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« Saison des asperges en dessous des attentes, avec un prix pour les classe II supérieur à la moyenne » par Goertz Asparagus BV et FreshPlaza

« Saison des asperges en dessous des attentes, avec un prix pour les classe II supérieur à la moyenne »

Bien que la saison des asperges se termine traditionnellement le jour de la Saint-Jean, Franc Goertz, de Goertz Asperges à Maria Hoop dans le Limbourg, affirme qu’elle arrive à sa fin. « Au cours des deux prochaines semaines, nous serons principalement occupés à rouler le plastique, à désherber et à labourer les champs. »

Goetz qualifie la saison d’extrêmement moyenne. « Les ventes ont été correctes, mais nous n’avons pas connu de véritable flambée des prix. L’offre a été suffisante et c’est surtout lorsqu’il y a eu des températures de 30 °C que la disponibilité a explosé et qu’il a été difficile de maintenir la qualité. C’est aussi à ce moment-là que de nombreux champs ont été délaissés. »

Selon le producteur, la commercialisation se concentre de plus en plus sur la grande distribution. « Cela revêt deux faces : d’une part, ils peuvent absorber de gros volumes, mais d’autre part, ils ne paient plus les prix élevés d’autrefois. Cette saison toutefois, la classe II est restée à des prix plus que corrects, ce qui était parfois le cas les autres années. »

Goetz entrevoit un avenir positif pour la culture de l’asperge. « De plus en plus de producteurs s’arrêtent et il n’y a pas ou peu d’expansion, je m’attends donc à ce qu’un marché sain subsiste pour ceux qui restent. J’ai moi-même choisi d’étendre ma superficie cette saison, à contre-courant de la tendance. »

Pour l’instant, le producteur limbourgeois n’a pas de difficulté à trouver du personnel et gère toutes les activités liées à la culture en interne. Pour ce faire, il dispose sur l’exploitation de 13 appartements entièrement équipés pouvant accueillir 8 personnes pendant la période de pic. Bien les nombreux essais d’automatisation de récolte depuis des années, Goetz estime que les techniques ne sont pas encore à la hauteur pour la pratique. « Pour moi, nous continuerons encore un certain temps à récolter à la main. »

Pour plus d’informations :
Franc Goertz
Goertz Asparagus BV
info@goertzasperges.nl
www.goertzasperges.nl

Agrivoltaïsme : un démonstrateur dédié aux petits fruits et légumes inauguré à Sainte-Livrade-sur-Lot avec Insolight, In Venio, JPee par FreshPlaza

Agrivoltaïsme : un démonstrateur dédié aux petits fruits et légumes inauguré à Sainte-Livrade-sur-Lot

À Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne), les sociétés JPee, Insolight et Invenio ont inauguré un démonstrateur agrivoltaïque de 2 000 m² consacré à l’expérimentation sur les fraises et les framboises. L’installation associe production agricole et production d’énergie renouvelable grâce à une ombrière photovoltaïque pilotée, tout en alimentant une boucle d’autoconsommation collective locale. L’objectif est double : évaluer l’intérêt agronomique de cette technologie pour les cultures de petits fruits et produire de l’électricité au plus près des besoins du territoire.

Les premières expérimentations concernent la fraise et la framboise
Mis en service en août 2025, le site développe une puissance de 145 kWc pour une production annuelle estimée à environ 200 MWh, soit l’équivalent de la consommation électrique d’une centaine de foyers hors chauffage. L’exploitation est prévue pour une durée de 35 ans.

La structure repose sur la technologie développée par Insolight, combinant des panneaux solaires semi-transparents et bifaciaux à un écran de protection réfléchissant et pilotable. Ce dispositif permet d’ajuster en temps réel la quantité de lumière reçue par les cultures et de les protéger des intempéries en fonction de leurs besoins et des conditions climatiques.

L’ambition est de créer un microclimat favorable au développement des cultures tout en maintenant une production d’électricité renouvelable. Les premières expérimentations concernent la fraise et la framboise, deux productions particulièrement sensibles aux aléas climatiques.

Des essais envisagés sur poivron, aubergine et asperge
Le démonstrateur est implanté sur le site d’Invenio, station d’expérimentation de référence en Nouvelle-Aquitaine et membre du réseau national IRFEL. L’inauguration marque le lancement d’un programme de recherche agronomique pluriannuel visant à mesurer les performances des cultures sous couverture agrivoltaïque.

Pendant trois ans, les équipes suivront notamment les rendements, la qualité des récoltes ainsi que le comportement des plantes sous cette structure pilotée. L’objectif est d’évaluer la capacité de l’installation à protéger les cultures des épisodes climatiques extrêmes tout en préservant leur potentiel de production.

À plus long terme, le programme devrait être élargi à d’autres espèces légumières. Des essais sont déjà envisagés sur la carotte, le poivron, l’aubergine et l’asperge afin d’identifier les cultures les plus adaptées à cet environnement contrôlé.

Un consortium réunissant énergie et expertise agronomique
Le projet est porté par un consortium franco-suisse réunissant trois acteurs aux compétences complémentaires.

JPee assure le développement, le financement et l’exploitation de la centrale photovoltaïque ainsi que la mise en œuvre de la boucle d’autoconsommation collective. Insolight conçoit et fournit les solutions agrivoltaïques destinées aux différentes productions agricoles. Invenio accueille le démonstrateur sur son site et pilote le programme de recherche agronomique mené sous l’installation.

Le projet bénéficie du soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine et du programme européen Eurostars, dédié à l’accompagnement des consortiums innovants à dimension transfrontalière.

Accompagner l’adaptation des cultures au changement climatique

Au-delà des résultats attendus sur la production d’énergie, les partenaires présentent ce démonstrateur comme un outil d’expérimentation destiné à accompagner l’adaptation des cultures fruitières et légumières aux nouvelles contraintes climatiques.

Les données agronomiques et énergétiques qui seront collectées au cours des prochaines années feront l’objet de communications régulières afin de favoriser le transfert de connaissances vers les producteurs, les instituts techniques et les collectivités.

Comme le souligne Gaël Nardin, responsable R&D d’Insolight, l’installation doit permettre de valider sur le terrain les solutions agrivoltaïques développées par l’entreprise en associant protection des cultures et production d’énergie renouvelable, avec l’objectif de fournir aux agriculteurs de nouvelles références techniques face aux défis du changement climatique.


Pour plus d’informations :
Avenue de Longemalle 9, 5th Floor, 1020 Renens,
Suisse
www.insolight.ch

« Trois semaines de prix élevés puis trois autres bon marché, c’est la même chaque saison » par Fons Nooyens, de Aspergebedrijf Nooyens (Belgique) et FresPlaza

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« Trois semaines de prix élevés puis trois autres bon marché, c’est la même chaque saison »

La saison des asperges chez Aspergebedrijf Nooyens est plutôt calme et stable pour le moment. Selon Fons Nooyens, il n’y a pas de pics extrêmes cette année, notamment parce que le printemps a été relativement frais. « Dès qu’il fait plus chaud, on observe normalement une augmentation immédiate de la demande, mais cet effet est resté plus limité cette année. »

Jan et Fons Nooyens

L’exploitation de Poppel, en Flandre, qu’il dirige avec son fils Jan, s’est pleinement lancée dans la culture de l’asperge en 2010. Le démarrage s’est fait avec 1,5 ha de serre et 3 ha de culture en plein air. Depuis lors, la surface de culture en plein air s’est étendue à environ 30 ha, tandis que la surface de serre est restée telle quelle. Cette année, les premiers volumes sont arrivés en avance depuis la serre. Entre-temps, le gros de la saison est passé, selon Nooyens. « Les gros volumes sont derrière nous et fin mai, c’est généralement le cas pour tous les producteurs. Il ne nous reste plus qu’à attendre la St Jean, date à laquelle la saison des asperges s’achève traditionnellement. »

Bonne saison de croissance et forte production
Avec le recul, Nooyens constate que la saison n’a guère été différente des autres années. « Au cours d’une saison, les asperges alternent toujours de prix élevés pendant trois semaines puis bon marché pendant les trois suivantes. C’est le moment exact où cela se produit qui reste imprévisible, mais au bout du compte, on obtient plus ou moins la même chose. »

Cette année n’a pas fait exception à la règle, même si, juste avant Pâques, les prix ont brièvement atteint un sommet. « Ensuite, ils se sont effondrés en une journée après le week-end. Entre-temps, nous avons une situation de marché assez normale. Aujourd’hui, il y a juste assez d’asperges et des prix normaux pour cette période de l’année. Le marché est plutôt bien équilibré. »

En ce qui concerne la qualité et le rendement, le producteur est satisfait. « La qualité a été très bonne, tout comme la production. Cela s’explique par le fait que les asperges ont très bien poussé l’année dernière. Cela s’est traduit par une nette augmentation de la production cette saison. Nous disposons certainement d’une production accrue d’environ 15 %. »

Cette bonne année de croissance a donné lieu à des excédents dans d’autres productions comme certains légumes d’hiver et les pommes de terre. Pourtant, l’asperge a été épargnée, selon Nooyens. « En fait, la superficie n’a pas augmenté. En outre, les plantations d’il y a deux ans ont partiellement échoué, de sorte que la production totale n’a pas explosé. Par conséquent, le marché a été en mesure d’absorber les volumes plus importants de manière satisfaisante. Bien sûr, le marché volatile de l’asperge réagit toujours rapidement s’il y a une période plus ou moins chargée, mais cela finit toujours par se compenser. »

Vente au détail, restauration et vente directe
Dans l’assortiment d’Aspergebedrijf Nooyens, qui commercialise ses asperges par l’intermédiaire de BelOrta, une distinction claire est faite entre les différentes catégories d’asperges. « La taille joue un rôle important. Les asperges AA sont principalement vendues aux restaurants et aux magasins spécialisés. Pour nous, ce sont vraiment les asperges les plus grosses. La norme en Belgique est légèrement différente de celle de nos voisins : ici, ce sont les asperges de 22 à 28 mm qui entrent dans la catégorie AA, alors qu’aux Pays-Bas, c’est généralement de 20 à 28 mm. La différence peut sembler minime, mais comme il y a toujours beaucoup de produits d’environ 20 mm, ça fait une différence de 25 % ou plus au bout du compte. »

Bien que toutes les ventes soient administrativement effectuées par l’intermédiaire des ventes aux enchères, de nombreux lots partent directement chez les détaillants. « Les clients achètent par l’intermédiaire de BelOrta, mais les asperges n’y passent physiquement pas et sont souvent directement livrées aux clients. Nous sautons donc une étape. Au début de la saison, les asperges se trouvent dans certains magasins Delhaize, mais une fois que les gros volumes arrivent, ils approvisionnent principalement Lidl, où nous fournissons des asperges dans les 315 magasins de Belgique durant la saison. »

L’entreprise est aussi fermement engagée dans la vente directe. « Nous avons des magasins à la ferme, sommes présents sur les marchés et essayons ainsi de maintenir une bonne répartition. Les marchés de plein air sont très porteurs en ce moment. Le mois de mai est vraiment la saison des asperges pour les consommateurs, et avec l’offre actuelle abondante, elles sont vraiment abordables pour un grand nombre. »

Evolution incertain en fin de saison
Vers le mois de juin, l’offre continuera à diminuer jusqu’à la fin officielle de la saison. Selon Nooyens, il est difficile de prédire si cela entraînera à nouveau une hausse des prix. « Les années précédentes, c’est ce qui s’est produit, mais ça ne veut rien dire quant à l’évolution de cette saison. Jusqu’ici cette année, nous n’avons pas eu de grosses surprises. »

Pour plus d’informations :
Fons Nooyens
Aspergebedrijf Nooyens
asperges.nooyens@gmail.com

« Blanches, vertes, courtes, fines… toutes les asperges sont au même prix, et nos clients sont ravis ! » par Jean Paul Bruché de l’Asparagus et FreshPlaza

Jean-Paul Bruché, Asparagus – La stabilité pour préserver la consommation ?

« Blanches, vertes, courtes, fines… toutes les asperges sont au même prix, et nos clients sont ravis ! »

Cette saison de l’asperge 2026 aura été particulièrement mouvementée. Après un démarrage positif pour la plupart des bassins de production, le coup de chaleur d’avril a provoqué une arrivée massive de volumes sur le marché, entraînant une chute brutale des prix et fragilisant de nombreux producteurs. Une campagne en dents de scie qui illustre plus que jamais la volatilité du marché de l’asperge.

Certains producteurs ont décidé de s’affranchir de ce schéma. Chez Asparagus, exploitation familiale située à Autreville-sur-Moselle en Lorraine, Jean-Paul Bruché, producteur chez Asparagus, a fait le choix depuis plusieurs années de casser les codes traditionnels de commercialisation. Son principe : proposer toutes ses asperges — blanches, vertes, fines, grosses, courtes ou longues — au même prix et ce tout au long de la saison. Un système atypique qui séduit une clientèle en quête de simplicité, de fraîcheur et de liberté de choix.

Une campagne précoce et satisfaisanteLa saison des asperges a démarré fin mars avec près de dix jours d’avance cette année en Lorraine pour Asparagus : « Le mois d’avril s’est très bien déroulé. Puis la production a été freinée par le coup de froid et les pluies du mois de mai », rapporte Jean-Paul Bruché, troisième génération de producteurs d’asperges sur la ferme familiale. Avec le retour récent des fortes chaleurs, le producteur espère désormais une reprise progressive des volumes avant de terminer doucement la campagne d’ici quelques jours.

Une commercialisation 100 % locale et centrée sur la fraîcheurSi la production a pu être impactée par les aléas climatiques, les ventes, elles, n’auront absolument pas souffert. « Nous commercialisons 100 % de notre production à la ferme, sur les marchés et dans des magasins de producteurs ». Un modèle basé avant tout sur la fraîcheur : « A la ferme, nous vendons uniquement de l’asperge du jour. Elle est cueillie le matin et vendue le jour même ».

Autre particularité pour une exploitation lorraine, la ferme produit environ 60 % d’asperges blanches et 40 % de vertes, une proportion qui évolue progressivement en faveur de cette dernière. « Dans notre région, c’est l’asperge blanche qui se consomme et donc se produit historiquement. Plus on monte dans le nord, et plus le consommateur est à la recherche d’une asperge bien blanche et bien fermée. Mais nous croyons beaucoup au développement de l’asperge verte en Lorraine. C’est un légume très présent dans les magazines culinaires, apprécié pour sa couleur, sa saveur et sa facilité de préparation ».

Pour autant, Jean-Paul Bruché reconnait que l’asperge verte reste plus complexe à produire que la blanche. « Contrairement à la blanche qui pousse sous bâche, la verte demande davantage de désherbage. Avec les mini-tunnels, on accélère aussi la pousse de l’herbe, ce qui nous oblige à faire du fauchage mécanique. La blanche a également une densité plus importante que la verte, elle est donc plus productive, ce qui peut donc justifier une différence de prix par rapport à la blanche, qui peut facilement monter à 5 euros de plus au kilo sur le marché de Nancy ».

Un prix unique tout au long de la saison pour démocratiser l’asperge
Malgré ces différences de production et donc de prix, Jean-Paul Bruché a fait le pari audacieux de proposer l’ensemble des asperges qu’il produit au même prix. C’est là l’une des grandes particularités du fonctionnement de l’exploitation. « Nous proposons six catégories d’asperges blanches et cinq catégories de vertes, que nous vendons toutes au même prix de 10,50 €/kg et ce tout au long de l’année. Les clients se servent eux-mêmes dans les bacs et peuvent faire un panaché des différentes catégories. Ils choisissent vraiment ce qu’ils veulent ».

Un système qui séduit autant les consommateurs que le producteur. « Ainsi, ce n’est pas le prix qui conditionne le choix des clients. Cela permet aussi de faire découvrir d’autres types d’asperges et d’autres façons de les cuisiner. C’est comme cela que l’asperge verte a rapidement gagné en notoriété. Dans leur botte de blanche, ils prennent plus facilement quelques vertes pour les gouter, ce qui leur permet d’y revenir plus facilement que s’ils avaient été contraints par un tarif plus élevé et une quantité minimale ».

Le producteur insiste également sur l’importance d’un prix stable pour préserver la consommation. « En début de saison, on peut parfois voir de l’asperge à 18 ou 20 euros le kilo. C’est absolument hors de prix. Le consommateur garde ensuite cette image d’un produit inaccessible ». Une volatilité qui selon lui, fragilise toute la filière : « C’est toujours le même schéma. Les prix montent, les clients fuient, puis il y a surproduction et les cours s’effondrent. Les producteurs préfèrent arrêter de vendre que de vendre à perte, continuent uniquement en vente directe, ce qui fait que les asperges finissent à manquer chez les grossistes et en GMS ». Le prix unique permettrait ainsi d’éviter ces à-coups du marché et de fidéliser durablement la clientèle.

L’enjeu des terres irrigables et de la génétique
Preuve d’un système de commercialisation vertueux, Asparagus a augmenté ses surfaces à 7 ha au total, soit deux de plus qu’en 2024. Mais développer la culture devient de plus en plus complexe. « Le principal problème est de trouver de bonnes terres à asperges pouvant être irriguées. Car face aux épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, l’irrigation devient indispensable. Faire de l’asperge sèche devient très compliqué aujourd’hui avec le réchauffement climatique ».

Le producteur place également beaucoup d’espoir dans les avancées variétales : « Nous espérons que la génétique nous aidera à trouver des variétés plus résistantes aux maladies, auxquelles les asperges sont plus sensibles lors de la replantation sur une même parcelle ».

Pour plus d’informations :
Jean-Paul Bruché
Asparagus
jeanpaulbruche@orange.fr

Nouvel accord entre le Mexique et l’Union européenne : les chiffres du commerce des fruits et légumes par FreshPlaza

Nouvel accord entre le Mexique et l’Union européenne : les chiffres du commerce des fruits et légumes

Après plus d’une décennie de négociations, le Mexique et l’Union européenne ont signé à Mexico, le 22 mai 2026, la mise à jour de l’accord commercial qui les lie depuis 2000. La cérémonie a été présidée par Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, avec la participation d’António Costa, président du Conseil européen, également présent.

Une réponse au protectionnisme de Trump
L’accord intervient dans un contexte de vaste réforme du commerce mondial, marqué par les politiques protectionnistes de Donald Trump. Le Mexique, qui envoie 80 % de ses exportations aux États-Unis, est également confronté à une renégociation difficile de l’USMCA (le traité commercial avec les États-Unis et le Canada). Dans ce scénario, l’accord avec l’UE est considéré par les deux parties comme une déclaration géopolitique en faveur du multilatéralisme et un moyen de répartir les risques.

Contenu de l’accord
Le nouveau texte élargit considérablement le cadre existant : il supprime la quasi-totalité des droits de douane bilatéraux, ajoute des chapitres sur le commerce numérique, la propriété intellectuelle et la protection de l’environnement, entre autres, et établit de nouveaux mécanismes de règlement des différends commerciaux. La reconnaissance mutuelle des appellations d’origine est également incluse.

Le ministre mexicain des affaires étrangères, Roberto Velasco, a souligné que l’accord « donne aux produits alimentaires mexicains un accès préférentiel au marché européen. » Le Mexique n’est pas un grand exportateur de produits agroalimentaires vers l’UE, ce qui, selon l’eurodéputé Javi López, facilitera la ratification de l’accord au Parlement européen. Cette situation contraste avec l’accord controversé entre l’UE et le Mercosur, où le poids du secteur agricole a suscité davantage d’opposition. Toutefois, par rapport au Mercosur, avec lequel le traité commercial est provisoirement en vigueur depuis le 1er mai dernier, les flux commerciaux en provenance et à destination du Mexique sont cinq fois moins importants.

Perspectives et défis
L’accord doit être ratifié par le Sénat mexicain et les parlements nationaux des 27 pays de l’UE, bien que le volet commercial puisse provisoirement entrer en vigueur avant que ce processus ne soit achevé. Les analystes préviennent que les problèmes de sécurité au Mexique et la méfiance de l’opinion publique européenne pourraient compliquer la ratification. Néanmoins, le consensus est que ce traité représente une étape historique vers un monde d’alliances entre puissances moyennes, face à l’hégémonie des États-Unis et de la Chine.

Commerce des fruits et légumes UE-Mexique : qui fournit quoi à qui ?
Sur la base des chapitres 07 (légumes) et 08 (fruits et noix) de la classification douanière, la balance commerciale entre l’Union européenne et le Mexique est fortement déséquilibrée : le Mexique exporte cinq fois plus vers l’UE (274 millions d’€ en 2025) que l’inverse (51 millions d’€). Cependant, les échanges commerciaux de la dernière décennie sont plus nuancés : les exportations mexicaines vers l’UE ont chuté de 19 % sur la période 2016-2025, tandis que les exportations européennes vers le Mexique ont été multipliées par six. L’asymétrie se réduit donc, mais reste importante.

Les noix de pécan s’imposent comme nouveau venu incontestable côté importations. Pratiquement inexistante en 2016, cette catégorie est devenue le premier poste d’exportation mexicain vers l’UE en matière de fruits et légumes : 75,9 millions d’€ en 2025. Le Mexique représente plus de la moitié de la production mondiale de noix de pécan, en particulier dans les États du nord de Chihuahua et de Sonora. L’Allemagne (37 millions d’€) et les Pays-Bas (21 millions d’€) sont les principaux acheteurs de l’UE. Les pois chiches arrivent en deuxième position (49,7 millions d’€), un flux stable qui atteint principalement l’Espagne et l’Italie. Les asperges fraîches (43 millions d’€) et les framboises et mûres (30,5 millions d’€) complètent le top 4. Les mangues sont un produit en croissance avec 26,4 millions d’€, tandis que les avocats ont chuté de manière spectaculaire : d’un pic de 209 millions d’€ en 2019 à seulement 17,3 millions d’€ en 2025. Le Mexique a largement perdu ce marché au profit du Pérou, de la Colombie, du Maroc, du Chili, d’Israël, du Kenya et de l’Afrique du Sud. Il en va de même pour les agrumes, en particulier les limes, dont le marché a chuté de 77,5 millions d’€à 4,2 millions d’€ (-95 %).

L’Allemagne est de loin le plus grand pays importateur de l’UE avec 88,5 millions d’€, suivie par l’Espagne (77,1 millions d’€) et les Pays-Bas (45,5 millions d’€).

Les exportations de l’UE vers le Mexique sont beaucoup moins importantes, mais elles ont été multipliées par six au cours de la dernière décennie. L’histoire est entièrement dominée par un produit provenant d’un seul pays : le kiwi italien. Pratiquement nulles en 2016, ces exportations ont atteint 26,7 millions d’€ en 2025, représentant plus de la moitié de toutes les exportations de l’UE vers le Mexique. L’Italie devient ainsi de loin le premier pays exportateur de l’UE (29,2 millions d’€ au total). L’Espagne et la Belgique exportent chacune pour plusieurs millions d’euros de légumes surgelés, en particulier des mélanges de légumes, et les prunes fraîches sont un autre exportateur important avec 5,1 millions d’€.

La concentration des flux est frappante. Côté importations, les trois produits les plus importants – noix de pécan, pois chiches et asperges – représentent ensemble plus de 60 % du total. Côté exportations, un seul produit provenant d’un seul pays représente plus de la moitié de toutes les exportations de l’UE.

Le nouvel accord commercial entre l’UE et le Mexique, signé en mai 2026, donne aux produits agroalimentaires mexicains un accès préférentiel au marché européen. Pour le secteur des fruits et légumes, cela signifie que les flux d’exportation existants, tels que les asperges, les framboises, les fruits tropicaux et les pois chiches, peuvent continuer à croître. La question de savoir si le Mexique peut également regagner la position qu’il a perdue en ce qui concerne les avocats et les agrumes est une autre question. Ce marché, quant à lui, est fermement entre les mains d’autres fournisseurs.

Sources : El País, Eurostat

Photo de la première page: © ID 16807696 © Zbigniew Ratajczak; ID 18117066 © Boaz Yunior Wibowo; ID 12479943 © Angel Luis Simon Martin; ID 74481 © Roy Mattappallil Thomas | Dreamstime Date de publication: mar. 26 mai 2026

© FreshPlaza.fr / Peter De Craemer

« Avec jusqu’à 800 kilos d’asperges triées par heure, l’Aspastore remplace trois travailleurs » chez Nebauer Automation par FreshPlaza

Felix Neubauer, de Neubauer Automation (Allemagne) :

« Avec jusqu’à 800 kilos d’asperges triées par heure, l’Aspastore remplace trois travailleurs »

Le robot de ramassage d’asperges Aspastore, développé par Neubauer Automation, a été utilisé pour la première fois durant la saison 2025 chez plusieurs clients en Allemagne et aux Pays-Bas — avec un succès remarquable. Cette solution d’automatisation permet non seulement d’optimiser le tri et la manutention des asperges, mais aussi de répondre à la pénurie croissante de main-d’œuvre dans le secteur agricole.

« Les retours de nos premiers clients ont été extrêmement positifs », explique Felix Neubauer de Neubauer Automation. « Dans une entreprise, on l’a même surnommé à plusieurs reprises, le meilleur employé », sourit-il. « Cela prouve que notre investissement dans le développement et l’optimisation de cette technologie en valait la peine. »

Cliquez ici pour voir l’Aspastore en action (vidéo)

Présenté à l’état de prototype lors de l’expoSE 2023, l’Aspastore a été perfectionné tout au long de la saison 2024, puis testé intensivement sur le terrain. Ces essais concluants ont permis de lancer la production en série, et les premiers modèles ont été livrés à temps pour la saison 2025. Sur le terrain, la machine a pleinement convaincu : elle est capable de remplir jusqu’à 800 kg d’asperges triées par heure, soit l’équivalent du travail de trois employés.

L’Aspatore

« Nous ne considérons pas l’Aspastore comme un substitut à la main-d’œuvre humaine, mais comme une réponse concrète à la raréfaction du personnel qualifié », précise Neubauer. Le robot a fait ses preuves en fonctionnement continu. Les petits ajustements nécessaires (comme l’amélioration de l’interface utilisateur ou la communication avec la trieuse Espaso) ont été rapidement mis en œuvre. « Nous avons mis à jour le logiciel afin de le rendre encore plus intuitif, et l’intégration avec le système Espaso a été encore optimisée. »

L’équipe de Neubauer à l’expoSE 2024 avec Felix Neubauer (deuxième à partir de la gauche)

L’intérêt pour cette technologie est en nette progression : au cours de la saison 2025, de nombreux producteurs d’asperges sont venus observer l’Aspastore en conditions réelles, et les premières commandes pour 2026 ont déjà été confirmées.

Mais Neubauer Automation ne compte pas s’arrêter là. « Lors de l’expoSE 2025 à Karlsruhe, nous dévoilerons une nouvelle innovation mondiale : l’Aspaload », annonce Felix Neubauer. Ce robot de pose entièrement automatisé prend en charge une tâche jusqu’ici exclusivement manuelle : le positionnement des tiges d’asperges sur le tapis de tri.

Lors de l’expoSE de cette année à Karlsruhe, Neubauer présentera une autre nouveauté mondiale : l’Aspaload

« Son fonctionnement est aussi ingénieux qu’efficace : les caisses de champ contenant les asperges sont placées sur un convoyeur ; une caméra mesure la hauteur de remplissage et calcule la position de préhension idéale. L’Aspaload saisit ensuite délicatement les tiges et les dépose avec précision sur le tapis roulant de notre trieuse Espaso », détaille Neubauer. Les caisses vides sont ensuite automatiquement repositionnées pour le cycle suivant.

Avec l’Aspastore et désormais l’Aspaload, Neubauer Automation démontre comment la robotique moderne peut être mise au service d’une agriculture plus efficace, durable et tournée vers l’avenir.

Venez découvrir Neubauer Automation à l’expoSE 2025 à Karlsruhe, hall 2, stand K15.

Pour plus d’informations :
Felix Neubauer
Neubauer Automation
Am Bierbäumchen 12
59514 Welver
Tél. : +49 (0) 2384 920220
info@neubauer-automation.com
www.neubauer-automation.com Date de publication: lun. 13 oct. 2025