ssKwekerij Demedts -De Mey (Belgique)
« Nous avons réussi à échelonner la première récolte, mais pour la deuxième, toutes les fraises étaient mûres en même temps »
L’été a été chaud et intense pour la pépinière Demedts-De Mey, mais d’un point de vue commercial, la saison est satisfaisante. « Ce fut un été chaud et difficile, mais les ventes ont bien marché. C’est déjà un avantage. Côté culture, il a parfois fallu lutter contre les caprices de la nature, mais nous n’avons pas à nous plaindre », explique Benoit Demedts.
Les températures élevées ont toutefois posé quelques défis en matière de culture, surtout pour les fraises où la chaleur a pesé sur la production à certains moments. « Nous continuons à éclaircir ici et là alors que cela aurait dû être fait plus tôt. À cause de la chaleur, nous avons un peu plus de petits fruits que d’habitude. Et la pollinisation ne s’est pas toujours déroulée de manière optimale, car les bourdons volaient moins bien à ces températures. »

Pourtant, selon Demedts, la qualité est restée globalement bonne. Cela s’explique notamment par le choix de la variété Karima. « Avec Karima, les premières fraises de la nouvelle branche sont parfois un peu moins bien formées, ce qui peut donner un fruit tordu. Mais dans l’ensemble, la qualité est restée et reste bonne. Si je compare cela à une variété qui ramollit plus vite par temps chaud, je suis content d’avoir principalement planté Karima. »
Importantes vagues de production
La chaleur a eu des répercussions non seulement sur la culture, mais aussi sur l’organisation du travail. Lorsque plusieurs sections entrent en production en même temps, la pression peut rapidement monter. « Ça a été un été difficile. Nous avons un personnel formidable et nous essayons d’en prendre bien soin, car ces personnes font vraiment beaucoup pour nous. Mais quand on doit maintenir un tel rythme de travail en permanence, cela devrait bien sûr être récompensé à sa juste valeur. »
C’est pourquoi, au sein de l’exploitation, l’étalement de la production est crucial. Cela a bien fonctionné lors de la première vague, mais par la suite, plusieurs sections sont entrées en production simultanément. « Nous avons très bien réussi à étaler la première vague. Lors de la deuxième vague, tout a commencé en même temps. On s’est alors retrouvé avec des montagnes de fraises, littéralement. Heureusement, la qualité était au rendez-vous, mais il nous a fallu veiller à tout écouler rapidement. »
Au final, la production a tout de même pu être bien gérée. « En fait, nous avons toujours pu garder le contrôle. À certains moments, nous aurions peut-être préféré écouler un peu plus de produit chez certains négociants, surtout lorsque le prix était favorable. Mais nous n’avons pas à nous plaindre. Nous avons réussi à bien gérer la situation. »
Accords de prix et expansion
Demedts-De Mey fonctionne en partie avec des accords sur les prix. Cela offre une certaine stabilité sur un marché fortement influencé par les conditions météo. En même temps, il faut toujours trouver le juste équilibre. « Tout le monde doit gagner sa vie. Pas seulement nous, mais aussi ceux qui achètent nos fraises. Ils sont tout à fait disposés à payer un peu plus si eux aussi peuvent jouer le jeu et réaliser leur marge. »

L’extension prévue de la superficie consacrée aux fraises suscite une certaine inquiétude, la superficie totale en Belgique et aux Pays-Bas pouvant augmenter considérablement l’année prochaine. « Environ 120 ha viendront s’ajouter entre les Pays-Bas et la Belgique. C’est beaucoup. Surtout si nous avons à nouveau une année avec des productions énormes en juin et juillet. Si tout le monde dispose simultanément d’une grande quantité de produit, cela met la pression sur l’ensemble du marché. »
« Les marchés au cadran ont bien sûr pour objectif de commercialiser le plus grand nombre possible de kilo et dispose pour cela d’une vue d’ensemble de l’offre disponible. Cependant, en cas de surproduction, il n’est pas facile, même pour eux, d’obtenir le meilleur prix possible. C’est précisément dans ces moments-là qu’il devient d’autant plus important, en tant que producteur, de se démarquer. La qualité et le goût jouent un rôle crucial. En proposant un produit solide et de qualité et, dans la mesure du possible, en concluant des accords de prix clairs, nous pouvons nous assurer d’obtenir le meilleur résultat possible et le plus rentable. »
Selon Demedts, le marché des fraises peut en outre basculer très rapidement. « Une culture peut être très mauvaise pendant quatre semaines, puis excellente pendant les quatre ou cinq suiventes. Parfois, on gagne autant avec un petit chargement qu’avec deux camions qui font la navette. C’est la nature, et nous n’avons pas tout sous contrôle. »
Nouvelles cultures
Maintenant que les conditions extrêmes sont derrière nous, le producteur voit les cultures se rétablir. « Il y a moins de poussière. Nous avons eu un peu de pluie et cela fait du bien. Les dernières plantes que nous avons mises en terre ont un aspect très différent de celles plantées en juin et juillet. Elles peuvent s’acclimater et pousser beaucoup plus sereinement. Cela se reflète dans la production, mais surtout dans la qualité. »

Demedts s’attend donc à une situation plus stable pour l’automne. « Les ventes aux particuliers connaissent traditionnellement un léger recul dès le début du mois de septembre, notamment en raison de la rentrée scolaire et des dépenses supplémentaires qui l’accompagnent. Septembre est toujours un mois coûteux. Après les vacances, viennent s’ajouter les manuels scolaires et autres dépenses. S’il fait beau, les ventes marchent bien. En cas de pluie, la demande est plus faible et les consommateurs se tournent plus volontiers vers les légumes. »
En revanche, du côté des professionnels, les affaires reprennent. « Les boulangers se remettent en route. Pour eux, l’automne est une période idéale pour confectionner des gâteaux, pourquoi pas avec des jolies fraises. L’objectif est de mainteniur la continuité jusqu’aux fêtes de fin d’année. Les dernières plantations ont été programmées il y a une semaine dans le but d’assurer la production jusqu’au Nouvel An. Nous ne savons bien sûr pas ce que septembre et octobre nous réservent, mais si le temps est clément et que les plants continuent à bien fleurir, tout devrait bien se passer. »
Framboises populaires à l’automne
Outre les fraises, la culture des framboises reste un pilier important. Les ventes se sont bien déroulées pendant l’été. « La framboise vient toujours après la fraise, donc nous avons là aussi enchaîné les vagues de chaleur. Mais sur le plan commercial, ça a bien fonctionné. Des ventes excellentes et des cultures correctes. »

Actuellement, Demedts – De Mey travaille avec les variétés Kwanza et Tulameen, qui nécessite une attention particulière par temps chaud. « Tulameen est une framboise délicieuse, mais un peu plus fragile. Il faut être très réactif et veiller à ce que tout soit parfait. Nous avons quelques clients français qui en raffolent, donc ça marche très bien, même l’automne venu. Les sonsommateurs viennent souvent pour des fraises, mais repartent aussi avec des mûres et des framboises. En automne, ces dernières se vendent peut-être même plus vite que les fraises. Les enfants les adorent et elles sont faciles à emporter à l’école. »
Pour Tulameen, le producteur entrevoit toutefois un défi pour l’année prochaine car les plants sont difficiles à trouver. « Je n’ai pas pu me procurer de plants de Tulameen pour l’année prochaine. Apparemment, l’offre chez les pépiniéristes néerlandais diminue, donc si quelqu’un en a encore, je suis preneur ! »
Optimisme
Malgré des conditions de travail difficiles, le bilan de l’été est positif. « Ça a été difficile au niveau culture, mais les ventes ont été bonnes. Tant que tout se vend, on n’a pas à se plaindre. Le travail est difficile, mais s’il paie, on voit les choses sous un autre angle. »
Selon lui, le principal enjeu pour les années à venir ne réside donc pas tant dans les techniques de culture que dans l’évolution de la superficie cultivée. « Tout le monde a le droit de s’agrandir et d’aller de l’avant. Mais ce développement massif m’inquiète un peu. Si trop de produits arrivent en même temps sur le marché, ça peut vite mal tourner. »
Pour plus d’informations :
Benoit Demedts
Kwekerij Demedts – De Mey
Tél. : +32 479690867
benoitdemedts@gmail.com
www.demedts-demey.be