À l’image des premières asperges au printemps, le nouveau numéro du magazine Asparagus World, 100 % dédié à l’asperge, vient de sortir !
Plongez dans Asparagus World n°7 et découvrez pourquoi l’asperge est une excellente candidate à la robotisation. Partez pour un tour du monde de l’asperge, des États-Unis au Pérou, en passant par la Chine et l’Europe… et voyez pourquoi la Pologne passe du blanc au vert.
Lisez le numéro 7 en ligne dès maintenant ou abonnez-vous gratuitement à la version imprimée !
After the success of the last 4 editions, the 5th edition of International Asparagus Days will take place in Bordeaux (France) from 7 to 9 October 2025. The event will be held in association with the 1st edition of International Berries Days. Macfrut, the international trade fair for the fruit and vegetable sector in Italy, Befve&Co, and Interco Nouvelle-Aquitaine are organising two international professional events to bring together the entire asparagus and soft fruit sector. « There is an obvious complementarity between these productions. Asparagus producers are also producers of berries, many suppliers offer a range of products for these crops, and marketers have a common offer of asparagus and red fruits, » explain the organisers to the two sectors.
More than 100 specialised exhibitors
Organisers expect a large international participation of visitors. Already German, Spanish, Peruvian, and Turkish delegations are expected. More than 100 specialised exhibitors will be present on 8 and 9 October. These days will be devoted to visits to stands of plant material and equipment, services and marketers, to outdoor demonstrations (preparation, planting, maintenance and harvesting equipment, etc.), to pitches and technical workshops led by exhibitors and sponsors. 7 October and 10 October (optional) are devoted to visits to leading French farms (click here to see the program). International Asparagus Days and International Berries Days are free events with prior registration required (click here to register).
L’AOPn Asperges de France a consacré sa 6e journée technique, début octobre, au thème de la replantation de l’asperge. Cette pratique, encore peu fréquente en France, tend toutefois à se développer en raison de la spécialisation des exploitations et du manque de parcelles « vierges » pour l’asperge. Lors de cette journée, Christophe Paillaugue, président d’Asperges de France, a estimé : « Sur les 6 000 ha d’asperges cultivés en France, environ 500 à 600 ha sont replantés chaque année, avec un faible pourcentage de replantation sur la même parcelle. ». Cependant, cette situation tend à se généraliser et est également observée dans d’autres pays producteurs, notamment en Allemagne. « Planter de l’asperge sur de l’asperge peut donner des résultats décevants, avec des rendements plus faibles les premières années et des pertes de plants, » explique Adèle Sahut, d’Asperges de France. Les pertes peuvent atteindre jusqu’à 30 %, avec une réduction de trois ans de la durée de vie de l’aspergeraie. Cela est dû aux champignons du sol pathogènes pour l’asperge (Fusarium, Rhizoctonia), aux autotoxines libérées par les racines de la culture précédente et au phénomène plus global de « fatigue des sols ».
Plusieurs interventions ont permis d’identifier l’activité microbienne des sols de façon élargie. « Les champignons et bactéries contribuent à la stabilité du sol. La perte de diversité et d’activité entraîne une baisse de la minéralisation et donc du rendement des cultures, » précise Émile Benizri, enseignant-chercheur à l’INRAE.
20 ans de replantation d’asperges sur asperges
Carmen Feller, chercheuse à l’Institut Leibniz (Allemagne), a présenté les résultats du programme Newsoil 21, qui a permis d’évaluer pendant cinq ans (2017-2021) différentes méthodes de prévention : apports de matière organique, biofumigation, inoculation de micro-organismes, résistance variétale.
De son côté, Christian Befve, consultant international, a présenté la méthode « hors-sol / en-sol », qui consiste à créer un volume homogène de sol avant plantation, grâce à des apports de compost et de micro-organismes par un outil type rotospader.
Lors d’une table ronde, David Ducourneau, producteur d’asperges dans les Landes, a partagé ses vingt années d’expérience en replantation sur asperges – parfois trois cultures successives sur certaines parcelles – en soulignant l’importance du drainage.
Selon l’expérience d’Ophélie Lendani, technicienne chez MaïsAdour, accompagnant trois producteurs d’asperges, la replantation sur la même parcelle entraîne des baisses très marquées de rendement, pouvant aller jusqu’à 40 % dès la 4e année de récolte.
L’après-midi de travail sur le terrain, dans les aspergeraies de Planasa, a permis à la centaine de participants d’assister à la présentation de solutions biologiques proposées par Innovak Global et Medinbio, ainsi qu’à l’observation de profils culturaux dirigée par deux expertes : Céline Collin Bellier, directrice de Solenvie, et Emmanuelle Choné, agro-pédologue chez Agronomie Terroirs.
La 28e édition de l’expoSE – salon européen de la production d’asperges et de petits fruits – et la 13e édition de l’expoDirekt – salon dédié à la vente directe – ont accueilli plus de 5 200 visiteurs professionnels les 20 et 21 novembre au parc des expositions de Karlsruhe. Parmi les 440 exposants, près de 16 % participaient pour la première fois. « L’ambiance générale du duo de salons était plus confiante que l’an passé, et les exposants interrogés au hasard ont indiqué que le nombre de projets d’investissement allait de nouveau augmenter », indique Simon Schumacher, organisateur des salons expoSE et expoDirekt. 84 % des participants se sont dits convaincus par le salon et reviendront.
Trois prix de l’innovation pour l’asperge et la fraise
« La fréquentation stable mais légèrement inférieure reflète à la fois la concentration du secteur et l’intérêt constant pour les nouveautés et les échanges professionnels, comme en témoigne la popularité des forums spécialisés », souligne le responsable. Trois prix de l’innovation ont été décernés pour chacun des deux salons : expoSE et expoDirekt. Les prix de l’innovation expoSE ont été attribués à 4Disc (Dortmund) pour son InterCut, un outil de travail du sol ultra-superficiel entre les rangs d’asperges ; à Harlander Landtechnik pour sa fraise rotative pour buttes d’asperges avec trappe de service hydraulique ; et à Hexafarms (Berlin) pour son système intelligent de prévision de rendement pour fraises et petits fruits sous tunnel. Les prix de l’innovation expoDirekt sont allés à deux entreprises partenaires, getpacked et Click & Collect Service pour leur solution getpacked & collect – qui permet des achats en ligne avec retrait dans des distributeurs automatiques ; à Pflanzentheke (Lorsch) pour son système de ferme verticale intelligente dédiée à la vente directe ; et à Schwab Automaten (Packmatisch – Munich) pour le HofKiosk, un distributeur automatique doté d’un système de plateaux. Le prochain duo de salons expoSE & expoDirekt, ainsi que les quatre forums associés (voir encadré), auront lieu du 19 au 20 novembre 2025 à Karlsruhe.
Photos et vidéos disponibles sur: www.expo-se.de/en/press-impressions-videos-photos-videos
Succès pour les 4 forums spécialisés
La 35e Journée de l’asperge a attiré un large public avec un programme axé sur des sujets techniques : replantation, retour de la mouche de l’asperge, viabilité économique de la culture, et réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. Elle a également permis de faire un point sur la culture et la commercialisation de l’asperge verte en Andalousie et de partager des informations récentes sur la filière.
Le forum technique petits fruits, pour sa 2e édition, a réuni près de 80 participants. Il a mis en lumière l’importance de la gestion culturale basée sur les données, permettant une croissance optimisée des plantes, des économies d’énergie, et une planification plus fiable des récoltes robotisées. Ces éléments techniques doivent également faciliter le passage de la culture en pleine terre à la culture sur substrat, tout en simplifiant l’irrigation.
Enfin, le forum vente directe, co-organisé par le magazine professionnel HOFdirekt et la VSSE, a parfaitement rempli sa mission avec des thématiques sur le « Smart Shopping » et « La boutique à la ferme comme marque ».
More than 400 exhibitors from 13 countries specialising in the production of asparagus and strawberries and berries as well as in direct marketing will be present at the expoSE & expoDirekt trade fair duo from 20 to 21 November 2024 at the Karlsruhe Exhibition Centre. The organiser of this 28th edition of expoSE and the 13th expoDirekt is the Association of Asparagus and Strawberry Growers of Southern Germany (VSSE), the largest trade association of asparagus and strawberry growers in Germany with around 630 members. Since its creation in 1996), expoSE has become the leading European trade fair for the production of asparagus and berries. It offers a high concentration of German and European exhibitors for the production, harvesting, packaging and preservation of these products.
The 35th Asparagus Day will take place on November 20
Several specialists will discuss various topics including: Cultivation and marketing of green asparagus in southern Spain, asparagus replanting at Queckbrunnerhof, what to do in the face of the increase in asparagus fly attacks. Current information from the world of asparagus will also be provided in a short format. Faced with skyrocketing production costs, a specialist from North Rhine-Westphalia will ask «Is it still worth growing asparagus?». The conference will end with the possibilities of reducing pesticides in asparagus cultivation.
New : Stone Fruit Forum
For the first time, VSSE is organising the first stone fruit forum as part of the fair. Two renowned stone fruit experts, Peter Hilsendegen, DLR Rheinpfalz, and Thorsten Espey, LVWO Weinsberg, will present new trends in varieties and crop management on the topics of Plums and Cherries. Stone Fruit Forum | Focus on varieties on Wednesday, November 20, 2024, from 10:00 a.m. to 12:30 p.m. in conference room 4/5 of the Karlsruhe Fair. During the trade fair visit, the specific topic “Stone Fruit” is dealt with comprehensively and concentrated in one place.
Berry Technology Forum
The second edition of the Berry Technology Forum will take place on Thursday, November 21, 2024, from approximately 10:00 a.m. to 1:30 p.m., as part of expoSE, in the conference room of the Karlsruhe trade fair. The organisers are Marco Joseph and the Association of Asparagus and Strawberry Growers in Southern Germany (VSSE).
Allemagne : La pluie réduit les volumes, mais pas les prix
Des pluies persistantes en Allemagne, notamment dans le nord, ont provoqué des inondations et des sols gorgés d’eau à l’approche de la saison 2024 de l’asperge blanche, rapporte Claudio Glaesser, analyste du marché horticole chez AMI. Selon la structure des sols, il n’a pas été possible de commencer à former les buttes avant avril, soit bien plus tard que d’habitude. Malgré cela, un hiver doux et des températures élevées au début du printemps ont permis un démarrage anticipé de la récolte. Toutefois, des importations ont été nécessaires pour couvrir les besoins liés à un week-end de Pâques précoce cette année (début avril). Le fort ensoleillement qui a suivi Pâques a entraîné une brève période de tension sur l’offre. Ensuite, plusieurs semaines de températures modérées et de faible ensoleillement ont permis de stabiliser le marché sur une grande partie de la saison. Les prix départ ferme sont restés à un niveau globalement satisfaisant, et les prix de détail en mai – mois clé – étaient similaires à ceux de l’année précédente. La saison 2024 s’est terminée plus tôt que d’habitude dans de nombreuses régions, en raison du démarrage anticipé. Dans le sud de l’Allemagne, des pluies extrêmes et des inondations ont aussi conduit à une fin abrupte de la saison fin mai. Dans l’ensemble, les volumes de récolte ont probablement diminué, en lien avec la réduction des surfaces cultivées, causée par des conditions météo plus difficiles, selon Glaesser.
France : Une production faible, sans reprise
Malgré des conditions très difficiles pour la préparation des buttes (pluies excessives), la récolte d’asperges a commencé tôt en France. « Les premières asperges du Sud-Ouest ont été récoltées début février en petite quantité », indique Astrid Etèvenaux, directrice de l’association Asperge de France. En mars, de bonnes récoltes dans le Sud-Ouest ont permis d’approvisionner le marché pour les fêtes de Pâques (1er avril). Avril a été un mois « sans éclat », avec des résultats variables selon les bassins de production et surtout selon les parcelles. En vallée de la Loire, un démarrage tardif a engendré de faibles volumes. Le mois de mai a été marqué par de faibles apports dans toutes les régions productrices françaises. Au final, la saison s’est achevée sur une déception, sans reprise de la production comme on avait pu l’observer certaines années, en raison d’un temps qui est resté froid. « Les faibles volumes ont entraîné des coûts supplémentaires à la récolte et en station. Donc un coût de production plus élevé pour un rendement plus faible », commente Astrid Etèvenaux. Le marché est resté morne. La grande distribution et ses opérations promotionnelles ont cependant permis d’écouler tous les volumes français sans difficulté.
Italie : L’asperge en quête de confirmation
« En 2024, les surfaces italiennes d’asperges s’élèvent à 8 000 hectares, pour une production de 45 à 50 000 tonnes, destinées à la fois à la consommation fraîche et à la transformation », estime Luciano Trentini, spécialiste de l’asperge. Cette année, les températures élevées (sols constamment au-dessus de 14-15 °C) en février et début mars ont permis un démarrage anticipé des récoltes de 15 jours. Malheureusement, la baisse des températures pendant les fêtes de Pâques, accompagnée de fortes pluies, a ralenti les livraisons dans le nord comme dans le sud du pays. Puis la remontée soudaine des températures a permis une reprise des volumes récoltés, au point de créer une certaine incertitude sur le marché, qui s’est ensuite rapidement rééquilibré. Les températures élevées, combinées au problème persistant de la disponibilité de la main-d’œuvre, ont raccourci la période de récolte. Au final, la production a chuté d’environ 15 % dans le sud de l’Italie et de 30 % dans le nord. Cette moindre disponibilité a entraîné une hausse des prix, permettant de vendre l’asperge verte de qualité, transformée, autour de 3,5 à 4 € le kilo, et l’asperge blanche dans le nord autour de 5,5 € le kilo. « L’analyse de la consommation montre que l’Italie consomme environ 20 000 tonnes d’asperges, pour une valeur de 111 millions d’euros », conclut Luciano Trentini.
Espagne : Perspectives encourageantes pour 2025
Grâce à des précipitations abondantes, la production d’asperges vertes dans la province de Grenade pourrait dépasser de 20 % celle de 2023, alors que les prévisions initiales tablaient sur une baisse de 10 à 15 %. En outre, selon Antonio Zamora, président de l’Interprofession Espagnole de l’Asperge Verte et de la coopérative Centro Sur, la qualité a été « exceptionnelle grâce à la pluie au début et pendant la saison ». Dans les médias espagnols, Zamora indique que de nombreuses zones de production à Grenade – qui représente 70 % de la production espagnole d’asperge verte – disposent désormais de suffisamment d’eau dans les réservoirs et zones de captage pour envisager des niveaux de production similaires en 2025. D’autres devront attendre de voir comment évolue l’été. Les producteurs espagnols sont toutefois toujours confrontés à une pénurie de main-d’œuvre agricole, un sujet sur lequel l’interprofession fait pression auprès des autorités pour alléger les démarches administratives liées au recrutement de travailleurs étrangers.
Pays-Bas : La pluie fait chuter les rendements
Une saison exceptionnellement pluvieuse a entraîné une baisse des rendements de 30 à 40 % cette année chez Teboza, l’un des principaux producteurs néerlandais d’asperge blanche, situé dans le Limbourg. Will Teeuwen, de Teboza, explique qu’il a plu d’octobre jusqu’à mai (surtout ce dernier mois), ce qui a empêché de préparer les champs et d’assurer la récolte dans de nombreuses parcelles. Il estime que la situation était similaire ailleurs aux Pays-Bas, ainsi qu’en Belgique et dans la région allemande du Rhin. Point positif : l’entreprise a pu valoriser les asperges récoltées, et la pénurie a entraîné une hausse des prix par rapport à l’année précédente – sans toutefois compenser l’augmentation des coûts agricoles. Selon Teeuwen, les perspectives pour la saison prochaine annoncent des rendements environ 20 % inférieurs à la moyenne, sauf si un été très chaud permet de favoriser le rétablissement des sols saturés d’eau. « Ce que nous constatons actuellement, c’est que la repousse des champs est mauvaise », dit-il. Après cinq saisons marquées par une sécheresse excessive et l’optimisation de la gestion de l’eau, l’entreprise étudie désormais pourquoi certains champs ont mieux résisté en termes de drainage, et comment améliorer l’évacuation de l’excès d’eau.
L’asperge peut être cultivée presque partout dans le monde, sous de nombreux climats et parfois sur des sols très différents. Sa bonne conservation, le maintien de ses qualités gustatives et, surtout, la valeur ajoutée qu’elle génère tout au long de sa chaîne de production et de distribution en ont fait une culture « mondialisée », à l’image de certains fruits comme la banane, l’avocat, la mangue, le kiwi, la pomme, ou plus récemment la myrtille. Elle est un exemple du commerce intercontinental de légumes.
La « mondialisation » des flux commerciaux
C. Befve
La fin du XXe siècle a vu une croissance continue de la production mondiale d’asperges. De 140 000 ha en 1988, la production mondiale a franchi la barre des 200 000 ha juste avant l’entrée dans le nouveau millénaire, pour ensuite atteindre 280 000 ha. Cette expansion des surfaces plantées est principalement due à l’émergence de nouvelles zones de production, comme le Pérou et le Mexique. Jusqu’alors, l’asperge était principalement cultivée dans les pays où elle était consommée, mais elle s’est développée dans des pays réunissant des conditions agronomiques favorables, et surtout une main-d’œuvre bon marché. La mondialisation des flux de marchandises (maritimes et aériens) et les nouvelles technologies de transport (conteneurs) ont entraîné une intensification du commerce. Actuellement, la production mondiale d’asperges s’étend sur 190 000 ha répartis entre quatre grandes zones de production.
Produit de « luxe » au Japon
L’Asie cultive l’asperge sur plus de 59 000 ha, dont 47 000 ha rien qu’en Chine. La production chinoise est composée à 70 % d’asperges blanches et 30 % de vertes, avec des débouchés variés : 60 % pour la conserve, 30 % pour le frais, 10 % pour le surgelé. La Chine est le premier producteur mondial d’asperges en conserve. Avec une surface bien plus modeste (7 000 ha), le Japon est l’autre pays d’Asie où l’asperge est une culture traditionnelle. Elle y est destinée au marché frais, avec une forte valeur ajoutée, et y est perçue presque comme un produit de luxe (voir Asparagus World n°5/2023). La Thaïlande et les Philippines cultivent environ 1 600 ha d’asperges vertes, de manière modeste mais stable. Taïwan se spécialise dans le marché du frais avec de l’asperge blanche (90 %). Dans cette région, l’Australie (2 000 ha) et la Nouvelle-Zélande (1 000 ha) produisent de l’asperge verte, principalement pour leur marché intérieur.
Le point faible du Pérou face au Mexique
Sur le continent américain, la production d’asperges vertes des pays du Nord – États-Unis (8 000 ha) et Canada (2 000 ha) – reste faible comparée à celle du Mexique (32 000 ha). Le climat, le coût de la main-d’œuvre et la proximité du lucratif marché nord-américain expliquent l’essor du Mexique, dont la production continue de croître (voir Asparagus World n°1/2019). Plus au sud, le Pérou (18 000 ha) est le premier producteur d’asperges d’Amérique latine. C’est l’un des rares pays – avec ses petits voisins comme l’Équateur (2 000 ha), la Colombie (800 ha), mais aussi la Thaïlande – à pouvoir produire de l’asperge toute l’année. Sa production est répartie entre asperges vertes (60 %) et blanches (40 %). Son principal débouché est la conserve (50 %), suivi du marché frais (40 %) et du surgelé (10 %) (voir Asparagus World n°3/2021 et n°4/2022). Mais la distance avec le marché nord-américain (plus de 9 jours par bateau) et le coût élevé du fret aérien sont des points faibles face à son principal concurrent, le Mexique, qui a gagné beaucoup de parts de marché. Au cours des 15 dernières années, le contexte économique a contraint le Pérou à réduire ses surfaces et à raccourcir son calendrier de production de deux mois, arrêtant les exportations en janvier et février. Il a ainsi perdu sa place de premier pays producteur mondial. Le Chili (2 000 ha) est un marché dynamique, axé sur l’asperge verte destinée au surgelé (60 %). Sur le même continent, l’Argentine (1 000 ha) (voir Asparagus World n°6/2024), le Brésil (800 ha), le Guatemala (500 ha), l’Uruguay et le Nicaragua (200 ha) produisent également de l’asperge.
Des tentatives non pérennes
La culture de l’asperge est quasi absente du continent africain (3 700 ha), hormis quelques exceptions au nord et au sud. L’Afrique du Sud, avec 1 500 ha, est le plus gros producteur, principalement d’asperges blanches (80 %), dont une majorité est destinée à la conserve (60 %). La production fraîche est consommée localement ou exportée, notamment vers le Japon. Le Lesotho (voir Asparagus World n°6/2024) et le Kenya sont également producteurs. En Afrique du Nord, le Maroc (500 ha) et la Tunisie (200 ha) ont accueilli des projets souvent portés par des entreprises européennes attirées par les coûts de main-d’œuvre et la précocité, mais ces tentatives n’ont souvent pas été pérennes.
L’Europe mise sur l’innovation
L’Europe, berceau botanique et historique de la culture de l’asperge (58 000 ha), présente une répartition claire : asperge verte dans les pays méditerranéens (Espagne, Italie) et anglo-saxons (Royaume-Uni), asperge blanche dans les pays d’Europe continentale (Allemagne, France, Pays-Bas). La production est exclusivement destinée au marché frais. En surface, l’Allemagne est leader (18 000 ha), avec une production essentiellement blanche. L’Espagne (12 000 ha) et l’Italie (10 000 ha) sont très orientées vers l’asperge verte. Viennent ensuite la France (6 000 ha), majoritairement blanche (70 %), mais avec une part croissante de verte (30 %), les Pays-Bas (3 000 ha, 100 % blanche), et le Royaume-Uni (2 500 ha, 100 % verte). On trouve aussi de la production blanche en Pologne (2 000 ha), Autriche (800 ha), Belgique (700 ha), Hongrie (500 ha). La tendance générale est à la baisse des surfaces, notamment en Allemagne (voir Asparagus World n°5/2023), aux Pays-Bas, mais aussi en Espagne et en Italie. Le manque de rentabilité, en raison du coût élevé de la main-d’œuvre et de la baisse de la consommation, explique cette régression. Plus récemment, les effets du changement climatique et la raréfaction de l’eau limitent le renouvellement des plantations dans les pays méditerranéens. Pour rester compétitive, l’Europe mise sur l’innovation technologique : développement de variétés très productives, utilisation de films plastiques pour gagner en précocité, mécanisation de la culture et robotisation de la récolte.
Signes d’une sortie de crise ?
Ce tour du monde des pays producteurs montre deux grandes tendances : les pays producteurs/consommateurs réduisent leurs surfaces, tandis que les pays producteurs/exportateurs les augmentent. La compétitivité dépend du coût du travail, des frais logistiques et du prix de vente. Le coût de la main-d’œuvre est un facteur en constante augmentation (voir encadré). La disponibilité mondiale de l’asperge influe aussi sur les fluctuations du marché. En analysant l’évolution des surfaces et des prix mondiaux, Christian Befve, consultant international, remarque que lorsque la production mondiale dépasse les 240 000 ha, les prix se déstabilisent et le marché entre en crise. « C’est ce qu’a vécu le monde de l’asperge entre 2014 et 2018, avec une forte hausse des surfaces mondiales, de 210 000 à 280 000 ha, entraînant une stagnation puis une baisse des prix, suivie d’un arrachage massif et d’une régression des surfaces », explique-t-il. Depuis 2022, avec un retour sous la barre des 200 000 ha, les prix mondiaux sont repartis à la hausse. « Cela annonce-t-il une sortie de crise pour l’asperge au niveau mondial ? » s’interroge l’expert.
Il faut plus d’un kilo d’asperges pour payer une heure de travail
Une comparaison du nombre de kilos d’asperges (au prix départ ferme) nécessaires pour payer une heure de travail en France et au Pérou, montre une évolution parallèle. En 2005, il fallait 2 kg d’asperges pour rémunérer une heure de travail en France, contre 1,3 kg au Pérou. En 2025, l’écart s’est creusé : 2,5 kg au Pérou et plus de 4 kg en France.
The British Asparagus Conference, hosted by the Asparagus Growers Association, is scheduled for Wednesday 26 June 2024 at Cobrey Farms, Coleraine Buildings, Ross-on-Wye. The conference offers a comprehensive programme tailored to address key aspects of asparagus cultivation and production.
A trade exhibition alongside the event
The morning sessions will feature presentations covering various topics, followed by demonstrations in the afternoon focusing on harvesting aids designed to streamline operations and reduce labour costs, as well as viewing asparagus field trials. Additionally, delegates will have the opportunity to tour the packhouse and machinery, gaining valuable insights into the latest advancements in the industry. Running alongside the event will be a trade exhibition, providing delegates with the chance to explore offerings from a range of companies and network with fellow industry professionals. The networking lunch will further facilitate discussions among growers, agronomists, machinery companies, and other associated industries. For businesses seeking to elevate their brand visibility within the industry, sponsorship opportunities are available. Additionally, there will be a drinks reception and conference dinner on the evening of Tuesday 25 June 2024 at The Feathers Hotel, High Street, Ledbury.
For more information please contact Pauline Sutton : pauline.sutton@britishgrowers.org.
Read Aspargus World No.6 and take a journey into a world of asparagus to unsuspected destinations such as Lesotho or Namibia, or distant ones such as Tasmania or Ecuador. It also means travelling into the future with the adaptation of varieties to harvesting robots. Asparagus World No.6 also proves that asparagus cultivation techniques are ever evolving. Deep soil preparation is an innovation to improve the profitability of a crop. Knowledge of diseases, such as Fusarium, is also essential.
A macro-economic analysis of the asparagus sector
The irrigation dossier shows the importance of water as a factor in yield. Adapting water supplies to the plant’s needs is crucial. And mastery of irrigation techniques is essential. This magazine also offers a macro-economic analysis of the global asparagus sector. It provides the elements to enable understanding and reflection to understand the stakes and economic balances of asparagus cultivation and trade.
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