabilisée, seule l’eau de pluie était nécessaire. Le sol recevait un engrais de fond à base de phosphate diammonique (250 kg/ha) et une application annuelle d’urée en phase végétative. Le 28 novembre 2018, l’engrais biologique Arco-Plus (1 L/ha), riche en macronutriments (4,6 % N, 1,2 % P, 7 % K), 14 oligoéléments et hormones végétales, a été appliqué.

Du 18 septembre au 12 novembre 2019, les turions ont été récoltés tous les deux jours (27 jours de récolte au total), coupés à ras du sol avec des couteaux, dès qu’ils atteignaient 23 cm et avaient une tête compacte — critère de maturité commerciale selon le protocole qualité argentin. Tous les turions ont été récoltés, même les non-commerciaux, afin de ne pas entraver le développement des suivants. Ils ont ensuite été transportés rapidement au laboratoire de traitement post-récolte de l’université pour lavage, tri et classement.
À la 8e année de récolte, cinq génotypes verts italiens (‘Franco’, ‘Giove’, ‘Italo’, ‘Eros’ et ‘Vittorio’) et deux génotypes nord-américains (‘NJ-1123’ et ‘NJ-1192’) ont montré une supériorité en rendement commercial (t/ha). Le génotype ‘NJ-1123’ a fourni le plus grand nombre de turions commercialisables, malgré un taux élevé de rejets ou de turions de 2e qualité. Il a conservé les meilleures performances dès le début de la phase productive.
Après ‘NJ-1123’, les génotypes les plus productifs en nombre total de turions ont été ‘Giove’, ‘Ercole’, ‘Eros’ et ‘Early California’. Pour les plus gros diamètres, ‘Eros’ et ‘Giove’ dominaient ; pour les plus fins : ‘Early-California’ et ‘UC-157’.
Comme attendu, la plantation a produit beaucoup plus de turions à la 8e année qu’au début. Le taux élevé de rejets est probablement lié à la fréquence de récolte (un jour sur deux au lieu de tous les jours), suggérant qu’un meilleur pilotage de la récolte améliorerait la productivité commerciale. Les chercheurs ont noté des écarts importants dans les classements de performance selon les années, concluant que certains génotypes mettent plusieurs années à montrer leur pleine adaptation.
Variables évaluées pour la productivité commerciale :
Les données ont été analysées par ANOVA et test LSD au seuil de signification P ≥ 0,05.
Les récolteuses non sélectives coupent tous les turions, sans distinction de qualité, de longueur ou d’autres critères, tandis que les machines sélectives récoltent les turions selon des caractéristiques spécifiques.
Pour l’asperge verte, les récolteuses non sélectives coupent tous les turions, quelle que soit leur longueur, au niveau ou juste au-dessus du sol, puis les déposent dans des dispositifs de collecte.
Pour l’asperge blanche, elles coupent tous les turions, également sans distinction de longueur, juste au-dessus de la couronne dans la butte, puis transportent turions et terre sur un convoyeur, où la séparation se fait par vibration. La terre est ensuite rebuttée sur le rang de plantation, explique Drost.
Les récolteuses sélectives pour l’asperge verte nécessitent des systèmes de traitement de données avancés, capables d’identifier en temps réel les turions atteignant la longueur optimale, au milieu d’un champ où les longueurs varient fortement.
L’identification des turions est complexe dans des conditions réelles, où la vitesse et la précision sont cruciales.
Pour être intégrées dans les systèmes de production existants, ces machines doivent :
Ainsi, ces récolteuses doivent disposer :
Avec une puissance de calcul suffisante et des données GPS précises, il serait même possible de cartographier les turions non récoltés, ce qui accélérerait la récolte ultérieure.
Mais cela implique de pouvoir prédire quand un turion atteindra la bonne longueur, ce qui nécessite des données sur la vitesse de croissance et la position du turion.
L’automatisation de la récolte de l’asperge blanche est plus complexe, car il faut :
Selon Drost, la partie guidage est relativement facile à concevoir, mais les mécanismes de coupe et d’extraction nécessitent beaucoup plus d’ingénierie pour être efficaces.
Une piste technologique explorée : l’utilisation de radars à pénétration de sol (ground-penetrating radar) pour estimer la profondeur de la couronne, et ainsi déterminer la hauteur de coupe optimale pour les machines non sélectives.
Cela permettrait de récolter des turions longs tout en minimisant les dommages à la plante.
* Source: “Asparagus breeding: Future research needs for sustainable production” by Prof. Daniel Drost (Front. Plant Sci., 27 March 2023)