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La production française de fraises perturbée par les fortes chaleurs par Agreste et FreshPlaza

La production française de fraises perturbée par les fortes chaleurs

Selon les prévisions d’Agreste arrêtées au 1er juillet 2026, la production française de fraises, hors DROM, est estimée à 74 100 tonnes pour la campagne 2026, un niveau proche de celui de l’an dernier. Les conditions climatiques ont toutefois réduit le potentiel de production, tandis que le Sud-Ouest, principal bassin français, a été perturbé par l’alternance de fraîcheurs et de fortes chaleurs à partir de mai. Côté marché, les prix de juin se sont établis au même niveau qu’en juin 2025, tout en restant supérieurs de 15 % à la moyenne 2021-2025.

Une récolte en léger recul dans le Sud-Ouest
Les surfaces nationales implantées en fraise sont estimées à 3 668 hectares pour la campagne 2026. Elles restent comparables à celles de la campagne précédente, mais reculent de 2 % par rapport à la moyenne 2021-2025.

La production nationale est, quant à elle, attendue à 74 100 tonnes. Les bassins Centre-Ouest et Sud-Est affichent des hausses respectives de 6 % et 2 % sur un an. À l’échelle nationale, la récolte resterait néanmoins proche de celle de 2025, dans un contexte climatique moins favorable dans le Sud-Ouest, principal bassin français de production.

À partir de mai, l’alternance de périodes fraîches et de fortes chaleurs y a perturbé la production. La situation s’est accentuée au cours de la deuxième quinzaine de juin : « Les fortes chaleurs en deuxième quinzaine de juin ont fragilisé les fruits. Le tri a été accru pour maintenir une qualité du produit commercialisé », indique Agreste dans sa note de conjoncture.

Au 1er juillet, 89 % de la production nationale était estimée réalisée.

Des prix toujours supérieurs à la moyenne quinquennale
Sur le plan commercial, la première quinzaine de mai a été marquée par une offre limitée face à une demande soutenue. Cette configuration a favorisé la tenue des cours. En mai, les prix ont ainsi dépassé de 6 % leur niveau de 2025 et de 14 % la moyenne 2021-2025.

La situation a évolué en juin. Malgré une production en baisse, la demande a nettement ralenti, les consommateurs se tournant davantage vers les autres fruits de saison, notamment la cerise, l’abricot ainsi que les premières pêches et nectarines. « L’activité commerciale reste néanmoins présente et les prix sont supérieurs à la moyenne quinquennale », indique Agreste dans sa note de conjoncture.

En juin 2026, les prix des fraises se sont ainsi situés au même niveau qu’en juin 2025, mais 15 % au-dessus de la moyenne 2021-2025.

Importations et exportations en baisse
Les échanges extérieurs se sont contractés sur les cinq premiers mois de l’année. Entre janvier et mai 2026, les exportations françaises de fraises ont atteint 6 300 tonnes, un volume comprenant une part significative de réexportations. Elles ont reculé de 19 % par rapport à la même période de la campagne précédente.

Les importations ont, de leur côté, diminué de 4 % sur un an pour atteindre 41 100 tonnes. Le déficit des échanges extérieurs en volume s’est établi à 34 800 tonnes sur la période, en baisse de 1 % par rapport à l’année précédente.

Source : agreste.agriculture.gouv.fr

Photo de la première page: © 0meerk | Dreamstime Date de publication: mer. 12 août 2026

La filière française de la myrtille accélère sa montée en compétences par l’Association des Producteurs de Myrtlles de France et FreshPlaza

La filière française de la myrtille accélère sa montée en compétences

Le 4 juillet dernier, l’Association Professionnelle des Producteurs de Myrtilles de France (APMF) a réuni près d’Agen une quinzaine de producteurs et de porteurs de projets venus de toute la France à l’occasion d’une journée technique consacrée aux principaux enjeux de la filière. Organisée en pleine période de récolte, au moment où les producteurs sont les plus mobilisés dans leurs exploitations, cette rencontre témoigne de leur volonté de continuer à se former et à faire progresser leurs pratiques.


Renouvellement variétal, adaptation au changement climatique, qualité des fruits, compétitivité des exploitations ou encore nouvelles techniques de conduite étaient au cœur des échanges. La rencontre s’est tenue en présence de Sebastián Ochoa Mûnzenmayer, expert reconnu à l’international, qui accompagne des exploitations au Chili, au Pérou, au Maroc, au Mexique ainsi que dans plusieurs pays européens. Sa venue en France illustre la volonté de l’APMF de mettre les producteurs français au contact des meilleures références mondiales et d’accélérer le transfert de connaissances vers les vergers français.

« L’objectif de cette journée était de permettre aux producteurs français de partager leurs expériences, de confronter leurs pratiques et de s’inspirer de ce qui fonctionne ailleurs dans le monde afin d’intégrer les dernières avancées techniques », explique Côme Lapierre.

Au-delà des aspects techniques, cette journée a surtout illustré une filière française en pleine évolution. Les producteurs souhaitent faire progresser leurs exploitations, renouveler progressivement leur matériel végétal, adapter leurs pratiques face au changement climatique et améliorer la compétitivité de leurs vergers. L’APMF entend accompagner cette dynamique en favorisant les échanges entre producteurs, en diffusant les innovations et en créant des passerelles avec les experts internationaux.

Parmi les pistes évoquées figuraient notamment le renouvellement variétal, le surgreffage, qui permet d’accélérer l’évolution des vergers, ainsi que le développement de la culture hors-sol, une technique encore peu répandue en France mais qui suscite un intérêt croissant.
Cette journée s’inscrit dans un programme plus large de rencontres techniques porté par l’APMF. Les prochains rendez-vous sont d’ores et déjà programmés les 29 et 30 septembre en région Centre-Val de Loire. L’ambition est claire : poursuivre la montée en compétences des producteurs et accompagner le développement d’une filière française toujours plus performante, innovante et ouverte sur l’international.

Pour plus d’informations :
Association des Producteurs de Myrtilles de France
contact@myrtilles.com
www.myrtilles.com

“It’s not a production problem; it’s a drop in consumption” by Pietro Ciardiello, Coop Sole (Italy) and FreshPlaza

Pietro Ciardiello, Coop Sole:

“It’s not a production problem; it’s a drop in consumption”

“I believe the issue is more related to consumption than production. Despite the heat wave, when fruit is typically sold in large quantities, sales are occurring today, but without much zeal. Director Pietro Paolo Ciardiello (pictured) sums up how the summer season is going at Coop Sole. According to his analysis, market dynamics are not driven by oversupply or concerns among end customers about the perishability of fresh produce. Purchases are being held back by economic factors, rather than by other factors.

Small Fruits: Climatic challenges are affecting the production of raspberries and blueberries
Now, let’s turn our attention to crop production. Due to climatic uncertainties, small fruits are facing a particularly challenging season. According to Pietro Paolo Ciardiello, “Across the 25 hectares of the farm dedicated to these crops, the sharp drop in temperatures on 31 December 2025 damaged the young plants and nearly wiped out early-year raspberry production. Blueberries have also suffered due to excessive heat waves, which have severely hindered harvesting operations and reduced the quality of the fruit.” The introduction of these crops over the last ten years was intended to provide peach growers with additional income sources, but it has not always been successful.

Strawberries: Exceptional yield of over 10,000 tons, boosting exports
However, the strawberry season was exceptional, concluding successfully between late May and early June. Estimates at the start of the season were far exceeded, and the target of 10,000 tons was surpassed. An additional 400–500 tons were distributed to large-scale retail chains and overseas markets before heat waves forced the plants into physiological dormancy. International markets, including neighboring countries such as Germany, Austria, Switzerland, and France, are now considered part of the domestic market. These markets account for between 45 and 55 percent of total sales, reaching peaks of up to 70 percent for winter crops. “In these markets,” the director notes, “buyers are increasingly interested in premium products and organic certifications, which reward not only product quality, but also production process quality.”

Contrasting trends between rising volumes and slow consumption of melons and watermelons
Turning to other summer produce, the season for netted and semi-netted melons is going well. “After absorbing a temporary surge in supply at the start of June without any losses, sales are progressing well, showing volume growth of between 7% and 10% compared to last year,” Ciardiello says.

Watermelons, which are grown exclusively organically in mini and midi varieties with black rinds, are a different story. After several favorable years, the current market trend is slower than expected due to a lack of anticipated consumption increases.

Peaches and nectarines have slow sales, but the focus on quality remains unchanged
As for stone fruit, the Italian company is still focusing on yellow peaches and traditional nectarines. While the agronomic situation is normal, the market is experiencing a downturn. Compared to last season, sales are lagging. “However, our long-term objective remains to enhance the value of these traditional crops and raise their quality standards,” the manager explains.

Winter vegetables are thriving, but the heat is stifling the growth of summer peppers
Finally, looking at the vegetable sector, the volume of winter vegetables, which are almost entirely destined for export to Germany, has increased this season, though prices have been slightly lower than last year.

Ciardiello says summer peppers are having a hard time due to scorching temperatures, which are causing significant sunscald on the fruit. Nevertheless, production is on track to reach a total of 1,500 to 2,000 tons, with a focus on the Lamuyo and Angello snack varieties.

The membership base: A significant rejuvenation and a drive for innovation
The cooperative’s structural evolution has also involved a profound transformation of its membership base. According to Coop Sole’s director, there has been natural turnover among suppliers in recent years, with some businesses leaving. However, this has been offset by a significant generational shift. Many long-standing farmers have handed over their farms to their children, raising the percentage of young farmers to between 40% and 50% of the total membership. Two or three new members are added each year. This influx of young people brings renewed vitality to the organization, ensuring greater enthusiasm and a strong drive for development. These factors enable the cooperative to gradually expand its cultivated land and successfully experiment with new fruit and vegetable varieties. This keeps the cooperative flexible and responsive to the changing needs of the market.

For more information:
Cooperativa Sole
Via della Repubblica, 70
81030 Parete (CE) – Italy
+39 (0) 81 5036887
info@coopsole.it

Maf Roda Acquires Strauss: Automated Asparagus Grading Steps Into a New Era

Maf Roda Acquires Strauss: Automated Asparagus Grading Steps Into a New Era

A major strategic shift is underway in asparagus post-harvest processing. French group Maf Roda, the global leader in automated sorting, grading and packaging for fresh fruits and vegetables, has finalized the acquisition of Strauss Verpackungsmaschinen GmbH, now rebranded Strauss-Groupe Maf. Founded in 1945 in Buxtehude, near Hamburg, Strauss brings eight decades of expertise in sorting, weighing and packaging machines for white, violet and green asparagus, leeks and apples. The acquisition expands Maf Roda’s network to 16 subsidiaries and 45 commercial partners across 60+ countries, while marking the group’s decisive entry into a segment of the asparagus value chain long underserved by large-scale automation.

A Strategic Move Built on Commercial Logic

Maf Roda Agrobotic had already completed two targeted acquisitions — Caustier (France, specialist in equipment for delicate fruits, late 2023) and Fahlun (Brittany). But Strauss is of a different magnitude: for the first time, the group controls a fully dedicated, internationally recognized asparagus processing technology platform.

“This allows us to strengthen our position in Germany, expand our product range and promote Strauss equipment internationally through our commercial network,” declared Philippe Blanc, Managing Director of Maf Agrobotic and Strauss-Groupe Maf. Group CEO Fabrice Blanc was equally direct: “Asparagus is a market in its own right — one where we are now positioning ourselves with a clear intention to become a major player.”

Founded in 1945 in Buxtehude, Strauss spent 80 years building its reputation as a leading designer and manufacturer of sorting, associative weighing and packaging systems for the German market — Europe’s largest consumer of white asparagus. Its mastery of all three asparagus colors constitutes a rare industrial asset, now accessible through Maf Roda’s global distribution network.

The Physical Toll of Manual Sorting: An Underestimated Cost

The economic case for asparagus post-harvest automation cannot be made without first acknowledging its human dimension. Conditioning station workers are subjected to sustained physical constraints: prolonged bent postures, repetitive high-cadence movements, cold environment handling and compressed peak-season shifts during a narrow harvest window.

Research published in December 2025 by the Auray experimental station (Chambre d’agriculture de Bretagne) found that one in three vegetable workers suffers from musculoskeletal disorders (MSDs), which account for 90% of all occupational diseases in vegetable production. France’s agricultural social insurer (MSA) confirms that MSDs are the leading cause of recognized occupational illness in agriculture overall. Msa Ministry of Agriculture

For asparagus operators, this translates into absenteeism at peak harvest, rising occupational risk costs, high seasonal staff turnover and declining attractiveness for the most repetitive roles. Automation addresses not merely efficiency, but a genuine occupational health imperative.

Up to 50% Fewer Workers on Automated Lines

Across food processing, optical sorting systems can handle high volumes efficiently, reducing labor dependency by up to 50%. An academic study on electronic graders in fresh asparagus packing (Trent Ball et al., ResearchGate) documented labor savings in all configurations tested, with modified internal rates of return (MIRR) of between 30 and 39% over 10 years for the higher-throughput scenario. Marel Softrol

In practice, a traditional asparagus conditioning line employs 12 to 15 workers across washing, visual sorting, grading, weighing and bundling. A fully automated equivalent requires 5 to 7 supervisory and quality control roles — consistent with the 40–50% benchmark documented in the literature.

25–30% Reduction in Production Costs

Labor savings translate structurally into overall cost reduction, as conditioning labor typically represents 40 to 60% of total processing costs. The effect is both direct and compounding: reduced payroll costs, elimination of seasonal recruitment expenses, lower occupational injury rates, improved grading accuracy (less commercial downgrading) and elimination of product giveaway from manual weighing errors.

The BCG estimates that robotization improves productivity by 30% and can reduce labor costs by 18 to 33% in economies where industrial robot deployment is most advanced. For asparagus, where seasonal agricultural wages have risen by over 30% between 2018 and 2024 in Germany, Spain and the Netherlands, the combined effect brings estimated conditioning cost reduction to the 25–30% range for operations transitioning from fully manual to automated post-harvest lines. Usine Digitale

OptiSort G Series: Strauss Technology for Precision Asparagus Grading

Presented at Fruit Attraction 2025 in Madrid on its own independent stand, Strauss showcased its innovative sorting and processing technologies. Its flagship OptiSort G Series is a machine specifically designed for asparagus grading, featuring an advanced cleaning system that optimizes resource use and a powerful optical camera for automated quality assessment. FreshPlaza

This system integrates within the full post-harvest chain now offered by Maf Roda: from calibration and associative weighing through to final packaging — the latter being the domain in which Strauss built its reputation on the German market for over five decades.

A Global Market Under Structural Pressure

The global asparagus market was valued at $35.73 billion in 2024, with a CAGR of 3.52% projected through 2032. Against this growth backdrop, structural labor shortages and steadily rising seasonal wages are squeezing operator margins throughout the value chain. The inability of operators to locate and pay skilled labor due to workforce shortages and rising labor costs impacts production efficiency and cost-effectiveness. Befve &Co Wikifarmer

Maf Roda’s acquisition of Strauss, formalized at end 2024, allows the group to expand into the asparagus sector — a key product in the European market — while gaining access to new technologies and specialized knowledge in this field. With its 60-country network and integrated post-harvest portfolio, Maf Roda is positioned as the natural strategic partner for this industry-wide transition. FruitToday

Conclusion

The Maf Roda / Strauss acquisition signals the arrival of the world’s leading post-harvest automation group in a segment that was largely untouched by large-scale mechanization. The documented benefits — reduced physical strain, 40–50% fewer workers on conditioning lines, and a 25–30% improvement in production costs — define the strategic horizon for asparagus growers and conditioning stations aiming to secure their competitiveness through the next decade.

For in-depth analysis of mechanization and innovation across the global asparagus sector, follow Asparagus & Berries World (A&BW) and reach out to Christian BEFVE, international asparagus consultant with over 55 years of field expertise across more than 40 countries

Maf Roda intègre Strauss : l’automatisation du tri et du conditionnement de l’asperge entre dans une nouvelle ère

Maf Roda intègre Strauss : l’automatisation du tri et du conditionnement de l’asperge entre dans une nouvelle ère

Le groupe français Maf Roda vient de franchir une étape décisive dans sa stratégie de développement avec l’acquisition de la société allemande Strauss Verpackungsmaschinen GmbH, rebaptisée Strauss-Groupe Maf. Spécialisée depuis 1945 dans les machines de tri, calibrage et conditionnement des asperges blanches, violettes et vertes, des poireaux et des pommes, cette entreprise basée à Buxtehude, près de Hambourg, rejoint un groupe présent dans plus de 60 pays, fort de 16 filiales et 45 partenaires commerciaux. Pour la filière asperge mondiale, cette opération va bien au-delà d’un mouvement de consolidation industrielle ordinaire : elle marque l’entrée d’un acteur de rang mondial sur un segment post-récolte longtemps resté en marge de l’automatisation à grande échelle.

Un rapprochement industriel inscrit dans la logique de filière

Maf Roda Agrobotic, groupe de référence dans les solutions de tri, calibrage et conditionnement automatisés pour les fruits et légumes frais, avait déjà réalisé deux acquisitions ciblées ces dernières années : Caustier (France, spécialiste des équipements pour fruits fragiles, fin 2023) et Fahlun (Bretagne). L’intégration de Strauss représente une rupture d’échelle : pour la première fois, le groupe dispose d’une expertise dédiée et reconnue sur le segment du tri de l’asperge à l’échelle internationale.

Philippe Blanc, directeur général de Maf Agrobotic et de Strauss-Groupe Maf, résume l’enjeu : « Elle nous permet de renforcer notre ancrage en Allemagne, d’élargir notre gamme et de promouvoir les équipements Strauss à l’international grâce à notre réseau commercial. » L’ambition est confirmée par Fabrice Blanc, directeur général du groupe : « L’asperge est un marché à part entière sur lequel nous nous positionnons désormais, avec une volonté affirmée d’en devenir un acteur majeur. »

L’expertise Strauss, un actif industriel rare

Fondée en 1945 à Buxtehude, Strauss s’est imposée pendant 80 ans comme concepteur et fabricant de référence de machines de tri, pesée associative et conditionnement pour le marché germanique — premier marché européen consommateur d’asperge blanche. Sa maîtrise des trois couleurs d’asperge constitue un actif technologique difficile à dupliquer, désormais accessible via le réseau mondial de Maf Roda.

La pénibilité du tri manuel : un frein majeur à la compétitivité

Avant de mesurer les gains économiques de l’automatisation, il convient de saisir le coût humain d’une filière encore largement dépendante du travail manuel sur les lignes de conditionnement. Les opérations de tri, calibrage et mise en botte d’asperges mobilisent des équipes nombreuses soumises à des conditions particulièrement contraignantes : postures courbées prolongées, gestes répétitifs à cadence élevée, manutention en environnement froid, semaines de récolte compressées sur une fenêtre très courte.

Les TMS, première cause de maladie professionnelle en agriculture

Les données publiées en décembre 2025 par la station d’expérimentation d’Auray (Chambre d’agriculture de Bretagne) sont édifiantes : un maraîcher sur trois souffre de troubles musculosquelettiques (TMS), qui représentent 90 % des maladies professionnelles dans le secteur du maraîchage. La Mutualité Sociale Agricole (MSA) confirme de son côté que les TMS constituent la première cause de maladies professionnelles reconnues en agriculture. MsaMinistry of Agriculture

Pour la filière asperge, où la saisonnalité crée une pression maximale sur des effectifs déjà difficiles à recruter, cette réalité se traduit par des arrêts de travail en pleine pointe de récolte, une sinistralité croissante et une attractivité en déclin pour les postes les plus répétitifs. L’automatisation des lignes de conditionnement n’est donc pas seulement une décision économique : c’est une réponse nécessaire à un enjeu de santé publique et de durabilité sociale de la filière.

-40 à -50 % d’effectifs sur les lignes automatisées : des données terrain solides

L’argument de la réduction de la main-d’œuvre repose aujourd’hui sur des données concrètes, issues de retours terrain et de publications académiques.

À l’échelle industrielle, les systèmes de tri optique automatisés réduisent la dépendance à la main-d’œuvre jusqu’à 50 % dans le secteur agroalimentaire. Une étude académique spécifiquement consacrée au calibrage électronique de l’asperge fraîche a documenté des économies de main-d’œuvre dans la totalité des configurations testées. Marel

De 12-15 opérateurs à 5-7 superviseurs

Une ligne de conditionnement d’asperges typique mobilise 12 à 15 opérateurs sur les postes de lavage, tri visuel, calibrage, pesée associative et mise en botte. L’automatisation complète de ces postes ramène les effectifs à 5 à 7 personnes concentrées sur la supervision, le contrôle qualité et la gestion des sorties — une réduction cohérente avec les 40 à 50 % documentés dans la littérature sectorielle.

-25 à -30 % sur le coût de revient : la mécanique de la rentabilité retrouvée

La réduction de main-d’œuvre ne se convertit pas mécaniquement en économie équivalente sur le coût de revient global, car la main-d’œuvre de conditionnement représente généralement 40 à 60 % du coût total de cette étape. Mais l’impact est structurel, et surtout cumulatif.

L’effet combiné des leviers d’économie

Une étude académique de référence sur le calibrage électronique de l’asperge fraîche (Trent Ball et al., ResearchGate) a mesuré des économies de main-d’œuvre dans la totalité des configurations testées, avec des taux de rendement interne modifiés (MIRR) compris entre 30 et 39 % sur dix ans pour le premier scénario de capacité. Softrol

Le Boston Consulting Group estime que l’adoption des robots améliore de 30 % la productivité dans de nombreuses industries et peut réduire les coûts de main-d’œuvre de 18 à 33 % dans les économies où le déploiement est avancé. Pour la filière asperge, où les salaires saisonniers ont progressé de plus de 30 % entre 2018 et 2024 dans les principaux pays producteurs européens, ce gain se traduit directement sur les marges opérationnelles. Usine Digitale

L’effet combiné de la réduction salariale directe, de la suppression des coûts de recrutement saisonnier, de la baisse de la sinistralité (TMS, arrêts de travail) et de l’amélioration du rendement qualitatif — les systèmes optiques réduisent les erreurs de calibrage et les déclassements commerciaux — porte l’amélioration estimée du coût de conditionnement à la fourchette de 25 à 30 % pour les opérateurs qui passent de lignes entièrement manuelles à des lignes automatisées.

L’OptiSort G Series : la technologie Strauss au service de la qualité

Parmi les innovations présentées par Strauss-Groupe Maf lors du salon Fruit Attraction 2025 à Madrid — sur un stand propre, indépendant de celui de Maf Roda, dédié à la présentation de technologies innovantes de tri et de traitement des asperges blanches, violettes et vertes, des pommes, des poireaux et des légumes similaires — l’OptiSort G Series constitue la pièce centrale de l’offre asperge. Elle intègre un système de nettoyage avancé optimisant l’utilisation des ressources et une caméra optique haute performance pour l’évaluation automatisée de la qualité. FreshPlazaFreshPlaza

Cette solution s’inscrit dans le portefeuille désormais complet que Maf Roda propose pour le post-récolte de l’asperge : du calibrage jusqu’au conditionnement final, en passant par la pesée associative — domaine dans lequel Strauss a bâti sa réputation sur le marché allemand et mondial pendant plus de cinq décennies. Depuis l’acquisition de Strauss, Maf Roda propose ainsi une gamme complète de solutions pour l’asperge, de la récolte à l’emballage, incluant le calibrage et la pesée. FreshPlaza

Un marché mondial sous pression : pourquoi le point de bascule est atteint

Le marché mondial de l’asperge était évalué à 35,73 milliards de dollars en 2024, avec un taux de croissance annuel composé de 3,52 % prévu jusqu’en 2032, tiré par une demande en hausse et une diversification des usages culinaires. Mais cette expansion se déroule dans un contexte de tension structurelle sur la main-d’œuvre saisonnière, dont la pénurie et l’augmentation des coûts impactent l’efficacité de la production et le rapport coût-efficacité, entravant l’expansion du marché. Befve &CoWikifarmer

Dans ce contexte, le point de bascule économique en faveur de l’automatisation est désormais atteint pour les exploitations de taille intermédiaire et grande. La capacité du groupe Maf Roda à proposer des solutions intégrées — calibrage, pesée et conditionnement sous un même fournisseur — déployées via un réseau couvrant plus de 60 pays, en fait le partenaire stratégique naturel pour une transition qui touche tous les bassins de production asparagicoles, de l’Allemagne aux Pays-Bas, du Pérou au Mexique. FruitToday

Conclusion

L’acquisition de Strauss par Maf Roda n’est pas un mouvement de croissance ordinaire : elle marque l’entrée du premier groupe mondial d’automatisation post-récolte sur un segment historiquement artisanal de la chaîne de valeur de l’asperge. Les bénéfices documentés — réduction significative de la pénibilité sur les postes de tri, 40 à 50 % de main-d’œuvre en moins sur les lignes automatisées, et amélioration de 25 à 30 % du coût de conditionnement — dessinent un horizon stratégique clair pour les asparagiculteurs et les stations de conditionnement qui souhaitent sécuriser leur compétitivité dans la décennie à venir.

Pour un suivi approfondi de l’innovation et de la mécanisation dans la filière asperge mondiale, consultez les analyses du magazine Asparagus & Berries World (A&BW) et les services de conseil de Christian BEFVE, consultant international avec plus de 55 ans d’expertise terrain dans plus de 40 pays.