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L’art de couvrir les cultures dans les plantations d’asperges

La couverture végétale entre les rangs dans les plantations d’asperges est une pratique récente, initiée sur les cultures d’asperges vertes pour faciliter le passage des machines de récolte et limiter la compaction des sols. Cette technique a révélé d’autres avantages, notamment une protection contre le vent, qui permet d’obtenir des turions de meilleure qualité et plus droits.

Aujourd’hui, les bénéfices agronomiques, thermiques, écologiques et environnementaux de la couverture végétale ont conduit à son adoption également dans les cultures d’asperges blanches, dans plusieurs régions de production européennes.

Un effet coupe-vent bénéfique

C. Befve

D’un point de vue agronomique, la couverture végétale améliore la structure du sol grâce au développement des racines à différents niveaux du sol, ce qui augmente sa capacité de rétention d’eau. Elle protège également contre l’érosion.

Les espèces à racines pivotantes capturent les éléments minéraux en profondeur (notamment les nitrates) et limitent leur lessivage, tandis que les légumineuses enrichissent le sol en azote. Le broyage des feuilles et racines augmente la teneur en humus. L’ajout de matière organique stimule l’activité microbienne du sol, améliorant la disponibilité des éléments nutritifs.

Lorsque la couverture est maintenue pendant toute la durée de vie de la plantation, le taux de matière organique est plus élevé dans les inter-rangs, ce qui rend la parcelle plus favorable à la replantation, notamment dans les plantations à grand écartement (> 3,50 m).

Il peut être judicieux d’opter pour une couverture végétale permanente afin de profiter de ses effets thermiques tout au long du cycle. Au printemps, lorsque la couverture pousse au-dessus des buttes avant la récolte, elle crée un effet coupe-vent qui :

  • évite que les bâches s’envolent ou soient déplacées,
  • accélère le réchauffement des buttes, moins exposées au vent (souvent du nord).

Un degré supplémentaire au-dessus de 12 °C à la couronne peut générer 30 kg/ha supplémentaires récoltés par jour au début de la saison.

Une fois broyée, la couverture végétale augmente la portance du sol, facilitant le passage des engins de récolte, même par temps pluvieux.

Une couverture végétale implantée, maîtrisée et entretenue

C. Befve

À la fin de la récolte, de nouvelles plantes se développent, créant un habitat favorable à la faune auxiliaire (syrphes, carabes, chrysopes, coccinelles, etc.) et limitant la croissance des adventices dans les inter-rangs — un atout en agriculture biologique ou en réduction des herbicides.

Une fois broyée, la végétation peut être étalée sur les lignes de plantation, agissant comme paillis naturel, limitant la repousse d’herbes sur le rang. En automne et hiver, la couverture végétale atténue l’effet des fortes pluies.

Cependant, certains inconvénients peuvent apparaître :

  • Moins d’aération au niveau des rangs,
  • Humidité accrue, propice aux maladies,
  • Développement éventuel de rongeurs dans certaines situations.

La couverture végétale doit donc être semée, contrôlée et entretenue. Elle peut être implantée à la fin de la récolte et profiter des pluies. Sinon, l’irrigation par aspersion facilite son installation.

Il est recommandé de mélanger plusieurs familles de plantes :

  • Graminées : seigle, avoine, ray-grass (racines fasciculées importantes),
  • Crucifères : radis fourrager, radis chinois, moutarde blanche (racine pivotante),
  • Légumineuses : trèfle d’Alexandrie, lentille fourragère (fixation de l’azote).

La durée souhaitée de la couverture (permanente ou temporaire) influence le choix des espèces, notamment leur résistance au gel :

  • Sensibles au gel : avoine, trèfle d’Alexandrie, phacélie,
  • Peu sensibles : ray-grass, seigle, lentille, radis.

Quantité recommandée : 12 à 15 kg/ha, selon l’écartement des rangs et la largeur de l’inter-rang.

Une meilleure intégration paysagère des plastiques

Maintenir une couverture végétale permanente nécessite quelques adaptations, voire des investissements matériels. Les longs espacements entre les rangs permettent de maintenir l’herbe toute l’année, tout en laissant suffisamment de terre pour former les buttes.

Certains fabricants de matériel (comme Engels) ont adapté leurs butteuses pour préserver la couverture herbacée (voir section Équipements).

Même si cela demande des passages réguliers avec tracteur et broyeur pour contrôler la végétation (tous les 8 à 10 jours avec irrigation par aspersion, ou toutes les 3 semaines avec goutte-à-goutte), la consommation de carburant est bien inférieure à celle des outils de travail du sol.

Enfin, cette «végétalisation» des rangs améliore l’intégration paysagère des parcelles d’asperges et réduit la pollution visuelle souvent critiquée par les riverains.

Le travail du sol en profondeur présente de nombreux avantages pour les asperges

La mise en place initiale d’une plantation d’asperges mérite une attention particulière, car le succès technique et économique futur en dépend. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on replante des asperges sur une parcelle déjà cultivée auparavant. Le développement de machines à fraises rotatives (comme les modèles Farmax ou Imants) a permis de faciliter cette étape d’implantation. Un travail du sol en profondeur (jusqu’à 1,1 m) permet de créer une zone homogène favorable au bon développement des plantes.

L’ajout d’amendements et d’engrais rend possible une approche dite de « culture hors-sol dans le sol », développée par Christian Befve & Co. Celle-ci comprend les étapes suivantes avant la plantation.

C. Befve

1. Étude du sol
Elle commence par une analyse physique et chimique de la structure du sol à deux niveaux :

  • couche de surface (jusqu’à 30 cm),
  • sous-sol (à partir de 50 cm).
    (voir image 1)

Une observation visuelle du sol via la méthode du profil cultural est nécessaire. Ce profil permet d’évaluer la vie du sol à partir de la profondeur des racines des cultures précédentes, ce qui renseigne sur :

  • la présence éventuelle de zones de compaction,
  • le niveau de la nappe phréatique,
  • les variations de texture du sol (sable, argile, graviers, etc.).
    (voir photo 2)

La profondeur des racines les plus profondes observées déterminera la profondeur du futur travail du sol.

 

C. Befve

2. Apport de matière organique
L’ajout important de matière organique – entre 80 et 150 tonnes/hectare selon le type d’amendement – améliore la structure et la fertilité du sol. Il est conseillé d’utiliser de la matière organique locale. Selon les ressources disponibles, on peut utiliser :

  • fumier (bovins, chevaux, moutons, volailles),
  • marc de raisin,
  • déchets végétaux (balle de riz, palmes broyées).

L’application doit être concentrée sur la ligne de plantation et effectuée au passage de la fraise rotative pour offrir les meilleures conditions de développement à la plante.
(voir images 3 et 4)

L’ajout de micro-organismes (ex. : Bacillus, Trichoderma) améliore la santé du sol et limite les champignons pathogènes (comme Fusarium sp. ou Rhizoctonia).

 

 

C. Befve

3. Travail du sol
Le travail du sol crée un volume de sol favorable au développement racinaire bien plus important que celui disponible naturellement. Cela peut se faire :

  • manuellement (comme à Madagascar – image 5),
  • ou avec des outils mécaniques (images 6 et 7).

Dans les deux cas, les racines peuvent s’étendre abondamment dans la zone travaillée. 

 

C. Befve

4. Observation des systèmes racinaires
L’observation des racines dans le sol travaillé et non travaillé montre clairement les avantages du travail profond (fraise rotative) :

Sol non travaillé : racines brunes, présence de champignons, peu de radicelles (à droite).

Sol travaillé : racines nombreuses, blanches, riches en radicelles (à gauche),

5. Bénéfices à long terme du travail du sol
Un tableau comparatif basé sur les rendements moyens de 14 plantations dans 5 pays montre que le sol préparé avec une fraise rotative offre :

  • des rendements supérieurs dès la première récolte,
  • un potentiel qui continue d’augmenter pendant 6 ans,
  • une longévité accrue de la plantation (+2 ans).

À l’inverse, sans travail profond, le rendement est plus faible et plafonne dès la 5e année. Sur toute la durée de vie de la culture, cette technique de préparation permet un gain global de 50 % de rendement.

6. Origine du gain de rendement : un sol ameubli et fertile
L’augmentation du volume de sol meuble, sain et fertile est la clé. Quatre mois après plantation, on constate que :

  • le système racinaire est 30 % plus développé par plant,
  • la profondeur d’implantation est deux fois plus importante,
  • les racines sont orientées verticalement.

Ce type d’implantation ralentit la montée naturelle du système racinaire à 0,5 cm/an (contre 3 cm normalement), ce qui le maintient à 5 cm au bout de 10 ans au lieu de 30 cm. Résultat : une productivité plus durable dans le temps.

L’Argentine étudie l’adéquation de 13 cultivars d’asperges entièrement mâles Argentina studies suitability of 13 all-male asparagus cultivars

L’asperge connaît actuellement un regain de popularité mondiale, grâce à ses bienfaits nutritionnels, son statut de légume gourmet et sa polyvalence. En Argentine, où elle est cultivée dans huit provinces, comme ailleurs en Amérique latine, les enquêtes révèlent une préférence marquée des consommateurs pour cette culture dite non traditionnelle. Cherchant à diversifier ses cultures pérennes, encore largement dominées par les cultures extensives, l’Argentine s’interroge donc sur la pertinence de l’asperge comme culture alternative.

Une étude est en cours dans la province de Buenos Aires – où l’asperge est cultivée depuis 1912 – pour identifier les cultivars les plus prometteurs en matière de productivité commerciale. Cette étude s’inscrit dans le cadre du IVe essai international de cultivars d’asperge, organisé par le groupe de travail «asperges» de la Société internationale des sciences horticoles (ISHS).

A. M Castagnino, et al

Comme le rappellent A.M. Castagnino et al. dans l’article intitulé « Productivité d’un essai de treize génotypes d’asperge à leur huitième année », le choix du bon génotype est crucial pour garantir une productivité optimale. L’asperge présente une forte interaction génotype-environnement, ce qui exige une évaluation de plusieurs années sur le terrain pour déterminer les hybrides les mieux adaptés aux conditions climatiques et agricoles locales, en particulier en cultures pluviales. L’objectif de cet essai était donc d’évaluer la performance des 13 génotypes sélectionnés à leur stade de production stable — soit leur 8e année de récolte.

Cultivars testés : origines italienne, chinoise et américaine

Les treize hybrides mâles testés provenaient d’Italie, de Chine et des États-Unis. Les six génotypes verts italiens, fournis par le CRA de Lodi, étaient : ‘Italo’, ‘Vittorio’, ‘Eros’, ‘Ercole’, ‘Giove’ et ‘Franco’. De Chine venait ‘Chino’, et des États-Unis : ‘Early-California’, ‘UC 157’, ‘Patron’, ‘NJ-1189’, ‘NJ-1123’ (vert) et ‘NJ-1192’ (tétraploïde violet).

L’essai a débuté le 16 novembre 2011 près de la ville d’Azul, dans la province de Buenos Aires, sur le champ expérimental de la Faculté d’agronomie de l’Université nationale du centre de la province. Les plants (120 cm³) ont été disposés en blocs aléatoires complets à quatre répétitions, avec une densité de 23 810 plants/ha (1,4 m entre les rangs, 0,3 m entre les plants). Avant la plantation, la préparation du sol a impliqué plusieurs passages de déchaumeuse et de chisel croisé, suivis d’un travail avec fraise rotative.

Système combiné de désherbage

Le contrôle des mauvaises herbes a été assuré par une combinaison de motoculteur, désherbage manuel et traitements chimiques. Avant la plantation, le Trifluraline a été appliqué (2 L/ha). Ensuite, chaque année, une pré-émergence combinait Metribuzine (0,5 kg/ha, 35 %) et Pendiméthaline (2,5 L/ha, 31,7 %). En post-émergence : glyphosate et bentazone ont été utilisés, notamment contre le souchet.

Arrosage pluvial une fois la production stabilisée

Pendant les premières années, un goutte-à-goutte hebdomadaire était utilisé. Une fois la production stabilisée, seule l’eau de pluie était nécessaire. Le sol recevait un engrais de fond à base de phosphate diammonique (250 kg/ha) et une application annuelle d’urée en phase végétative. Le 28 novembre 2018, l’engrais biologique Arco-Plus (1 L/ha), riche en macronutriments (4,6 % N, 1,2 % P, 7 % K), 14 oligoéléments et hormones végétales, a été appliqué.

A. M Castagnino, et al

Récolte tous les deux jours

Du 18 septembre au 12 novembre 2019, les turions ont été récoltés tous les deux jours (27 jours de récolte au total), coupés à ras du sol avec des couteaux, dès qu’ils atteignaient 23 cm et avaient une tête compacte — critère de maturité commerciale selon le protocole qualité argentin. Tous les turions ont été récoltés, même les non-commerciaux, afin de ne pas entraver le développement des suivants. Ils ont ensuite été transportés rapidement au laboratoire de traitement post-récolte de l’université pour lavage, tri et classement.

‘NJ-1123’ : meilleure performance commerciale

À la 8e année de récolte, cinq génotypes verts italiens (‘Franco’, ‘Giove’, ‘Italo’, ‘Eros’ et ‘Vittorio’) et deux génotypes nord-américains (‘NJ-1123’ et ‘NJ-1192’) ont montré une supériorité en rendement commercial (t/ha). Le génotype ‘NJ-1123’ a fourni le plus grand nombre de turions commercialisables, malgré un taux élevé de rejets ou de turions de 2e qualité. Il a conservé les meilleures performances dès le début de la phase productive.

Après ‘NJ-1123’, les génotypes les plus productifs en nombre total de turions ont été ‘Giove’, ‘Ercole’, ‘Eros’ et ‘Early California’. Pour les plus gros diamètres, ‘Eros’ et ‘Giove’ dominaient ; pour les plus fins : ‘Early-California’ et ‘UC-157’.

Une nette progression à la 8e année

Comme attendu, la plantation a produit beaucoup plus de turions à la 8e année qu’au début. Le taux élevé de rejets est probablement lié à la fréquence de récolte (un jour sur deux au lieu de tous les jours), suggérant qu’un meilleur pilotage de la récolte améliorerait la productivité commerciale. Les chercheurs ont noté des écarts importants dans les classements de performance selon les années, concluant que certains génotypes mettent plusieurs années à montrer leur pleine adaptation.

Main source:
Castagnino, A.M., Diaz, K.E., Rosini, M.B., Benson, S., Bastien, E., García-Franco, A. and Rogers, W.J. (2023). Productivity of a trial of thirteen asparagus genotypes in their eighth year within the IV International Asparagus Cultivar Trial (ISHS). Acta Hortic. 1376, 81-88
DOI: 10.17660/ActaHortic.2023.1376.13

Variables évaluées pour la productivité commerciale :

  • Productivité fraîche totale (t/ha, toutes qualités confondues)
  • Productivité fraîche commerciale (1re qualité) pour deux longueurs : 17 cm (CFP-S) et 22 cm (CFP-L)
  • Nombre total de turions (commerciaux + rejetés)
  • Nombre de turions commerciaux (NCS), dont NCS-S et NCS-L
  • Pourcentage de rejets et type de défauts : montée à graine, gel, ravageurs, turions trop courts, maladies, formes doubles ou tordues
  • Distribution des diamètres à 2 cm de la base :
    • Asparagina : <6 mm
    • Petit (S) : 6–9 mm
    • Moyen (M) : 9–12 mm
    • Grand (L) : 12–16 mm
    • Très grand (XL) : 16–18 mm
    • Jumbo (J) : >18 mm

Les données ont été analysées par ANOVA et test LSD au seuil de signification P ≥ 0,05. 

The two kinds of asparagus harvesting machinery

Les récolteuses non sélectives coupent tous les turions, sans distinction de qualité, de longueur ou d’autres critères, tandis que les machines sélectives récoltent les turions selon des caractéristiques spécifiques.

Pour l’asperge verte, les récolteuses non sélectives coupent tous les turions, quelle que soit leur longueur, au niveau ou juste au-dessus du sol, puis les déposent dans des dispositifs de collecte.

Pour l’asperge blanche, elles coupent tous les turions, également sans distinction de longueur, juste au-dessus de la couronne dans la butte, puis transportent turions et terre sur un convoyeur, où la séparation se fait par vibration. La terre est ensuite rebuttée sur le rang de plantation, explique Drost.

Les récolteuses sélectives pour asperges vertes

Les récolteuses sélectives pour l’asperge verte nécessitent des systèmes de traitement de données avancés, capables d’identifier en temps réel les turions atteignant la longueur optimale, au milieu d’un champ où les longueurs varient fortement.

L’identification des turions est complexe dans des conditions réelles, où la vitesse et la précision sont cruciales.

Pour être intégrées dans les systèmes de production existants, ces machines doivent :

  • fonctionner à une vitesse et une efficacité proches de la main-d’œuvre humaine,
  • effectuer la coupe sans endommager les turions récoltés,
  • ne pas blesser les turions voisins non sélectionnés.

Ainsi, ces récolteuses doivent disposer :

  • d’une perception et d’un traitement de données en temps réel (à l’échelle de dizaines de millisecondes),
  • d’actionneurs rapides,
  • et de mécanismes robustes.

Avec une puissance de calcul suffisante et des données GPS précises, il serait même possible de cartographier les turions non récoltés, ce qui accélérerait la récolte ultérieure.
Mais cela implique de pouvoir prédire quand un turion atteindra la bonne longueur, ce qui nécessite des données sur la vitesse de croissance et la position du turion.

Les récolteuses sélectives pour asperges blanches : un défi technique plus complexe

L’automatisation de la récolte de l’asperge blanche est plus complexe, car il faut :

  • préserver l’intégrité de la butte grâce à un système de guidage précis,
  • repérer l’emplacement exact du turion sous la terre,
  • le sectionner sous terre à la bonne hauteur,
  • et l’extraire avec un minimum de dommages.

Selon Drost, la partie guidage est relativement facile à concevoir, mais les mécanismes de coupe et d’extraction nécessitent beaucoup plus d’ingénierie pour être efficaces.

Une piste technologique explorée : l’utilisation de radars à pénétration de sol (ground-penetrating radar) pour estimer la profondeur de la couronne, et ainsi déterminer la hauteur de coupe optimale pour les machines non sélectives.

Cela permettrait de récolter des turions longs tout en minimisant les dommages à la plante.

* Source: “Asparagus breeding: Future research needs for sustainable production” by Prof. Daniel Drost (Front. Plant Sci., 27 March 2023)

Bonne campagne pour les asperges françaises

« En France, la campagne 2023 a été marquée par une production linéaire et des prix supérieurs à la moyenne des cinq dernières années », indique un rapport du RNM (Réseau des Nouvelles des Marchés).

Favorisées par une météo clémente, les quantités récoltées ont été plus élevées que celles des cinq dernières années, bien que inférieures à celles de 2022.
Alors que les volumes étaient faibles en début de saison, l’alternance de journées fraîches et chaudes a permis une augmentation progressive de la production, sans pics, ce qui a favorisé la stabilité des prix tout au long de la campagne.

Concurrence précoce des légumes d’été

Les prix de vente élevés doivent être relativisés au regard de la forte hausse des coûts supportés par les producteurs et expéditeurs :
intrants, main-d’œuvre, bâches plastiques, emballages, électricité pour le froid et les stations, transport, etc.

L’intérêt des consommateurs pour l’asperge est resté modéré, et les ventes ont ralenti en fin de saison.

Chaque année, les fruits et légumes d’été arrivent de plus en plus tôt sur le marché, entrant en concurrence directe avec l’asperge.
Les consommateurs délaissent les produits de printemps pour se tourner vers les melons, pêches, abricots et cerises, fraîchement arrivés sur les étals.

Une saison particulièrement difficile pour l’asperge bio

La saison a été particulièrement compliquée pour l’asperge biologique, comme pour l’ensemble des produits bio.
Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, les consommateurs se détournent des achats “plaisir” ou considérés comme “luxueux”.
Les prix très élevés en début de saison ont freiné la demande, et par la suite, les prix sont restés inférieurs à la moyenne 2018-2022 jusqu’à la fin de la campagne.

Water shortage casts shadow over new season in Granada

Les résultats pour 2022/2023 dans la province de Grenade — qui produit habituellement 60 % de l’asperge verte d’Espagne — montrent une baisse de 26 % de la production par rapport à la saison précédente.

Le volume récolté à Grenade entre octobre 2022 et septembre 2023 s’est élevé à seulement 23 000 tonnes, soit une baisse de 24 % par rapport à la moyenne des 30 000 tonnes enregistrée au cours des dernières années, période où la production était relativement stable.
Selon l’ASAJA (Association des jeunes agriculteurs), cela malgré une surface plantée de 6 500 hectares en 2022/2023, légèrement supérieure à la moyenne des dernières campagnes.

Une valeur de production en baisse de 28 millions d’euros

Dans une déclaration à Europa Press en octobre, José Gámiz, membre du conseil d’administration de l’ASAJA Grenade, a attribué cette baisse de récolte à plusieurs facteurs :

  • des gelées en janvier,
  • des pluies fin mai ayant raccourci la récolte principale de deux semaines,
    (habituellement de mars à début juin),
  • et une pénurie de main-d’œuvre, venue compliquer davantage la campagne.

Face à la rareté de l’offre, les prix producteurs ont initialement grimpé jusqu’à 5,5 €/kg, avant de redescendre à environ 3 €/kg pour le reste de la récolte de printemps.
En se basant sur un prix moyen de 4 €/kg pour la seconde récolte, plus modeste, d’octobre, l’organisation estime que la baisse de production de 7 000 tonnes par rapport à la saison précédente représente une perte d’environ 28 millions d’euros.

Faibles débits des rivières : un accès limité à l’irrigation

La sécheresse persistante en Espagne affecte non seulement l’asperge, mais aussi les autres grandes cultures de la province.
Selon l’ASAJA, le niveau des rivières est trop bas, et l’accès à l’eau est très restreint, notamment dans des zones comme le Poniente, spécialisées dans l’asperge.

José Gámiz a précisé que les zones autour du réservoir de Los Bermejales et de la rivière Cacín comptaient sur un accès d’environ 5 000 m³ d’eau par hectare,
mais qu’à certains moments cette année, ce volume est tombé à seulement 600 m³/ha.

Cela s’est produit notamment lorsque les rivières comme la Cacín ou l’Arroyo Milanos avaient des débits si faibles qu’il était quasiment impossible de maintenir le débit écologique minimal, c’est-à-dire le niveau nécessaire pour préserver la santé environnementale du cours d’eau, si elles étaient utilisées pour l’irrigation.

Prévisions 2023/2024 : incertitudes persistantes

Dans ce contexte de stress hydrique, les prévisions provisoires pour 2023/2024 étaient peu encourageantes.
Cependant, la situation pourrait s’améliorer en fonction de l’évolution climatique de l’hiver, a indiqué Gámiz.

New Zealand : how much nitrogen does asparagus need?

Les experts estiment que les engrais azotés doivent être appliqués durant les premières années d’implantation des cultures d’asperges, mais qu’ensuite, seul l’azote exporté lors de la récolte doit être remplacé.

De manière anecdotique, l’asperge est considérée comme une culture à faible besoin en azote, mais les pratiques agricoles en Nouvelle-Zélande ne reflètent pas toujours cela.
Par exemple, une enquête menée en 2019 auprès des producteurs de la région de Waikato a révélé une large gamme de doses appliquées, avec des apports souvent supérieurs aux quantités exportées par les cultures.

Manque de directives spécifiques pour les nitrates dans les cultures d’asperges néo-zélandaises

Il y a quelques années, LandWISE, une organisation promouvant la gestion durable des terres, a travaillé avec des maraîchers de Levin, inquiets des pertes d’azote vers le lac Horowhenua.
Ils ont mis au point un modèle simple de budget nutritionnel, adapté à la plupart des cultures.
Mais lorsque Dan Bloomer, responsable de LandWISE, a appris que les producteurs d’asperges souhaitaient également l’utiliser, il s’est rendu compte qu’aucune donnée fiable ni directive spécifique n’existait pour les asperges vertes.

À la suite de discussions avec le NZ Asparagus Council, et grâce à un financement du Rural Professionals Fund dans le cadre du National Science Challenge «Our Land and Water», un essai de gestion des nitrates a été lancé.

Certains producteurs appliquent beaucoup plus d’azote que ce qui est exporté à la récolte

Malheureusement, la participation des producteurs a été limitée à cause du confinement lié au Covid-19 et d’une saison très difficile en 2021.
Mais malgré ces difficultés, plusieurs enseignements ont pu être tirés.
Une grande variété de pratiques de gestion de l’azote a été observée, sans consensus sur une «meilleure pratique» à l’échelle de la filière.

Bloomer rapporte des témoignages allant de :
« Je ne mets pas d’azote sur mes asperges, je le garde pour mes brocolis »,
à :
« J’en mets parce que mon père en mettait. »

« Il n’existe donc pas de pratique standardisée dans la filière, » résume-t-il.

Certains producteurs appliquaient des doses bien supérieures à l’azote exporté par la culture récoltée.
Les chercheurs estiment que la quantité de NO₃-N exportée par la récolte est d’environ 12 à 13 kg NO₃-N/ha,
tandis que certains producteurs de l’essai ont déclaré appliquer 24, 55 ou même 69 kg NO₃-N/ha d’engrais azoté.

Sources :

Project report: Collaborative Research Towards Best Practice Nitrogen Management in Asparagus Cropping: Final report.

How Much Nitrogen Does Asparagus Need?

Against asparagus dieback, unity is strength

The phenomenon of asparagus plantation dieback concerns all production areas in France, with variations depending on the year and climatic conditions. “In Maine-et-Loire, Landes or Gard, the mortality rate of shoots in vegetation is estimated at 10 to 20% on asparagus plantations over 8 years old. And yield losses can reach 30%,” said Maurane Pagniez of Invenio Asparagus Pole (a French experimentation centre). Phytophthoras, fusariums and purple rhizoctonia are the main causes and mycorrhization could limit or even resist these pathogens.

Promote the establishment of mycorrhizae

To avoid contamination of asparagus fields, crowns are often disinfected and treated before planting. “But this operation has the effect of destroying the endogenous mycorrhizae normally present on the crowns and making the young plants more sensi-tive to soil pathogens,” said Pagniez. The objective of a study by Invenio called Mycado is to evaluate the potential positive effects of the establishment of mycorrhizae. The project also aims to identify whether these mycorrhizae, once installed, have an impact on plant vigour. These tests involve comparing several strategies for promoting the establishment of mycorrhizae. “First of all, it is possible to wait for these mycorrhizae to settle without outside help, since it is a natural phenomenon,” said Pagniez. A second strategy is to employ « commercial solutions » for bringing these fungi. A third way is to obtain plants whereby nursery workers directly introduce mycorrhizae. The last strategy requires an intermediate step of relaying plants so as to multiply mycorrhizae, either by natural or commercial means, then incorporating this soil into the growing medium.

Impact on dieback

“After a year of culture in pallox, mycorrhizae became established via all modalities, including the control modality; that is to say, the one containing just the soil of a plot on which an absence of mycorrhization had been noted,” said Pagniez. In response to the other strategies, results will vary depending on whether the focus is on mycorrhization or on asparagus biomass. “The trial, which was set up in 2021, must be monitored over time with disease inoculations if necessary to ultimately validate the impact of mycorrhizae on resistance to dieback,” said Pagniez.

L’art de couvrir les cultures

La couverture végétale croissante entre les rangs dans les plantations d’asperges est une pratique récente. Elle a débuté avec les cultures d’asperges vertes pour faciliter le passage des machines de récolte et limiter le tassement du sol. Cette technique a également montré d’autres avantages, comme la protection contre le vent qu’elle procure aux asperges, assurant une récolte de meilleure qualité et des turions plus droits. Les nombreux bénéfices agronomiques, thermiques, écologiques et environnementaux de la couverture végétale ont désormais conduit à son utilisation dans les cultures d’asperges blanches dans plusieurs zones de production européennes.

La couverture végétale améliore la portance du sol pour supporter le passage des machines d’assistance à la récolte, en particulier pendant les périodes pluvieuses.

Bénéficier d’un “effet brise-vent”

D’un point de vue agronomique, la couverture végétale améliore la structure du sol grâce au développement racinaire des espèces dans différents horizons, ce qui renforce la capacité du sol à retenir l’eau. Elle protège également contre l’érosion. En outre, les espèces à racines pivotantes captent les éléments minéraux, comme les nitrates, dans les couches profondes du sol et limitent le lessivage, tandis que les légumineuses apportent de l’azote. Le broyage du feuillage et du volume racinaire permet d’augmenter la teneur en humus du sol. L’apport de matière organique améliore significativement l’activité microbienne du sol, augmentant ainsi la disponibilité des nutriments. Lorsqu’une couverture végétale est maintenue sur une parcelle pendant toute la durée de vie d’une plantation d’asperges, le pourcentage de matière organique dans les inter-rangs est plus élevé, rendant la parcelle plus favorable à la replantation, en particulier dans les aspergeraies à grands espacements (plus de 3,5 m). Il est pertinent d’envisager une couverture végétale permanente afin de tirer parti de ses bénéfices thermiques tout au long du cycle de culture. Au printemps, lorsque la couverture végétale se développe au-dessus des buttes avant la récolte, elle offre un « effet brise-vent » qui rend les plastiques moins susceptibles d’être emportés ou déplacés. Elle contribue aussi à réchauffer plus rapidement la butte, celle-ci étant moins exposée au vent, souvent venu du nord. Un degré supplémentaire au-dessus de 12 °C à la couronne peut générer un gain de 30 kg/ha récoltés par jour en début de saison. Une fois broyée dans les premiers jours de récolte, la couverture végétale permet au sol de mieux supporter le passage des engins de récolte, surtout en période pluvieuse.

Semée, contrôlée et entretenue

À la fin de la récolte, de nouvelles plantes se développent, créant des conditions favorables à la présence d’auxiliaires de culture (syrphes, carabes, chrysopes, coccinelles, etc.). Elles limitent aussi le développement des adventices dans l’inter-rang. Cela est particulièrement utile lorsqu’on cherche à réduire l’usage d’herbicides ou en agriculture biologique. Une fois broyée, la végétation peut être déposée sur le rang de plantation pour servir de paillage naturel, limitant la pousse des herbes. En automne et en hiver, la couverture végétale atténue aussi les effets des pluies fortes. Toutefois, certains inconvénients peuvent apparaître, comme une aération réduite du rang et un risque accru de maladies lié à une humidité plus élevée. Par ailleurs, dans certaines situations, elle peut favoriser le développement des populations de rongeurs.

La couverture végétale améliore la portance du sol pour supporter le passage des machines d’assistance à la récolte, en particulier pendant les périodes pluvieuses.

La couverture végétale doit être semée, contrôlée et entretenue. Elle peut être semée à la fin de la récolte et bénéficier des pluies. Plus tard, son installation est facilitée si la parcelle est irriguée par aspersion. Il est conseillé de combiner différentes familles végétales :

graminées : seigle, avoine, ray-grass (fort développement racinaire) ;

crucifères : radis fourrager, radis chinois, moutarde blanche (racine pivotante) ;

légumineuses : trèfle d’Alexandrie, lentille fourragère (fixation de l’azote).

La durée nécessaire de la couverture végétale (permanente ou saisonnière) détermine aussi le choix des espèces. Il faut donc tenir compte de la sensibilité au gel : l’avoine, le trèfle d’Alexandrie et la phacélie y sont sensibles, tandis que le ray-grass, le seigle, la lentille et le radis le sont peu. Il convient d’utiliser entre 12 et 15 kg/ha selon l’écartement des rangs et la largeur de l’inter-rang.

Améliorer l’intégration des plastiques

Le maintien d’une couverture végétale permanente nécessite certaines adaptations, voire des investissements matériels. Des espacements larges permettent l’enherbement des rangs toute l’année tout en gardant assez de terre pour le buttage. Certains constructeurs de matériel (ex. : Engels) ont également adapté des buttoirs pour préserver la couverture végétale sur le rang (voir rubrique Matériel). Même si l’enherbement du rang nécessite des passages répétés de tracteur et de broyeur pour contrôler la pousse (tous les 8 à 10 jours en irrigation par aspersion ou toutes les 3 semaines en goutte-à-goutte), la consommation de carburant reste bien inférieure à celle des outils de travail du sol. Enfin, le « verdissement » des rangs d’asperges améliore l’intégration paysagère des parcelles et réduit fortement la « pollution visuelle » souvent reprochée à la culture de l’asperge dans certaines régions.

Long harvests, extensive daylight and high yields in China

Hangzhou Jiahui Agricultural Development Co., Ltd was founded in 2000. The asparagus planting area is located near the edge of the Qiantang River in Hangzhou, Zhejiang Province, a region with a subtropical monsoon climate, high summer temperatures and humidity, leading to extremely serious risk of stem blight. What’s more, the soil is sandy loam. As a result, the asparagus is planted in plastic tunnels. The products are mainly sold in Beijing, Shanghai, Guangzhou and other big cities, but some is exported to Japan. Asparagus consumption in China is on the rise thanks to increased demand from hotels, restaurants and festivals. But there is currently a lack of supply, which makes planting very profitable. Some production areas are as large as 68 hectares. However, input and labour costs are rising each year, which is cutting into producers’ profit margins and slowing the expansion of planting area. To respond to these issues, Hangzhou Jiajui has begun to focus on creating new cultivation technologies and breeding new varieties.

Harvesting spears over three stages

The main varieties grown by the company are UC157, Atlas, Grande, Jialu No. 1, Depola, Fengdao No. 1, Fengdao No. 2, Jinguan, Feicui Mingzhu, Huamiao, and more, all of which are planted in greenhouses or plastic tunnels. The plants remain in these enclosures throughout the growing cycle, keeping mother-stems twice and harvesting spears three times a year. Production is ongoing throughout the whole year. After fertilising in early December, a plastic film is used to cover the whole tunnel. There is usually a smaller tunnel in the greenhouses for heating, with double plastic tunnels commonly used to increase temperatures and produce early spears. The inside tunnel is removed by early March. The films on both sides of the tunnel are rolled up in early May and just the top film remains until December.

The top-covering method is employed to prevent outbreaks or spread of stem blight pathogens. The winter harvest period can also be advanced to the end of December or start of January. Asparagus can also be on the market just in time for the Chinese Spring Festival, when the price is at its peak. In autumn, the harvesting period can be postponed until the middle of November, and the dormancy period of asparagus is less than two months.

Using mother-stems twice

The first harvest, called the “spring harvest”, is from late December or January to early April. Spears with a diameter larger than 1cm are selected for use as spring mother-stems. The second harvest, the “summer harvest”, is from mid-May to late August, when spears are harvested under the mother-stems. Then, all the mother-stems are removed and spears with a diameter larger than 0.8cm are selected for use as autumn mother-stems.

The third harvest (the autumn harvest) is from early September to mid-November. All stems are removed after the arrival of the frosts and the plants enter their dormant period.The spears are harvested by hand when they reach 35-40 cm. Thanks to the multiple harvesting periods and the extensive use of organic fertiliser, the annual yield of 4-8-year-old unprocessed asparagus can reach about 75 tons per hectare. The sorted and bundled spears (35-37 cm or shorter) have their white roots cut off and are sent for marketing. Partition management is used in the production area, with each farmer managing 1.3-2 hectares or more. The input materials are purchased and distributed by the company, which is also responsible for recycling and selling all products under a joint brand. Ninety percent of the proceeds goes back to the farmers, which is very motivating for them and has improved productivity and efficiency levels.

Four patents

The firm has its own research centre, equipped with a small laboratory and technicians, who mainly work on developing new cultivation techniques and breeding new varieties. As a result of its cultivation technology research, four patents have been obtained, including for asparagus cultivation, a fertilisation method, a seed plot management method, and a biodegradable film for promoting early asparagus harvests in winter and spring.

In addition, three varieties have been developed:

1) Jialu No. 1, which has a green colouring and is medium-ripe;

2) Zaojia No. 2, which is early and stout, has a long harvesting period in spring, and a tight head that is not easy to scatter; and

3) JH120, which responds to the local market’s preference for stout asparagus. It has a tightly wrapped head and a lightish colouring.

A complex and changeable natural environment

As the economy of this region is relatively developed, there is a high standard of living and asparagus demand is still growing. But competition in the asparagus industry is fierce. As a result, businesses are actively exploring more efficient, sustainable and practical cultivation techniques, as well as more cost-effective and convenient sales methods, so as to cope with the complex and changeable natural environment, improve the quality and safety of asparagus products, and meet the quality standards expected by consumers. As farmers recognise the critical role played by variety choice, such decisions are made very carefully.

Fertilisation and pest control process

1/ Fertiliser and water management

Apply decomposed organic manure (e.g. pig manure) and ternary compound fertiliser by ditch application three times a year. A three-compound fertiliser (15% N, 15% P2O5, 15% K2O) is applied once a month for topdressing during harvest.

Drip irrigation is usually employed to replenish field moisture, and attention is paid to drainage during the summer rainy season.

2/ Disease and pest control

Stem blight (Phomopsis asparagi) is the main disease threat. The stems are kept dry and the spread of pathogens is controlled because the plastic greenhouses keep out the rain. Two critical control periods are needed: 1) When the spear has grown into its mother-stem, spraying fungicide can help to prevent the invasion of diseases in the process of stem lignification transformation; 2) After the mother stem has been completely removed, it is very helpful to remove the sick stalks in time and sterilise after removing all the stems. Noctuidae and thrips constitute the main pests. Sex attractant trapping is very necessary to combat noctuidae, and biological pesticides are also used to control both noctuidae and thrips.

Size determines the price

Asparagus products are mainly sold on the domestic market through supermarkets and local markets, but online sales and group buying have also emerged in recent years. Price is determined by size, with stouter asparagus fetching higher prices. Wholesale prices of asparagus fluctuate widely depending on availability, reaching a peak during the Spring Festival and the winter shortage period. The rest of the time, prices are relatively stable and depressed. Also during the period in which mother-stems are retained, there is less supply, which leads to a slight price increase.

Five steps of cultivation mode in Hangzhou Jiahui Agriculture

1. Double tunnels are used in winter and early spring.

2. Spears are pulled out by hand without mother-stems.

3. Mother-stems are retained after harvesting spring and summer asparagus

4. When the mother-stem matures, new shoots grow.

5. Harvesting summer and autumn asparagus under mother-stems