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Appel à accélérer le développement de l’agriculture de précision pour les producteurs d’asperges en Chine

La culture d’asperges en Chine a débuté dans les années 1970 et s’est depuis considérablement développée. Le pays est aujourd’hui le premier producteur mondial, avec une superficie d’environ 100 000 hectares consacrée à l’asperge, dont 60 % de la production est concentrée dans seulement cinq provinces. Le marché chinois de l’asperge était estimé à environ 32,44 milliards de dollars US en 2023, et pourrait atteindre 40,79 milliards de dollars d’ici 2029, porté par un taux de croissance annuel de 3,9 %. Environ 70 % de la production nationale est consommée sur place – les consommateurs chinois préférant l’asperge verte – et le reste est exporté. Face à la demande croissante, tant intérieure qu’internationale, des efforts sont nécessaires pour développer et renforcer encore cette filière. Le secteur est toutefois confronté à plusieurs défis, notamment des rendements moyens inférieurs à ceux enregistrés en Europe, ce qui entraîne un taux de perte avoisinant les 40 % avant même que le produit n’atteigne le consommateur.

Ce qui freine le développement de la culture d’asperges en Chine

Le développement de la filière asperge en Chine se heurte à plusieurs limites structurelles. Le marché des semences manque de structuration, avec une pénurie de semences de qualité. Les techniques culturales sont encore en retard, et la filière souffre notamment de maladies comme la brûlure des tiges. Pour surmonter ces obstacles, les chercheurs ont lancé un programme de sélection variétale axé sur le développement de cultivars d’asperge résistants au froid (jusqu’à -35 °C), tolérants aux sols salins (jusqu’à 0,4 % de salinité) et alcalins, ainsi qu’aux maladies. Ces efforts ont déjà permis de proposer plus de 30 variétés commerciales disponibles sur le marché.

Une approche trop uniforme de la culture

La gestion de la culture de l’asperge en Chine repose encore trop souvent sur une approche généralisée. Plus de la moitié des producteurs chinois sont des néo-agriculteurs, attirés par les perspectives de profit. Ils se forment principalement grâce aux centres techniques agricoles locaux ou aux conseils de voisins plus expérimentés. Pour gérer la fertilisation et l’irrigation, beaucoup se fient au « Green Asparagus Book », un guide de référence élaboré par les centres de recherche agricole locaux. Ce manuel est apprécié pour la clarté et l’exhaustivité de ses consignes. Cependant, en proposant des procédures standardisées, il ne prend pas toujours en compte les particularités locales, climatiques ou géographiques. Dans des conditions exceptionnelles, comme les changements climatiques soudains ou des sols atypiques, cette approche unique peut s’avérer inadaptée.

Appel à des technologies de précision à bas coût

L’intégration de technologies d’agriculture de précision dans la culture de l’asperge joue un rôle central dans l’optimisation des pratiques culturales et la promotion d’une croissance durable. En Europe, les producteurs bénéficient de nombreux outils de précision, soutenus par la PAC (Politique Agricole Commune). En Chine, à l’inverse, ces outils sont peu utilisés, les agriculteurs se reposant souvent sur leur expérience ou des guides standards. Le coût est un frein majeur, d’autant que les exploitations sont de taille modeste – en moyenne 2 hectares – et que les asperges sont vendues à des prix relativement bas, autour de 1 000 dollars par tonne. Dans ce contexte, Dean JiQin Yu (Asparagus Industry Research Center, WFIT, Chine) souligne la nécessité urgente de développer des technologies de précision accessibles, adaptées à la réalité économique des producteurs chinois.

Le potentiel de la fusion de capteurs

La fusion de données issues de capteurs, via des drones ou des images satellites, offre un grand potentiel. Ces technologies permettent de collecter des informations précieuses sur l’état sanitaire des cultures, les modèles de croissance et les facteurs de stress. Des analyses de sol peuvent également être utilisées pour évaluer les niveaux de nutriments et le pH, orientant ainsi les besoins en fertilisation. Des sociétés spécialisées dans la fusion de données et leur interprétation à l’aide de l’intelligence artificielle peuvent aider à combler le fossé entre la technologie et les agriculteurs. Elles proposent des outils de gestion permettant d’exploiter ces données pour améliorer les pratiques culturales. Ce type de solution représente un investissement judicieux, car il fournit un appui technique essentiel et permet de quantifier et visualiser de nombreux aspects de la culture de l’asperge.

Systèmes automatisés de ferti-irrigation à débit variable

La fertilisation et l’irrigation représentent une part importante des coûts de production, tant en intrants qu’en main-d’œuvre. Certains producteurs chinois ont expérimenté des systèmes de ferti-irrigation locaux, mais ces derniers restent souvent rudimentaires, sans base de données fiable. Pour les producteurs utilisant l’irrigation par inondation, des prescriptions peuvent aider à déterminer précisément la durée des apports. Les exploitants équipés de systèmes de goutte-à-goutte modifiés pourraient quant à eux tirer parti de la technologie VRA (Variable Rate Application) pour ajuster le débit des goutteurs en fonction des besoins. Cette précision permettrait d’augmenter les rendements et de réduire les coûts.

La récolte robotisée : une piste à explorer

La culture d’asperge reste très gourmande en main-d’œuvre, un facteur aggravé par la hausse de 52 % des coûts de main-d’œuvre dans le monde au cours des cinq dernières années. Le développement de robots de récolte économiques pourrait représenter une solution d’avenir pour réduire la dépendance au travail manuel et améliorer l’efficacité.

Évaluer les technologies de précision

L’objectif du recours à des technologies d’agriculture de précision accessibles dans la culture d’asperges en Chine est de mettre en place un système plus efficace, respectueux de l’environnement, garantissant de meilleurs rendements et une qualité supérieure. Avant toute mise en œuvre, il est nécessaire d’évaluer les impacts potentiels de ces technologies. L’Université de Bologne, en Italie, travaille actuellement sur un cadre intégré combinant l’analyse du cycle de vie économique (LCC), environnemental (LCA) et social (S-LCA). L’espoir est que l’application de ces outils permette une meilleure gestion des engrais et une réduction significative des émissions de CO₂ et de nitrates (NO₃), contribuant ainsi à une agriculture plus durable dans son ensemble.

La production allemande d’asperges poursuit sa tendance à la baisse

Malgré un ensoleillement abondant en mars, la saison des asperges a commencé lentement cette année en Allemagne, rapporte Claudio Glaesser, analyste du marché horticole chez AMI. Il explique que les températures nocturnes constamment froides, souvent accompagnées de gel, ont freiné le développement des plantes. « Les exploitations disposant de champs chauffés et de plusieurs couches de protection ont clairement eu un avantage, tandis que les parcelles simplement couvertes n’ont commencé à produire des volumes commercialisables qu’en avril. »

Le démarrage de la saison a été inégal selon les régions, notamment en Allemagne de l’Est, où la récolte a été retardée avant de rattraper son retard grâce à un changement météorologique juste avant Pâques. En raison de cette lente mise en production, les volumes d’achat par les ménages en mars sont restés faibles et nettement en dessous des niveaux de l’année précédente, où une Pâques précoce avait accéléré la demande en début de saison.

Tout au long du mois d’avril, la pénétration du marché est restée inférieure à celle de l’année précédente – à l’exception de la semaine précédant Pâques. « La demande autour de Pâques a été forte sur tous les canaux : vente directe, marchés de gros et grande distribution ont enregistré de bonnes ventes. Même après les fêtes, l’offre est restée limitée, évitant ainsi toute situation de surproduction sur le marché. Les rendements n’ont augmenté que progressivement, ce qui a contribué à maintenir une situation de marché stable. »

Par ailleurs, la baisse continue des surfaces consacrées à l’asperge et de l’établissement de jeunes plantations devrait, à moyen terme, encore restreindre l’offre. « Globalement, la production d’asperges en Allemagne est en déclin depuis plusieurs années, avec des effets tangibles sur le marché intérieur », conclut Claudio Glaesser.

Sources include:
https://www.destatis.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/2025/04/PD25_N015_41.html?templateQueryString=spargel
https://www.destatis.de/EN/Themes/Economic-Sectors-Enterprises/Agriculture-Forestry-Fisheries/Fruit-Vegetables-Horticulture/Tables/1-1-organic-farming.html
https://www.dw.com/en/germanys-asparagus-season-shrinking/a-72123100

Italie : entre pénurie de main-d’œuvre et changement climatique

La production italienne couvre les trois types d’Asparagus officinalis : les asperges vertes (70 %), blanches (25 %) et violettes (5 %). Les asperges vertes sont cultivées dans toutes les régions italiennes, du nord au sud ; les blanches sont également répandues, mais particulièrement présentes dans le nord-est du pays ; tandis que les asperges violettes se retrouvent dans le nord-ouest, notamment en Ligurie.

Asperges blanches de haute qualité

L’asperge couvre au total 8 300 ha de la péninsule italienne. Mais la production est concentrée dans les Pouilles, qui assurent environ 45 % du total national, suivies par la Vénétie (23 %), l’Émilie-Romagne, le Latium et la Campanie (6 % chacune). La culture sous serre concerne environ 500 ha, principalement en Campanie. En 2024, l’Italie a produit environ 45 000 tonnes d’asperges. Une fois lissées les différences entre les zones de production du nord et du sud, accentuées par les effets du changement climatique, le rendement moyen national s’élève à 5,5 t/ha. En 2024, l’Italie exportait toujours plus qu’elle n’importait, avec environ 7 850 tonnes expédiées, principalement des asperges vertes vers l’Europe du Nord, entre mars et juin – surtout en mars et avril. Le pays a aussi trouvé un débouché intéressant au Japon pour ses asperges blanches de haute qualité (comme l’Asparago Bianco di Bassano AOP). Les importations s’élevaient à seulement 2 650 tonnes, provenant surtout d’Espagne, du Pérou et du Mexique, entre février et mai.

Des variétés bien adaptées aux différents contextes

L’Italie cultive de nombreuses variétés d’asperges en raison de l’étendue nord-sud de sa zone de production (1 200 km). Dans le sud, les variétés américaines F1 telles que UC 157, Grande et Atlas dominent, mais on y trouve aussi des variétés néerlandaises (Starlin, Vegalim, Lunalim) et italiennes (Italo, Vittorio). Dans le nord, les variétés destinées à la production d’asperges vertes sont en grande partie d’origine italienne (Athos, Eros, Ercole, Giove, Franco, Vittorio), mais on y cultive aussi de nombreux hybrides néerlandais comme Avalim, Grolim, Thielim, Vitalim, Verdus. Pour les asperges blanches, les hybrides néerlandais Avalim, Grolim, Prius et Thielim sont courants. Des hybrides italiens comme Giove, Vittorio, Zeno, ou encore la variété allemande Cumulus sont également utilisés pour la production d’asperges vertes ou blanches. On retrouve aussi des cultivars français : Darzilla pour les asperges vertes, Dariana pour les blanches. D’autres variétés existent, car il est toujours difficile de trouver la variété idéale selon le contexte. Ces deux dernières années, la pénurie de semences italiennes et américaines a conduit à davantage d’investissements dans les variétés néerlandaises. Les essais montrent que ces variétés offrent de très bonnes performances les premières années, mais qu’elles perdent en rendement au fil du temps, contrairement aux variétés italiennes qui gagnent en productivité et en longévité.

Besoin de variétés adaptées au changement climatique

Le manque de main-d’œuvre est l’un des principaux freins à l’expansion des surfaces plantées. Cette pénurie est devenue un véritable obstacle et provoque une hausse du coût horaire. Les coûts de production augmentent également, du fait de la hausse des prix des intrants (engrais, produits phytosanitaires) et des bâches plastiques utilisées pour l’asperge blanche. Par ailleurs, ces dernières années, les conditions climatiques atypiques ont fait chuter les volumes récoltés : printemps froids et pluvieux, étés très chauds. En 2024, la région des Pouilles a subi plus de 14 jours à plus de 40°C, avec des pics à 45°C, affectant fortement la croissance végétative des plantes et les revenus des producteurs. Face à cela, il est urgent de développer de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies printanières en environnement humide dans le nord du pays, et plus tolérantes à la sécheresse et aux fortes chaleurs dans le sud.

Un record européen de labels de qualité

Booster la consommation d’asperges en Italie reste difficile. Les données des 3-4 dernières années montrent que seulement 45 % des familles italiennes consomment des asperges au moins une fois par an. La consommation moyenne par foyer est de seulement 2,7 kg, un chiffre limité par le coût élevé des asperges blanches et vertes, vendues principalement en grande distribution. L’asperge peine aussi à séduire la jeune génération, qui la considère comme difficile à cuisiner. En revanche, un point positif concerne les signes de qualité : l’Italie détient le record européen avec six labels AOP et IGP. Pour les asperges blanches : Cimadolmo IGP, Badoere IGP, Cantello IGP, Bassano AOP (très populaire). Pour les vertes : Canino IGP et Altedo IGP.

Un nuage d’incertitude marque le début des récoltes aux États-Unis

L’appétit pour les asperges fraîches reste fort aux États-Unis, avec des ventes au détail atteignant près de 893 millions de dollars chaque année. Pourtant, la production nationale est déjà en déclin, affectée par des coûts élevés et une pénurie de main-d’œuvre – une situation compliquée cette année par les durcissements des politiques migratoires et les menaces tarifaires. À l’heure où les premières asperges du Minnesota devaient arriver en rayons (autour du 8-10 mai), l’incertitude reste grande quant aux effets commerciaux que ces évolutions pourraient entraîner pour ce légume devenu populaire sur l’un des plus grands marchés mondiaux.

Les ventes d’asperges bio en hausse

Selon les données de Circana* sur 12 mois se terminant au 23 février, les ventes d’asperges fraîches aux États-Unis ont représenté un total de 892,6 millions de dollars, en baisse de 1,9 % par rapport à l’année précédente. Cependant, les ventes d’asperges bio ont atteint 97,3 millions de dollars (+7,4 %), tandis que les ventes conventionnelles ont baissé de 2,9 %, s’établissant à 795,3 millions de dollars. Les ventes conventionnelles représentent 89 % du total, contre 11 % pour le bio.

Côté volumes, on note un recul de 2 % toutes catégories confondues, avec une hausse de 4,3 % pour le bio et une baisse de 2,6 % pour le conventionnel. Les asperges vertes concentrent presque 99 % des dépenses en asperges fraîches au détail, suivies des pointes d’asperges (0,7 %), des blanches (0,17 %), des violettes (0,04 %) et autres catégories (0,16 %).

Le prix moyen unitaire toutes catégories confondues était de 3,31 dollars, en hausse de 0,1 % sur un an. Le prix des asperges conventionnelles a légèrement baissé (-0,3 % à 3,29 $), tandis que celui des bio a augmenté de 3 % (3,53 $). Les données de l’USDA pour la période de Pâques – moment fort de consommation – indiquent un prix moyen de 2,65 $/lb pour les asperges vertes fraîches, en baisse de 13 % par rapport à l’année précédente, tandis que les asperges bio affichaient une hausse de 3,2 % (4,51 $/lb).

Une production nationale en baisse constante

Dans le Michigan, principal État producteur, la valeur de la récolte 2024 est estimée à 24,5 millions de dollars, en recul de 18,5 % (soit -5,57 millions) par rapport à 2022. Les surfaces récoltées sont passées de 9 800 acres à 7 500 acres (soit 3 035 ha), selon les données de l’USDA. L’université de l’État du Michigan souligne les difficultés rencontrées par la filière : « Comme pour beaucoup d’autres productions, la hausse des coûts de main-d’œuvre compromet la rentabilité du secteur de l’asperge. ». Dans son rapport de mars 2025, The Outlook for Michigan Agriculture 2025, l’université met en avant les incertitudes importantes qui pèsent sur les exploitations : tensions commerciales, risque de récession, hausse prévisible du coût du travail, pénurie persistante de main-d’œuvre.

Les menaces tarifaires assombrissent les perspectives commerciales

Jusqu’à 90 % de la consommation américaine d’asperges fraîches est couverte par les importations, principalement en provenance du Mexique et du Canada, deux pays menacés par les mesures tarifaires envisagées par l’administration Trump, tout comme la Chine. En 2024, le Mexique a représenté 65,6 % des importations américaines, contre 33 % pour le Pérou et seulement 0,9 % pour le Canada.

Dans une note de mars, le distributeur américain Markon Cooperative indiquait : « Si des droits de douane sont imposés sur les produits mexicains, le Pérou pourrait jouer un rôle d’amortisseur, mais il ne pourra pas satisfaire à lui seul la demande nationale. »

Giancarlo Riva (Ernst & Young Pérou) déclarait à la même période que de tels droits de douane pourraient ouvrir des opportunités pour les exportations péruviennes (notamment l’avocat ou l’asperge), mais certains analystes soulignent que de telles mesures protectionnistes pourraient provoquer une hausse des coûts logistiques, perturber les habitudes de consommation et générer une inflation. En période d’incertitude, les investissements ont tendance à ralentir voire à s’interrompre.

Quant aux producteurs américains, si les tarifs douaniers peuvent théoriquement rendre leurs produits plus compétitifs, des mesures de rétorsion tarifaire pourraient augmenter leurs coûts (engrais notamment) et affecter la consommation si l’approvisionnement annuel est perturbé ou si les prix au détail s’envolent.

* Circana OmniMarket™ Integrated Fresh

Sources include:
https://msu-prod.dotcmscloud.com/resources/
the-outlook-for-michigan-agriculture-2025
https://www.ams.usda.gov/mnreports/fvwretail.pdf
https://www.markon.com/update-asparagus-51

 

 

Asparagus World n°7 est arrivé ! Découvrez dès maintenant notre édition 2025

À l’image des premières asperges au printemps, le nouveau numéro du magazine Asparagus World, 100 % dédié à l’asperge, vient de sortir !

Plongez dans Asparagus World n°7 et découvrez pourquoi l’asperge est une excellente candidate à la robotisation. Partez pour un tour du monde de l’asperge, des États-Unis au Pérou, en passant par la Chine et l’Europe… et voyez pourquoi la Pologne passe du blanc au vert.

Lisez le numéro 7 en ligne dès maintenant ou abonnez-vous gratuitement à la version imprimée !

 

International Asparagus Days and International Berries Days in France in October

After the success of the last 4 editions, the 5th edition of International Asparagus Days will take place in Bordeaux (France) from 7 to 9 October 2025. The event will be held in association with the 1st edition of International Berries Days. Macfrut, the international trade fair for the fruit and vegetable sector in Italy, Befve&Co, and Interco Nouvelle-Aquitaine are organising two international professional events to bring together the entire asparagus and soft fruit sector. « There is an obvious complementarity between these productions. Asparagus producers are also producers of berries, many suppliers offer a range of products for these crops, and marketers have a common offer of asparagus and red fruits, » explain the organisers to the two sectors.

More than 100 specialised exhibitors

Organisers expect a large international participation of visitors. Already German, Spanish, Peruvian, and Turkish delegations are expected. More than 100 specialised exhibitors will be present on 8 and 9 October. These days will be devoted to visits to stands of plant material and equipment, services and marketers, to outdoor demonstrations (preparation, planting, maintenance and harvesting equipment, etc.), to pitches and technical workshops led by exhibitors and sponsors. 7 October and 10 October (optional) are devoted to visits to leading French farms (click here to see the program). International Asparagus Days and International Berries Days are free events with prior registration required (click here to register).

Deux équipements pour asperges récompensés à l’ExpoSE 2024

4Disc : Cultivateur de coupe pour un travail du sol très superficiel en inter-rangs

À l’occasion d’une première mondiale lors d’un salon international, 4Disc présente l’InterCut, un cultivateur de coupe conçu pour le travail du sol ultra-superficiel et en surface complète dans l’espace entre les buttes. L’InterCut travaille à partir de 1 cm de profondeur grâce à des disques tranchants en rotation horizontale permanente, qui sectionnent les mauvaises herbes avec précision au niveau du collet racinaire. Le tranchant acéré, combiné à l’angle d’attaque, maintient une porosité ouverte du sol.

Le cultivateur peut être réglé de manière pratique et précise sur une profondeur de 1 à 12 cm à l’aide de broches. Les disques coupants à deux rangées sont suivis de la herse « Turn Over » à trois rangées, dont la conception angulaire spécifique permet un usage sécurisé : elle dépose les adventices de manière lâche en surface pour les faire sécher.

L’InterCut est monté sur un tracteur à voie étroite. Selon le fabricant, le travail ultra-superficiel est garanti. Le système 4Disc est économe en carburant et facile à tracter.

Harlander Landtechnik (Aresing, Allemagne) : Trappe de service hydraulique pour butteuse à asperges

En première mondiale, Harlander Landtechnik lance la butteuse à asperges SDF-168 MSL, équipée d’une trappe de service hydraulique. Ces trappes à large ouverture facilitent considérablement le nettoyage de la machine et le remplacement des batteurs. Ces opérations peuvent désormais être effectuées simplement par le haut, en passant par les trappes ouvertes.

Cela réduit considérablement le temps nécessaire à la maintenance et au nettoyage, tout en améliorant la sécurité des opérateurs. Harlander a également mis au point différentes formes et matériaux de trappes, permettant une meilleure adaptation de la butteuse aux différentes conditions de sol. Les trappes sont interchangeables et les sections latérales du carter peuvent être entièrement ouvertes. L’intérieur de la machine a été conçu sans angles morts difficiles à nettoyer.

Comment limiter les risques liés à la replantation de l’asperge ?

L’AOPn Asperges de France a consacré sa 6e journée technique, début octobre, au thème de la replantation de l’asperge. Cette pratique, encore peu fréquente en France, tend toutefois à se développer en raison de la spécialisation des exploitations et du manque de parcelles « vierges » pour l’asperge. Lors de cette journée, Christophe Paillaugue, président d’Asperges de France, a estimé : « Sur les 6 000 ha d’asperges cultivés en France, environ 500 à 600 ha sont replantés chaque année, avec un faible pourcentage de replantation sur la même parcelle. ». Cependant, cette situation tend à se généraliser et est également observée dans d’autres pays producteurs, notamment en Allemagne. « Planter de l’asperge sur de l’asperge peut donner des résultats décevants, avec des rendements plus faibles les premières années et des pertes de plants, » explique Adèle Sahut, d’Asperges de France. Les pertes peuvent atteindre jusqu’à 30 %, avec une réduction de trois ans de la durée de vie de l’aspergeraie. Cela est dû aux champignons du sol pathogènes pour l’asperge (Fusarium, Rhizoctonia), aux autotoxines libérées par les racines de la culture précédente et au phénomène plus global de « fatigue des sols ».

Plusieurs interventions ont permis d’identifier l’activité microbienne des sols de façon élargie. « Les champignons et bactéries contribuent à la stabilité du sol. La perte de diversité et d’activité entraîne une baisse de la minéralisation et donc du rendement des cultures, » précise Émile Benizri, enseignant-chercheur à l’INRAE.

20 ans de replantation d’asperges sur asperges

Carmen Feller, chercheuse à l’Institut Leibniz (Allemagne), a présenté les résultats du programme Newsoil 21, qui a permis d’évaluer pendant cinq ans (2017-2021) différentes méthodes de prévention : apports de matière organique, biofumigation, inoculation de micro-organismes, résistance variétale.

De son côté, Christian Befve, consultant international, a présenté la méthode « hors-sol / en-sol », qui consiste à créer un volume homogène de sol avant plantation, grâce à des apports de compost et de micro-organismes par un outil type rotospader.

Lors d’une table ronde, David Ducourneau, producteur d’asperges dans les Landes, a partagé ses vingt années d’expérience en replantation sur asperges – parfois trois cultures successives sur certaines parcelles – en soulignant l’importance du drainage.

Selon l’expérience d’Ophélie Lendani, technicienne chez MaïsAdour, accompagnant trois producteurs d’asperges, la replantation sur la même parcelle entraîne des baisses très marquées de rendement, pouvant aller jusqu’à 40 % dès la 4e année de récolte.

L’après-midi de travail sur le terrain, dans les aspergeraies de Planasa, a permis à la centaine de participants d’assister à la présentation de solutions biologiques proposées par Innovak Global et Medinbio, ainsi qu’à l’observation de profils culturaux dirigée par deux expertes : Céline Collin Bellier, directrice de Solenvie, et Emmanuelle Choné, agro-pédologue chez Agronomie Terroirs.

expoSE et expoDirekt : la stabilité confirme la spécialisation

La 28e édition de l’expoSE – salon européen de la production d’asperges et de petits fruits – et la 13e édition de l’expoDirekt – salon dédié à la vente directe – ont accueilli plus de 5 200 visiteurs professionnels les 20 et 21 novembre au parc des expositions de Karlsruhe. Parmi les 440 exposants, près de 16 % participaient pour la première fois. « L’ambiance générale du duo de salons était plus confiante que l’an passé, et les exposants interrogés au hasard ont indiqué que le nombre de projets d’investissement allait de nouveau augmenter », indique Simon Schumacher, organisateur des salons expoSE et expoDirekt. 84 % des participants se sont dits convaincus par le salon et reviendront.

Trois prix de l’innovation pour l’asperge et la fraise

« La fréquentation stable mais légèrement inférieure reflète à la fois la concentration du secteur et l’intérêt constant pour les nouveautés et les échanges professionnels, comme en témoigne la popularité des forums spécialisés », souligne le responsable. Trois prix de l’innovation ont été décernés pour chacun des deux salons : expoSE et expoDirekt. Les prix de l’innovation expoSE ont été attribués à 4Disc (Dortmund) pour son InterCut, un outil de travail du sol ultra-superficiel entre les rangs d’asperges ; à Harlander Landtechnik pour sa fraise rotative pour buttes d’asperges avec trappe de service hydraulique ; et à Hexafarms (Berlin) pour son système intelligent de prévision de rendement pour fraises et petits fruits sous tunnel. Les prix de l’innovation expoDirekt sont allés à deux entreprises partenaires, getpacked et Click & Collect Service pour leur solution getpacked & collect – qui permet des achats en ligne avec retrait dans des distributeurs automatiques ; à Pflanzentheke (Lorsch) pour son système de ferme verticale intelligente dédiée à la vente directe ; et à Schwab Automaten (Packmatisch – Munich) pour le HofKiosk, un distributeur automatique doté d’un système de plateaux. Le prochain duo de salons expoSE & expoDirekt, ainsi que les quatre forums associés (voir encadré), auront lieu du 19 au 20 novembre 2025 à Karlsruhe.

Photos et vidéos disponibles sur : www.expo-se.de/en/press-impressions-videos-photos-videos

Succès pour les 4 forums spécialisés

La 35e Journée de l’asperge a attiré un large public avec un programme axé sur des sujets techniques : replantation, retour de la mouche de l’asperge, viabilité économique de la culture, et réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. Elle a également permis de faire un point sur la culture et la commercialisation de l’asperge verte en Andalousie et de partager des informations récentes sur la filière.

Le forum technique petits fruits, pour sa 2e édition, a réuni près de 80 participants. Il a mis en lumière l’importance de la gestion culturale basée sur les données, permettant une croissance optimisée des plantes, des économies d’énergie, et une planification plus fiable des récoltes robotisées. Ces éléments techniques doivent également faciliter le passage de la culture en pleine terre à la culture sur substrat, tout en simplifiant l’irrigation.

Enfin, le forum vente directe, co-organisé par le magazine professionnel HOFdirekt et la VSSE, a parfaitement rempli sa mission avec des thématiques sur le « Smart Shopping » et « La boutique à la ferme comme marque ».

Portugal : Asperges vertes de Pedro

Installé dans le nord-est du Portugal, à Porto, Pedro Martins Da Costa est avant tout viticulteur. Mais son envie de diversifier sa production l’a conduit à se tourner vers l’asperge. « C’est un produit sain, différent du raisin, et qui possède une grande valeur gustative et économique », explique-t-il. C’est ainsi qu’il s’est rendu en France, au sud de Bordeaux, pour apprendre à cultiver l’asperge avant de lancer sa propre plantation en 2018.

Faire durer la récolte le plus longtemps possible

Aujourd’hui, il cultive 5 hectares d’asperges répartis sur plusieurs parcelles de son exploitation. Il privilégie des zones bien exposées, situées en bas de pente sur des sols très fertiles, ou en haut de colline sur des sols plus sableux. C’est la première fois que ce terrain accueille cette culture. Principalement vertes et cultivées dans un environnement très protégé, ses asperges sont labellisées bio.

« J’ai planté trois variétés de Planasa avec des précocités différentes afin d’échelonner ma période de production », indique-t-il. Placosesp est une variété précoce, rustique et très productive, tandis que Darzilla et Darvador sont vigoureuses et robustes. Pour gagner en précocité (+15 jours), il utilise des mini tunnels et, pour les asperges blanches, il recouvre les buttes de plastique blanc afin de limiter leur réchauffement et ainsi prolonger la récolte.

« Un travail très gratifiant »

Pour Martins Da Costa, une longue saison de récolte est essentielle pour garantir à ses clients un approvisionnement étalé dans le temps. En moyenne, ses rendements s’élèvent à 7–8 tonnes/ha, avec des pics allant jusqu’à 11 tonnes selon l’âge des plantations et les parcelles. Ses asperges sont commercialisées sous la marque Espargos verdes, vendues en direct à des restaurants, magasins bio et particuliers.

« Depuis le Covid, nous avons développé la vente directe, avec la possibilité de livrer une botte d’asperges partout dans le pays dès le lendemain de la commande », explique-t-il. Très actif sur les réseaux sociaux et auprès des chefs, le jeune producteur mise sur la communication pour valoriser sa production. « C’est un travail à la fois bien rémunéré et très gratifiant », affirme-t-il. Son objectif : développer encore la vente directe, augmenter légèrement sa surface d’asperges et se diversifier, notamment avec des petits fruits.