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Nous avons réussi à échelonner la première récolte, mais pour la deuxième, toutes les fraises étaient mûres en même temps par FreshPlaza
ssKwekerij Demedts -De Mey (Belgique)
« Nous avons réussi à échelonner la première récolte, mais pour la deuxième, toutes les fraises étaient mûres en même temps »
L’été a été chaud et intense pour la pépinière Demedts-De Mey, mais d’un point de vue commercial, la saison est satisfaisante. « Ce fut un été chaud et difficile, mais les ventes ont bien marché. C’est déjà un avantage. Côté culture, il a parfois fallu lutter contre les caprices de la nature, mais nous n’avons pas à nous plaindre », explique Benoit Demedts.
Les températures élevées ont toutefois posé quelques défis en matière de culture, surtout pour les fraises où la chaleur a pesé sur la production à certains moments. « Nous continuons à éclaircir ici et là alors que cela aurait dû être fait plus tôt. À cause de la chaleur, nous avons un peu plus de petits fruits que d’habitude. Et la pollinisation ne s’est pas toujours déroulée de manière optimale, car les bourdons volaient moins bien à ces températures. »

Pourtant, selon Demedts, la qualité est restée globalement bonne. Cela s’explique notamment par le choix de la variété Karima. « Avec Karima, les premières fraises de la nouvelle branche sont parfois un peu moins bien formées, ce qui peut donner un fruit tordu. Mais dans l’ensemble, la qualité est restée et reste bonne. Si je compare cela à une variété qui ramollit plus vite par temps chaud, je suis content d’avoir principalement planté Karima. »
Importantes vagues de production
La chaleur a eu des répercussions non seulement sur la culture, mais aussi sur l’organisation du travail. Lorsque plusieurs sections entrent en production en même temps, la pression peut rapidement monter. « Ça a été un été difficile. Nous avons un personnel formidable et nous essayons d’en prendre bien soin, car ces personnes font vraiment beaucoup pour nous. Mais quand on doit maintenir un tel rythme de travail en permanence, cela devrait bien sûr être récompensé à sa juste valeur. »
C’est pourquoi, au sein de l’exploitation, l’étalement de la production est crucial. Cela a bien fonctionné lors de la première vague, mais par la suite, plusieurs sections sont entrées en production simultanément. « Nous avons très bien réussi à étaler la première vague. Lors de la deuxième vague, tout a commencé en même temps. On s’est alors retrouvé avec des montagnes de fraises, littéralement. Heureusement, la qualité était au rendez-vous, mais il nous a fallu veiller à tout écouler rapidement. »
Au final, la production a tout de même pu être bien gérée. « En fait, nous avons toujours pu garder le contrôle. À certains moments, nous aurions peut-être préféré écouler un peu plus de produit chez certains négociants, surtout lorsque le prix était favorable. Mais nous n’avons pas à nous plaindre. Nous avons réussi à bien gérer la situation. »
Accords de prix et expansion
Demedts-De Mey fonctionne en partie avec des accords sur les prix. Cela offre une certaine stabilité sur un marché fortement influencé par les conditions météo. En même temps, il faut toujours trouver le juste équilibre. « Tout le monde doit gagner sa vie. Pas seulement nous, mais aussi ceux qui achètent nos fraises. Ils sont tout à fait disposés à payer un peu plus si eux aussi peuvent jouer le jeu et réaliser leur marge. »

L’extension prévue de la superficie consacrée aux fraises suscite une certaine inquiétude, la superficie totale en Belgique et aux Pays-Bas pouvant augmenter considérablement l’année prochaine. « Environ 120 ha viendront s’ajouter entre les Pays-Bas et la Belgique. C’est beaucoup. Surtout si nous avons à nouveau une année avec des productions énormes en juin et juillet. Si tout le monde dispose simultanément d’une grande quantité de produit, cela met la pression sur l’ensemble du marché. »
« Les marchés au cadran ont bien sûr pour objectif de commercialiser le plus grand nombre possible de kilo et dispose pour cela d’une vue d’ensemble de l’offre disponible. Cependant, en cas de surproduction, il n’est pas facile, même pour eux, d’obtenir le meilleur prix possible. C’est précisément dans ces moments-là qu’il devient d’autant plus important, en tant que producteur, de se démarquer. La qualité et le goût jouent un rôle crucial. En proposant un produit solide et de qualité et, dans la mesure du possible, en concluant des accords de prix clairs, nous pouvons nous assurer d’obtenir le meilleur résultat possible et le plus rentable. »
Selon Demedts, le marché des fraises peut en outre basculer très rapidement. « Une culture peut être très mauvaise pendant quatre semaines, puis excellente pendant les quatre ou cinq suiventes. Parfois, on gagne autant avec un petit chargement qu’avec deux camions qui font la navette. C’est la nature, et nous n’avons pas tout sous contrôle. »
Nouvelles cultures
Maintenant que les conditions extrêmes sont derrière nous, le producteur voit les cultures se rétablir. « Il y a moins de poussière. Nous avons eu un peu de pluie et cela fait du bien. Les dernières plantes que nous avons mises en terre ont un aspect très différent de celles plantées en juin et juillet. Elles peuvent s’acclimater et pousser beaucoup plus sereinement. Cela se reflète dans la production, mais surtout dans la qualité. »

Demedts s’attend donc à une situation plus stable pour l’automne. « Les ventes aux particuliers connaissent traditionnellement un léger recul dès le début du mois de septembre, notamment en raison de la rentrée scolaire et des dépenses supplémentaires qui l’accompagnent. Septembre est toujours un mois coûteux. Après les vacances, viennent s’ajouter les manuels scolaires et autres dépenses. S’il fait beau, les ventes marchent bien. En cas de pluie, la demande est plus faible et les consommateurs se tournent plus volontiers vers les légumes. »
En revanche, du côté des professionnels, les affaires reprennent. « Les boulangers se remettent en route. Pour eux, l’automne est une période idéale pour confectionner des gâteaux, pourquoi pas avec des jolies fraises. L’objectif est de mainteniur la continuité jusqu’aux fêtes de fin d’année. Les dernières plantations ont été programmées il y a une semaine dans le but d’assurer la production jusqu’au Nouvel An. Nous ne savons bien sûr pas ce que septembre et octobre nous réservent, mais si le temps est clément et que les plants continuent à bien fleurir, tout devrait bien se passer. »
Framboises populaires à l’automne
Outre les fraises, la culture des framboises reste un pilier important. Les ventes se sont bien déroulées pendant l’été. « La framboise vient toujours après la fraise, donc nous avons là aussi enchaîné les vagues de chaleur. Mais sur le plan commercial, ça a bien fonctionné. Des ventes excellentes et des cultures correctes. »

Actuellement, Demedts – De Mey travaille avec les variétés Kwanza et Tulameen, qui nécessite une attention particulière par temps chaud. « Tulameen est une framboise délicieuse, mais un peu plus fragile. Il faut être très réactif et veiller à ce que tout soit parfait. Nous avons quelques clients français qui en raffolent, donc ça marche très bien, même l’automne venu. Les sonsommateurs viennent souvent pour des fraises, mais repartent aussi avec des mûres et des framboises. En automne, ces dernières se vendent peut-être même plus vite que les fraises. Les enfants les adorent et elles sont faciles à emporter à l’école. »
Pour Tulameen, le producteur entrevoit toutefois un défi pour l’année prochaine car les plants sont difficiles à trouver. « Je n’ai pas pu me procurer de plants de Tulameen pour l’année prochaine. Apparemment, l’offre chez les pépiniéristes néerlandais diminue, donc si quelqu’un en a encore, je suis preneur ! »
Optimisme
Malgré des conditions de travail difficiles, le bilan de l’été est positif. « Ça a été difficile au niveau culture, mais les ventes ont été bonnes. Tant que tout se vend, on n’a pas à se plaindre. Le travail est difficile, mais s’il paie, on voit les choses sous un autre angle. »
Selon lui, le principal enjeu pour les années à venir ne réside donc pas tant dans les techniques de culture que dans l’évolution de la superficie cultivée. « Tout le monde a le droit de s’agrandir et d’aller de l’avant. Mais ce développement massif m’inquiète un peu. Si trop de produits arrivent en même temps sur le marché, ça peut vite mal tourner. »
Pour plus d’informations :
Benoit Demedts
Kwekerij Demedts – De Mey
Tél. : +32 479690867
benoitdemedts@gmail.com
www.demedts-demey.be
Les expéditions de myrtilles péruviennes nettement en avance sur la saison dernière par Gourmet Trading Co et Freshplaza
Réduction du volume global attendue
Les expéditions de myrtilles péruviennes nettement en avance sur la saison dernière
La campagne péruvienne de myrtilles est en avance sur le calendrier habituel. Des températures plus élevées que la normale ont accéléré le développement des cultures. Ce phénomène devrait également provoquer un pic de production plus précoce que d’ordinaire, une tendance qui semble s’inscrire dans une dynamique plus large à l’échelle de la filière péruvienne cette saison. « En plus de ce développement accéléré, nous observons également un calibre moyen légèrement inférieur à celui d’une saison normale », indique Luciano Fiszman de Gourmet Trading Company. Combiné au fait que certaines variétés tendent à produire moins sous l’effet de températures élevées, ce contexte devrait se traduire par une réduction des volumes globaux.
Des incertitudes pour la suite de la saison
Les perspectives à plus long terme restent très incertaines. À ce stade, il est impossible de savoir jusqu’où les températures pourraient monter, ni quelle sera l’intensité des précipitations en fin de campagne, lorsque les effets les plus marqués d’El Niño pourraient se manifester. « Il est tout simplement trop tôt pour que quiconque puisse prédire l’impact total avec certitude », a déclaré Luciano Fiszman. « Pour l’heure, nous nous concentrons sur ce que nous observons dans les champs et nous nous adapterons au fil de la saison. »
Inspection des champs de myrtilles au Pérou.
Projections à l’export
Selon les dernières projections publiées par Proarándanos, le Pérou devrait exporter environ 404 000 tonnes métriques au cours de la campagne 2026-27, soit une hausse d’environ 5,6 % par rapport à la saison précédente. « Il est toutefois important de replacer cette croissance dans son contexte », souligne Luciano Fiszman. D’après les estimations de Proarándanos, les exportations péruviennes auraient pu progresser jusqu’à 20 % en l’absence de l’impact d’El Niño. Cette dynamique est portée par quelque 3 500 hectares de nouvelles surfaces de production arrivant sur le marché. « Autrement dit, les nouvelles surfaces contribuent à compenser la baisse de productivité liée aux conditions climatiques plus chaudes. »
Le segment biologique présente quant à lui un profil différent. Proarándanos prévoit actuellement des expéditions d’environ 31 000 tonnes métriques de myrtilles biologiques, contre près de 35 000 tonnes métriques la saison dernière. « Nous estimons qu’il est important de se référer aux projections officielles de la filière plutôt que de spéculer de notre côté, en particulier lors d’une saison où les conditions peuvent encore évoluer de manière significative », a expliqué Luciano Fiszman.
Une courbe de production avancée
En raison du démarrage précoce de la campagne, les volumes arrivant sur le marché américain ont été nettement supérieurs à ceux enregistrés à la même période l’an dernier. Selon les dernières données publiées par Proarándanos, sur la base des informations du SENASA, le Pérou avait exporté 35 679 tonnes métriques de myrtilles vers les États-Unis jusqu’à la semaine 34. Le total des exportations cumulées jusqu’à cette même semaine s’élevait à 80 585 tonnes métriques, soit une hausse de 56 % par rapport à la même période l’année précédente.
Si la projection officielle de la filière continue d’indiquer une croissance d’une année sur l’autre, Luciano Fiszman adopte une position plus prudente. « Sur la base de ce que nous observons actuellement dans les champs — températures élevées, calibre moyen légèrement inférieur et productivité réduite sur certaines variétés —, je pense que le volume final exporté par le Pérou pourrait en définitive se situer en deçà de la saison dernière. » Il souligne néanmoins qu’il est encore trop tôt pour anticiper le résultat final avec certitude, compte tenu notamment des incertitudes climatiques qui pèsent sur la fin de campagne. La courbe de production s’est décalée vers l’avant cette année, avec un démarrage et une montée en charge des volumes plus précoces. « C’est pourquoi il ne faut pas extrapoler la progression actuelle d’une année sur l’autre et supposer que le Pérou terminera la saison proportionnellement au-dessus de l’an dernier. »
L’évolution de la seconde partie de la campagne dépendra dans une large mesure des conditions météorologiques et de l’évolution d’El Niño. « Nous savons déjà que les températures affectent la production, mais nous ignorons comment les conditions évolueront en fin de saison. »

La transition vers les fruits d’importation
Le démarrage précoce de la saison péruvienne a également engendré un chevauchement plus important avec la saison domestique américaine. Le Pacifique Nord-Ouest a pu prolonger sa campagne grâce au recours à la conservation en atmosphère contrôlée, tandis que le Pérou démarrait plus tôt que prévu, créant ainsi une période de transition quelque peu délicate pour le marché. « La transition a nécessité davantage de coordination cette année, car les fruits domestiques étaient encore disponibles au moment où le Pérou démarrait plus tôt que d’habitude », explique Adriana Fortune de Gourmet Trading Company. « Les clients ont effectué leur transition à des moments différents selon leurs programmes et leurs positions de stock, mais nous constatons désormais que le marché s’oriente plus résolument vers les fruits d’importation. Nous nous attendons à ce que cette transition soit largement achevée aux alentours de la fête du Travail », a-t-elle ajouté.
Bien qu’il y ait eu une période durant laquelle l’offre prolongée du Pacifique Nord-Ouest a coïncidé avec un démarrage inhabituellement précoce du Pérou, le marché a finalement absorbé les volumes disponibles. La transition n’a pas été totalement fluide — la disponibilité simultanée de fruits des deux origines a par moments exercé une certaine pression — mais la demande est restée suffisamment soutenue pour traverser cette période de chevauchement. La filière s’oriente désormais vers une transition plus naturelle en faveur de l’approvisionnement importé.
Scott Hulsey de Gourmet Trading Company se déclare satisfait de la qualité des fruits issus de l’opération péruvienne de la société, malgré les conditions climatiques difficiles. « L’équipe a fait un excellent travail pour s’adapter aux conditions rencontrées jusqu’ici cette saison. Nous avons apporté les ajustements opérationnels nécessaires, notamment en raccourcissant les intervalles de récolte et en acheminant les fruits du champ vers la station de conditionnement plus rapidement. Notre priorité est de préserver l’état des fruits et leur durée de conservation tout au long du processus, afin de livrer à nos clients la meilleure qualité possible. »

Pour plus d’informations :
Luciano Fiszman
Gourmet Trading Co.
Tél. : +1 310 216 7575 poste 1888
Luciano@gourmettrading.net
Le Marché mondial de la framboise par FreshPlaza
Marché mondial : la framboise
Les marchés de la framboise présentent des situations contrastées dans les principales régions productrices et consommatrices, sous l’effet de la météo, du développement des cultures et de la disponibilité de l’offre. En France et dans une partie de l’Europe du Nord, les vagues de chaleur et la faiblesse des volumes soutiennent les cours, tandis qu’en Italie et en Suisse, les rendements sont jugés globalement satisfaisants. En Amérique du Nord, la hausse des approvisionnements en provenance du Mexique et de Californie exerce une pression à la baisse sur les prix.

Parallèlement, les conditions de production et d’exportation évoluent dans plusieurs grandes origines internationales. Le Maroc a clôturé sa campagne 2025-2026 plus tôt que prévu, avec un recul des expéditions de frais au profit du surgelé, tandis que l’Afrique du Sud se prépare à entamer une nouvelle saison après un débourrement précoce. À l’échelle mondiale, les conditions climatiques, la disponibilité de la main-d’œuvre, la logistique et l’évolution de l’offre des origines concurrentes continuent d’influencer la disponibilité et les prix de la framboise.
France : la production progresse légèrement
Le marché français de la framboise reste marqué par une offre limitée, après plusieurs semaines de fortes températures qui ont pesé sur la production. Dans le Sud-Ouest de la France, la chaleur affectait encore fortement les framboisiers à la mi-août, entraînant une baisse des volumes et de fortes tensions sur le marché. Face au manque de disponibilités, les opérateurs ont relevé leurs prix : au 12 août, la framboise standard cultivée sous abri dans le Sud-Ouest s’établissait en moyenne à 17,20 €/kg au stade expédition, soit une hausse de 0,80 €/kg.
La situation commence toutefois à évoluer avec la fin des fortes chaleurs. Au 19 août, le RNM (Réseau des nouvelles des marchés) faisait état d’une légère hausse de la production dans le Sud-Ouest. Les volumes continuent de s’écouler facilement, même si la demande est moins soutenue que la semaine précédente, lorsque le marché était particulièrement tendu en raison du manque de marchandise. Dans ce contexte, les prix restent fermes.
En Auvergne-Rhône-Alpes, l’offre est également orientée à la hausse. Au 20 août, les volumes continuaient de se redresser très progressivement, sans difficulté d’écoulement signalée par les opérateurs. Les prix restent là aussi fermes.
Cette évolution intervient après plusieurs épisodes de fortes chaleurs et de sécheresse qui ont affecté la production française ces derniers mois. De nombreuses cultures ont été touchées, avec des baisses de rendement et des problèmes de qualité signalés dans plusieurs bassins de production.
Au stade de gros, les framboises françaises conditionnées en barquettes de 125 grammes se négocient généralement entre 2,50 et 3,00 € la barquette, selon les marchés, tandis que les framboises portugaises restent disponibles à des niveaux de prix comparables. En grande distribution, le RNM faisait état, au 13 août, d’un prix moyen au détail de 25,94 €/kg pour la framboise française, contre 23,42 €/kg pour la framboise importée.
Pays-Bas : une longue période de faible disponibilité
« La framboise reste un produit difficile sur le marché. En juin et début juillet, les volumes en provenance du Portugal étaient à un bon niveau. Au fil du mois de juillet, ces volumes ont cependant diminué, entraînant une hausse des prix. C’était cohérent avec ce que nous observions localement : des températures élevées et une disponibilité très faible », témoigne un importateur néerlandais.
« Lorsque les températures atteignent 30 °C ou plus, les plantes sont stressées, ce qui provoque une chute significative de l’offre. Cela s’est traduit par des pénuries nettes sur le marché ces dernières semaines. La disponibilité en provenance de Pologne était également limitée en raison de l’évolution des conditions météorologiques et de la transition entre la première et la deuxième cueillette. »
« Entre-temps, les conditions climatiques sont devenues un peu plus clémentes et, heureusement, il pleut davantage au moment où nous écrivons ces lignes. Nous espérons que les volumes des différentes origines vont reprendre dans les prochaines semaines. À partir de ce week-end, nous attendons que nos producteurs au Maroc démarrent les premières expéditions à l’export. »
Italie : bonne qualité et prix satisfaisants
En Italie, les rendements en framboise varient selon la région de production et, par conséquent, selon le climat. Un producteur important d’Émilie-Romagne indique que les fortes températures de cette saison ont entraîné des rendements légèrement inférieurs à la normale. La qualité reste toutefois bonne et les prix sont également satisfaisants. La météo a modifié le cycle végétatif des plantes, si bien que la deuxième récolte a débuté nettement plus tôt que les années précédentes.
Plus au nord, en Tyrol du Sud, la récolte de framboises se poursuivra jusqu’en octobre. Selon le coordinateur d’une organisation de mise en marché, le prix de vente moyen au départ entrepôt vers les clients est d’environ 15 € le kilo durant ces semaines d’août. Les rendements ont été très bons jusqu’à présent cette année, et les producteurs atteignent un rendement brut commercialisable satisfaisant.
Allemagne : de bonnes ventes en début de saison, puis une offre du Sud très limitée
Les framboises nationales proposaient également une qualité attrayante en début de saison, ce qui a généré des ventes en conséquence. « Le niveau des promotions en grande distribution a été régulièrement élevé et, dans l’ensemble, l’écoulement des produits a été bon », a indiqué Frutania GmbH à la mi-juillet. La framboise étant moins sensible à la chaleur que d’autres petits fruits, les volumes et la qualité sont restés relativement stables même pendant la canicule.
Cependant, avec la persistance des fortes chaleurs, l’approvisionnement en petits fruits du sud de l’Allemagne est resté très limité. Certains jours, aucune livraison de framboises n’était disponible dans cette région. Les prix sont par conséquent orientés à la hausse.
Espagne : Huelva maintient son approvisionnement tout au long de l’année malgré la chaleur estivale
Huelva représente environ 90 % de la production totale de framboises en Espagne. Bien que la production à Huelva ralentisse considérablement en juillet et août en raison de la chaleur estivale intense, l’introduction de variétés remontantes (à fructification continue) permet à la région de maintenir un approvisionnement de base continu en framboises tout au long de l’année. À Ségovie, dans des localités telles que Chañe, Coca et Nava de la Asunción, l’accent est principalement mis sur les fraises d’été, bien que quelques exploitations cultivent également des framboises pendant les mois les plus chauds.
La campagne de commercialisation des framboises 2026 en Espagne a été marquée par des conditions météorologiques défavorables. Une succession de tempêtes hivernales a ralenti la maturation précoce en serre et provoqué des pénuries d’approvisionnement ponctuelles. Cependant, l’introduction de nouvelles variétés à tiges de l’année (remontantes) et une superficie cultivée stable d’environ 2 000 à 2 300 hectares à Huelva ont permis une reprise régulière à l’approche du printemps, se traduisant par une augmentation de 5 % du volume, qui a atteint environ 39 545 tonnes à Huelva.
Bien que la pénurie initiale de fruits ait fait grimper les prix et atténué l’impact, la valeur totale a légèrement diminué de 3 % pour s’établir à 222,7 millions d’euros. Malgré un bilan positif en termes de volume, les marges bénéficiaires sont restées sous pression en raison de facteurs tels que la concurrence des pays tiers. Les importations en provenance du Maroc ont continué à gagner du terrain lors des premières périodes de commercialisation dans la grande distribution d’Europe centrale, portées par des coûts d’exploitation plus faibles. En revanche, le manque chronique d’approvisionnement en eau réglementé et l’absence de solutions définitives pour la désinfection des sols limitent les perspectives d’investissement futures pour de nouvelles variétés.
Suisse : la surface cultivée progresse d’environ 3 %
L’Association suisse des producteurs de fruits (SOV) se montre optimiste quant à la récolte de petits fruits cette année, avec une production totale de framboises attendue à 2 411 tonnes. Cette estimation est supérieure à celle de l’année dernière, notamment en raison de l’extension des surfaces cultivées. Pour la framboise, cette progression représente une hausse d’environ 3 %.
Autriche : les produits locaux écoulés principalement en grande distribution
En Autriche, les framboises marocaines et polonaises sont encore disponibles dans les circuits de gros et les commerces spécialisés, tandis que la production locale se retrouve principalement en grande distribution. Les prix s’établissent actuellement aux alentours de 29,52 € le kg.
Finlande : des prix en légère baisse alors que les producteurs se tournent vers des variétés plus sucrées
« Le prix d’achat des framboises finlandaises a été légèrement inférieur cette saison par rapport à l’année dernière. Heureusement, de plus en plus de producteurs optent pour des variétés véritablement sucrées et délaissent progressivement la variété Glen Ample. C’est une bonne chose pour le marché, car cela permet de vendre sans cesse des framboises délicieusement sucrées. Il arrive même que la barquette soit déjà vide avant même que les clients n’aient rejoint leur voiture », explique un négociant finlandais spécialisé dans les fraises.
Amérique du Nord : une offre abondante pèse sur les prix
Les framboises sont actuellement disponibles en abondance sur le marché. Ce n’était pas le cas à la même période la saison dernière, et cette année, la hausse des disponibilités exerce une pression sur les prix.
L’offre de framboises en provenance du Mexique a connu une progression substantielle depuis plus d’un an, la majorité des volumes provenant actuellement de Basse-Californie et une partie du centre du pays. Cette évolution s’explique en partie par l’extension des surfaces cultivées en Basse-Californie, ainsi que par de nouvelles variétés offrant de meilleurs rendements.
La Californie enregistre également une offre soutenue en framboises. Sa saison a démarré plus tôt que d’habitude, des températures hivernales plus douces ayant accéléré le développement des cultures dans plusieurs zones de production. Il en a résulté un chevauchement des fenêtres de récolte et des volumes record par rapport à l’année précédente. Malgré des aléas climatiques, l’approvisionnement a pu se redresser à temps pour le pic de la saison.
Afrique du Sud : un débourrement précoce annonce le début de la nouvelle saison
Les framboisiers sud-africains sortent de leur dormance, avec un débourrement déjà perceptible. La récolte reprendra en novembre.
Les framboises sud-africaines destinées à l’export sont principalement expédiées vers l’UE et le Royaume-Uni, avec quelques volumes à destination du Moyen-Orient. Leur durée de conservation est parmi les plus courtes des fruits d’exportation, et toutes les framboises sont transportées par voie aérienne. Les exportations de framboises ont légèrement progressé au cours des trois dernières années, atteignant 1 181 tonnes lors de la campagne 2025/2026. Durant la saison 2019/2020, l’Afrique du Sud avait exporté plus de 2 tonnes de framboises.
Au cours de la campagne 2024/2025, 75 % des framboises sud-africaines ont été expédiées vers le Moyen-Orient, le Royaume-Uni représentant les 25 % restants, avec de plus petits volumes à destination de l’Europe et de l’Afrique.
Maroc : les exportations reculent de 7 % sur une campagne clôturée prématurément
La filière framboise marocaine a bouclé la campagne 2025-2026 en deçà des attentes, le deuxième cycle de récolte ayant subi de plein fouet les contrecoups d’une saison marquée par des aléas climatiques, des difficultés de main-d’œuvre et des tensions commerciales. Les tempêtes et inondations qui ont touché le nord du Maroc entre janvier et mars ont causé davantage de dégâts qu’initialement estimé. La saison s’est terminée prématurément, de nombreux producteurs n’ayant pas pu reprendre la cueillette après les congés de l’Aïd en raison d’une pénurie persistante de main-d’œuvre.
L’accès aux marchés a constitué une pression supplémentaire : les coûts de transport élevés ont rendu le marché du Golfe largement inaccessible dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, réorientant les exportations vers l’Europe. Les difficultés logistiques ont aggravé la situation, les opérations ralenties au port d’Algésiras ayant entraîné des retards de livraison et des pertes de qualité. Les exportateurs se sont montrés réticents à expédier, poussant les producteurs à privilégier la congélation.
Selon un représentant des producteurs, les prix de la framboise sont restés stables malgré la baisse de l’offre. Les exportations de framboises fraîches ont reculé de 7 %, passant de 63 554 à 59 149 tonnes, la région Rabat-Salé-Kénitra enregistrant le plus fort recul régional, à hauteur de 22 %. Les exportations de framboises surgelées ont en revanche progressé de 19 %, passant de 12 950 à 15 452 tonnes.
La première phase de la campagne, clôturée le 31 mars, a enregistré une demande satisfaisante. Les exportations de framboises fraîches ont atteint 44 319 tonnes, contre 45 321 tonnes lors de la même période la saison précédente, soit un recul de 2 %. Les exportations de framboises surgelées ont atteint 10 084 tonnes, contre 7 952 tonnes lors de la même période la saison précédente, soit une hausse de 27 %.