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« L’asperge est en train de passer le creux de la vague » par FreshPlaza avec Christian Befve, Befve&Co

Christian Befve, Befve&Co :

« L’asperge est en train de passer le creux de la vague »

La campagne d’asperges 2026 avait pourtant bien commencé, selon Christian Befve, expert international dans la filière asperge. Malgré des retards initialement annoncés dans plusieurs régions françaises suite à des épisodes de pluie importants, le démarrage de campagne aura finalement été positif. « Nous avons eu un excellent début de campagne, bien que l’impossibilité de rentrer dans les champs pour réaliser les opérations de buttage en amont de la campagne ait généré de l’inquiétude ainsi qu’un retard dans le lancement de la saison ». Mais une fois ces difficultés passées, la production a rapidement trouvé son rythme, donnant un sentiment global de début de saison réussi. Une situation qui n’aura malheureusement pas duré puisqu’aujourd’hui, le marché pâtit d’un déséquilibrage en faveur de l’offre.

Un coup de chaleur généralisé qui a provoqué une explosion des volumes
Tout a basculé avec l’arrivée des fortes chaleurs de ces dernières semaines. « Toutes les régions de France se sont mises à produire en même temps », souligne Christian Befve. « Habituellement, les rendements oscillent autour de 150 kg/ha/jour, mais ils ont brutalement grimpé à 200 voire 300 kg/ha/jour ». Cette accélération simultanée de toutes les zones de production a provoqué un afflux massif d’asperges sur le marché. Résultat : une offre largement supérieure à une consommation qui, elle, n’a pas suivi la même dynamique.

Une consommation en retrait face à une offre saturée
« Si la production a brutalement doublé, la consommation n’a évidemment pas pu suivre la même tendance ». Un phénomène amplifié par plusieurs facteurs : « Les vacances scolaires ont pu jouer un rôle de frein bien sûr, mais surtout, l’asperge n’a pas été la seule à arriver massivement sur les étals suite à ce gros coup de chaleur. La production de fraises a également fortement augmenté. Et j’ai pour habitude de dire : quand le rouge arrive, c’est mauvais pour l’asperge. Très abondantes et proposées à des prix attractifs, je pense que cette offre a généré des arbitrages chez les consommateurs ».

Pression sur les prix et concurrence européenne accrue
L’excès d’offre a logiquement entraîné une baisse des prix sur le marché. Mais la situation a été amplifiée par la concurrence étrangère. La Grèce a fortement exporté vers l’Allemagne, qui a elle-même réorienté une partie de ses volumes vers la France. « L’Allemagne, en pleine production, envoie des quantités non négligeables sur le marché français à des prix pouvant atteindre les 2,20 euros du kilo, en dehors de toute logique de rentabilité. Il y a également des asperges d’origine belge et hollandaise qui arrivent à des prix particulièrement bas sur le marché français », précise l’expert. Un phénomène qui a accentué la pression sur les opérateurs français, particulièrement dans le segment des grossistes, jugé le plus impacté : « Les producteurs qui font de la vente directe, qui vendent sur les marchés ou encore dans le secteur de la restauration sont moins impactés par cette diminution drastique des prix. Ceux qui vendent auprès de la GMS, même avec des opérations promotionnelles planifiées depuis longtemps, sont également moins concernés. Ceux qui souffrent le plus de la situation sont les opérateurs qui destinent leur production aux grossistes. C’est dans ce secteur que la concurrence étrangère est la plus forte et que les prix sont tombés les plus bas ».

Qualité impactée et tensions sur la main-d’œuvreCette surproduction a également eu des conséquences sur la qualité. Avec des récoltes trop importantes, les exploitations ont parfois pu être débordées. « Certains producteurs ont même stoppé la production d’aspergeraies, à cause du manque de main-d’œuvre. Car face à cette surproduction, ce n’est pas une personne par hectare qu’il aurait fallu pour assurer une qualité optimale mais 1,2. Or, la main-d’œuvre ne se trouve pas comme cela ». Résultat : une baisse du taux de première catégorie et une hausse des produits de seconde catégorie, accentuée par des buttages qui n’ont pas toujours pu être bien réalisés en raison des conditions humides du printemps.

Un marché en reprise progressive ?En ce début de semaine, le marché semble toutefois amorcer une phase de rééquilibrage. « Il est clair que ces dernières semaines, il y a eu des asperges qui se sont vendues en-dessous du prix de revient. Mais la situation semble très légèrement s’améliorer depuis le début de la semaine. Les volumes commencent à diminuer à cause de l’arrêt en production de certaines aspergeraies et des températures qui se sont rafraîchies. Les prix n’évoluent pas vraiment pour l’instant, mais au moins les stocks semblent se vider au fur et à mesure, ce qui est plutôt bon signe ».

Pour plus d’informations :
Christian Befve
Christian Befve & Co
christian@befve.com
www.befve.com

Photo de la première page: © Christian Befve Date de publication: mar. 5 mai 2026

Myrtille française : une campagne 2026 qui s’annonce prometteuse par L’Association des Producteurs de Myrtilles de France (APMF) et FreshPlaza

Myrtille française : une campagne 2026 qui s’annonce prometteuse

L’Association des Producteurs de Myrtilles de France (APMF) vient de renouveler son bureau. Côme Lapierre succède ainsi à Caroline Barbier au poste de président, saluée pour « son travail déterminant dans la structuration et la montée en puissance de la filière ». Le nouveau bureau entend poursuivre et renforcer les actions déjà engagées. L’occasion également de faire un point sur les perspectives de la prochaine campagne.

Poursuivre la dynamique engagée
Parmi les chantiers en cours : le développement des plantations, qui atteignent aujourd’hui près de 600 hectares, avec un renouvellement variétal important. L’APMF souhaite également continuer à progresser sur le plan technique en verger, une nécessité pour rester compétitif face à la concurrence européenne et mondiale.

Autre axe stratégique pour le nouveau président : le développement du marché. Car si la consommation française progresse, elle reste encore limitée, autour de 160 à 170g par habitant en 2025, loin des 2 kg observés au Royaume-Uni. Parmi les pistes de travail déjà identifiées figure l’amélioration de la mise en avant en rayon. « La myrtille est un achat d’impulsion, sa visibilité en rayon est donc essentielle », rappelle Côme Lapierre. Autre levier envisagé : l’évolution du conditionnement, en sortant du modèle classique de la barquette de 125 g au profit du vrac.

Enfin, l’APMF poursuit également sa structuration. L’arrivée d’un nouveau trésorier doit permettre de renforcer l’organisation d’une filière qui a fortement progressé ces dernières années. L’association compte aujourd’hui plus de 170 adhérents et fédère environ la moitié des producteurs français. Elle s’est également ouverte à l’amont et à l’aval (pépiniéristes, metteurs en marché, fournisseurs) et développe des partenariats pour gagner en visibilité, avec une vingtaine d’entreprises impliquées, parmi lesquelles Berry World, Planasa ou encore Fruits Rouges & Co.

Une campagne 2026 prometteuse
« La production française s’annonce plutôt bien », se réjouit Côme Lapierre. Aucun épisode de gel n’a été recensé cette année et la floraison a été satisfaisante. Les jeunes vergers poursuivent leur montée en puissance, laissant entrevoir des volumes au moins équivalents, voire supérieurs à ceux de 2025. « Les conditions climatiques du printemps, notamment dans le Sud-Ouest, sont également jugées favorables, avec un temps sec ayant limité la pression des maladies et permettant d’envisager des fruits de bon calibre et de qualité ».

Seul motif d’inquiétude : le marché, au regard notamment du contexte économique. Mais les premiers indicateurs sont toutefois rassurants. « Le contexte n’est pas favorable mais la myrtille semble tirer son épingle du jeu. Le début de saison avec le Maroc, marqué par un manque de volumes et des prix autour de 20 €/kg — nettement supérieurs à la normale — est plutôt encourageant. Et malgré ces niveaux de prix, les volumes de vente ne se sont pas effondrés et le marché reste assez dynamique ».

Le nouveau bureau APMF se compose comme suit :
– Côme Lapierre (producteur dans le Lot et Garonne) à la présidence,
– Caroline Barbier (productrice dans le Vosges) au secrétariat
– Jocelyn Joncour (producteur dans le Finistère) à la trésorerie.
– Marie Laure Bodergat (productrice dans le Morbihan) a été élue trésorière adjointe.

Pour plus d’informations :
Association des Producteurs de Myrtilles de France
contact@myrtilles.com
www.myrtilles.com Date de publication: mer. 6 mai 2026

© FreshPlaza.fr / Marine Inghirami-Benaroch

« La mécaniation comme facteur d’expansion de la culture d’asperges ? » par Walter Gubbels, de Gubbels Asperges (Pays-Bas) et FreshPlaza

Walter Gubbels, de Gubbels Asperges (Pays-Bas) :

« La mécaniation comme facteur d’expansion de la culture d’asperges ? »

Dans les champs d’asperges, tous les signaux sont au vert pour la nouvelle saison. « Nous disposons d’un personnel suffisant et sommes toujours à la pointe de la technologie. En ce moment, nous coupons beaucoup de classe I », déclare Walter Gubbels, producteur d’asperges à Helvoirt et membre de The Greenery. Les ventes, quant à elles, sont en chute libre. « Jusqu’à la semaine dernière, les prix étaient très bons, mais depuis quelques jours, la situation est morose. Aujourd’hui, les prix au cadran des doubles A se situent autour de 5,50 €, ce qui n’est pas folichon. Il y a tout simplement trop d’asperges de classe I. Pour la classe II, les prix se situent au niveau de ces dernières années. »

Le producteur reste néanmoins optimiste. « J’ai l’impression que nous allons à nouveau dans la bonne direction et je m’attends à un grand rebond pour la semaine prochaine. Le mauvais temps est annoncé pour la semaine prochaine et j’entends déjà dire que les producteurs se sont arrêtés dans les jeunes plantations et dans les cultures en mini-tunnels à cause du prix. Cela contribuera à rétablir l’équilibre dans les semaines à venir. »

Walter Gubbels

Le début de la saison a été bon cette année. « Les asperges de serre ont bien marché, seule la fin a été délicate car il y a eu un chevauchement avec les asperges de pleine terre qui sont arrivées une ou deux semaines plus tôt. Cela a entraîné un volume important sur le marché avec un prix plutôt médiocre, surtout si l’on tient compte du prix du gaz. »

Depuis des années, Gubbels cultive des asperges vertes et violettes à petite échelle en même temps que des blanches. « Ça reste un marché de niche. J’ai envisagé de développer la culture des asperges vertes, mais lorsque j’ai vu le prix de ces dernières semaines, j’ai abandonné l’idée. La concurrence étrangère est tout simplement trop forte, car on peut y produire à moindre coût. Les acheteurs disent qu’ils sont intéressés par les asperges vertes néerlandaises, mais en fin de compte, la différence de prix avec le produit importé est trop importante. Je m’attends à une reprise lorsque les importations cesseront, mais on sera déjà à la fin du mois de mai et il ne restera que que trois à quatre semaines pour obtenir un bon prix. C’est un peu court. »

Selon Gubbels, la mécanisation est vraiment en train de percer dans le secteur. « J’ai longtemps participé à cette évolution, mais elle a longtemps stagné et ces deux dernières années, je ne me suis pas vraiment penché sur la question. Il semble pourtant que les avancées en matière de récolteuses soient réelles. Je n’entends que des sons positifs sur les machines les plus récentes et suis très curieux de voir où cette évolution va nous mener. Ces dernières années, nous avons surtout assisté à une réduction de la superficie consacrée à l’asperge, sous la pression de la main-d’œuvre et de la disponibilité de bonnes terres, mais si la mécanisation se poursuit et que les producteurs de grandes arables s’y mettent, on pourrait assister à une nouvelle expansion. »

Pour plus d’informations :
Walter et Ton Gubbels
Aspergekwekerij Gubbels
Tél. : +31 411641283
gubbels-asperges@hetnet.nl
www.gubbels-asperges.nl Date de publication: lun. 4 mai 2026

© FreshPlaza.fr / Izak Heijboer

Le marché mondial de l’asperge par FreshPlaza

Marché mondial : l’asperge

Les marchés de l’asperge entrent dans une phase de transition, marquée par une évolution des dynamiques d’offre dans les principales régions productrices. En Europe, la hausse des volumes exerce une pression baissière sur les prix, tandis qu’en Amérique du Nord, le resserrement de l’offre soutient les prix au comptant. Dans l’hémisphère sud et sur les marchés tournés vers l’export, les contraintes structurelles — coûts, main-d’œuvre et concurrence — continuent d’influencer la production et les flux commerciaux.

D’une région à l’autre, les conditions météorologiques, les calendriers saisonniers et le coût des intrants restent déterminants pour les performances du marché. Avec l’arrivée de nouvelles récoltes et la fin d’autres campagnes, l’équilibre entre l’offre et la demande devrait continuer à s’ajuster dans les semaines à venir, influençant les tendances de prix et l’activité commerciale.

Belgique : les prix baissent après la demande des fêtes
La campagne belge de l’asperge a débuté cette année sur des niveaux de prix élevés, en partie en raison de la précocité de Pâques. Les volumes restaient limités, tandis que la restauration, traditionnellement très demandeuse sur cette période, soutenait le marché. Des conditions météorologiques favorables autour des fêtes ont également dynamisé les ventes. Associées aux promotions en grande distribution, elles ont contribué à maintenir des prix élevés. À l’issue de cette période, la fin des opérations promotionnelles a entraîné un net repli des cours, quasiment divisés par deux.

Actuellement, les ventes restent dynamiques et les marges ne sont pas sous pression. Les asperges blanches affichent des niveaux relativement bas, parfois inférieurs à 5 €/kg, tandis que les asperges vertes se situent autour de 7 €/kg. Ces dernières n’ont toutefois pas encore atteint leur pic de production, en raison de nuits froides et d’un vent persistant de nord-est ralentissant la croissance.

Le marché présente encore un potentiel de progression. La saison monte en puissance, avec davantage d’opérateurs actifs et une restauration pleinement opérationnelle. La demande devrait bénéficier d’un nouvel élan avec les vacances de mai, période clé pour les asperges locales.

Pays-Bas : le marché ralentit alors que la mécanisation gagne du terrain
« Jusqu’à la semaine dernière, les prix étaient très bons, mais ces derniers jours, le marché a ralenti. Aujourd’hui, les prix à l’enchère pour la catégorie double A tournent autour de 5,50 €/kg, ce qui reste assez banal. On observe une légère surabondance d’asperges de classe I, tandis que celles de classe II se maintiennent à des niveaux comparables aux années précédentes », explique un producteur néerlandais.

Malgré ce ralentissement, le producteur se montre confiant : « J’ai le sentiment que le marché évolue à nouveau dans la bonne direction et je m’attends à un rebond significatif dès la semaine prochaine. Les prévisions météo sont défavorables, et j’entends déjà que certaines récoltes sur jeunes parcelles ont été interrompues en raison des prix. Les producteurs utilisant des mini-tunnels ont également cessé leurs activités. Je m’attends donc à un redressement du marché dans les prochaines semaines. »

Selon lui, la mécanisation constitue une évolution majeure du secteur : « Je m’y intéresse depuis longtemps, mais aucune percée concrète n’avait réellement eu lieu. Ces deux dernières années, j’avais même cessé de suivre le sujet. Aujourd’hui, il semble que les machines de récolte soient enfin sur le point de s’imposer. »

La saison gagne progressivement en intensité, avec un retour des opérateurs et une restauration pleinement active. La demande devrait être soutenue jusqu’à la semaine 22. Par la suite, fin mai-début juin, la consommation se tourne progressivement vers d’autres produits, tandis que l’offre commence également à reculer. Bien que la Saint-Jean marque officiellement la fin de la campagne, un ralentissement du marché est généralement perceptible en amont.

France : La vague de récolte due à la chaleur pèse sur le marché
La saison française a démarré de manière dynamique, malgré un début retardé par des conditions climatiques défavorables. La situation s’est rapidement normalisée, permettant une montée en puissance rapide des volumes. Les producteurs se sont déclarés satisfaits des rendements et de la qualité lors des premières semaines.

La donne a changé avec l’arrivée d’un épisode de chaleur généralisé, qui a accéléré la production dans l’ensemble des bassins. Cette simultanéité a provoqué un afflux massif de volumes sur le marché, créant un pic d’offre que la consommation n’a pas absorbé.

Résultat : les prix ont reculé au cours des dix derniers jours, sous l’effet combiné de volumes élevés et d’une concurrence étrangère accrue. Certains opérateurs allemands auraient commercialisé leurs produits en dessous de leur seuil de rentabilité, accentuant la pression sur les marchés européens.

Le marché français se situe actuellement à un niveau bas, une tendance qui devrait se poursuivre cette semaine, avant une possible amélioration dès la semaine prochaine. Malgré cette baisse des prix, les volumes continuent de progresser.

Des disparités régionales persistent. En Alsace, où la production est majoritairement consommée localement et moins dépendante des marchés de gros, les prix ont mieux résisté. Les producteurs en circuits courts ont également été moins impactés, contrairement à ceux fortement exposés aux marchés de gros.

À court terme, la baisse progressive des volumes pourrait contribuer à rééquilibrer le marché. Une amélioration des conditions est attendue dans les prochains jours.

Italie : l’augmentation des volumes entraîne une baisse des prix d’une semaine à l’autre
Lors de la semaine 17 de 2026, les prix des asperges ont reculé de 17,2 % par rapport à la semaine précédente, sous l’effet d’une offre abondante dans un marché peu dynamique. Le prix de gros des asperges vertes s’établissait entre 4,00 et 4,50 €/kg, avec des écarts allant de 3,50 à 4,00 € pour les petits calibres et de 4,00 à 4,50 € pour les plus gros.

L’asperge blanche, emblématique de la région de Vénétie, se situait entre 6,00 et 7,00 €/kg, des niveaux inférieurs à ceux de la campagne précédente.

Le président d’un consortium de producteurs de Vénétie précise : « Les prix de nos asperges blanches ont très bien démarré cette année, atteignant 17 à 18 €/kg pendant la période de Pâques. Aujourd’hui, le marché s’est légèrement ralenti et les détaillants vendent autour de 12 €/kg. Les rendements restent globalement bons, même si les températures élevées récentes compliquent la production. La récolte en plein champ a débuté fin mars, mais les producteurs équipés de serres chauffées à eau chaude ont commencé dès le 20 février et ont bénéficié de prix très élevés. Les membres du consortium vendent localement ainsi qu’auprès des enseignes de distribution en Vénétie, avec même quelques exportations vers le Japon. »

Espagne : Le changement de saison en Europe réduit les niveaux de prix
La campagne d’asperges vertes se situe à mi-parcours, avec une production principalement concentrée dans la province de Grenade. Début février, de fortes pluies et des inondations ont entraîné des pertes estimées entre 10 et 15 % de la récolte totale.

Par la suite, des conditions plus froides et humides ont retardé la récolte avant le pic de consommation de Pâques, soutenant ainsi les prix. Depuis fin mars, un temps plus chaud et ensoleillé a favorisé la croissance des cultures et permis une reprise des volumes.

À partir de cette période, l’Espagne s’est imposée comme un fournisseur majeur en Europe, avec des volumes importants à des prix élevés. Toutefois, depuis le 25 avril, les prix ont été divisés par deux environ, sous l’effet de l’arrivée des productions d’autres pays européens, notamment l’Italie, la France et l’Allemagne.

Les conditions météorologiques devraient rester favorables pour la suite de la saison.

Allemagne : L’offre nationale domine alors que les prix diminuent
Les asperges blanches et violettes allemandes ont largement dominé le marché. Les importations sont restées marginales, à l’exception notable de Berlin, où des volumes en provenance de Grèce ont permis de gagner des parts de marché.

Sur le segment des asperges vertes, les productions espagnoles et italiennes sont venues compléter l’offre nationale.

Face à l’augmentation des disponibilités, les opérateurs ont été contraints de revoir leurs prix à la baisse. Malgré ces ajustements, l’écoulement n’a pas toujours permis d’éviter la formation de stocks. À l’exception des asperges vertes allemandes, les prix restent globalement inférieurs à ceux de l’an dernier.

Suisse : La production nationale augmente, les importations restent élevées
La production d’asperges a fortement progressé ces dernières années en Suisse. Les surfaces consacrées à l’asperge blanche sont passées de 29 hectares en 2004 à 169 hectares en 2024, tandis que celles dédiées à l’asperge verte ont augmenté de 76 à 278 hectares.

En 2025, la production a atteint 530 tonnes d’asperges blanches et 346 tonnes d’asperges vertes. Cette année, les premières asperges blanches issues de cultures chauffées ont été commercialisées fin mars.

Malgré cette progression, les importations restent significatives : environ 3 600 tonnes d’asperges blanches et 5 700 tonnes d’asperges vertes ont été importées en 2024.

Autriche : L’augmentation de l’offre maintient les prix stables
La campagne se poursuit avec une offre locale en hausse progressive. Parallèlement, les asperges hongroises affluent sur le marché. Dans ce contexte, les prix se maintiennent à des niveaux stables, voire en légère baisse.

Amérique du Nord : La baisse de la production mexicaine maintient les prix au comptant à un niveau élevé
Les volumes en provenance du Mexique sont nettement inférieurs à ceux de l’an dernier à la même période. L’absence de températures hivernales suffisamment fraîches dans les principales zones de production a ralenti le développement des cultures et affecté la répartition des calibres.

Les campagnes de Caborca et de San Luis Río Colorado se terminent plus tôt que d’habitude en raison des températures élevées, tandis que la transition vers Ciudad Constitución, en Basse-Californie, est en cours. Le Pérou demeure ainsi la principale source d’approvisionnement stable, avec des volumes comparables à ceux de l’an dernier.

Les asperges californiennes continueront d’être expédiées du 15 au 31 mai, tandis que les productions du Michigan et du Canada devraient débuter dans les deux prochaines semaines.

La demande reste soutenue et, dans un contexte d’offre réduite, les prix au comptant se maintiennent à des niveaux élevés. Une augmentation des volumes est attendue à court terme.

Pérou : Les contraintes climatiques continuent de limiter la production
Le Pérou fait face à une offre structurellement limitée, avec des volumes toujours inférieurs à ceux de 2021 et sans véritable signe de reprise en 2026. Les conditions climatiques restent le principal facteur limitant, tout comme la faible expansion des surfaces.

Cette baisse de l’offre, combinée à une demande soutenue en Europe et aux États-Unis, a entraîné une hausse des prix au-delà des niveaux de 2025. Toutefois, la rentabilité reste sous pression, en raison notamment des coûts logistiques élevés — en particulier le fret aérien — ainsi que de l’augmentation des coûts de main-d’œuvre.

Mexique : L’évolution variétale favorise le rendement et la rentabilité
Le secteur mexicain connaît une transformation progressive, sous l’effet de la hausse des coûts et de la raréfaction de l’eau. L’adoption de variétés hybrides, notamment des plants 100 % mâles, se développe afin d’améliorer les rendements et de réduire les coûts de production.

Le Mexique reste fortement dépendant du marché américain, où il bénéficie d’avantages logistiques importants. Les conditions climatiques, la disponibilité de l’eau et la concentration géographique de la production continuent de structurer le développement du secteur.

Chili : Une superficie réduite réduit le rôle du pays à des segments de niche
Le Chili conserve une position plus marginale sur le marché mondial de l’asperge, en se concentrant sur des segments de niche et des fenêtres commerciales spécifiques. La superficie cultivée a progressivement diminué ces dernières années, au profit de cultures jugées plus rentables.

La disponibilité de la main-d’œuvre et la hausse des coûts logistiques ont également affaibli la compétitivité du pays face à des concurrents comme le Pérou ou le Mexique. Le Chili privilégie désormais des marchés de proximité et des segments à forte valeur ajoutée, avec des volumes limités et une exigence accrue en matière de qualité.

Australie : La hausse des coûts continue de limiter les marges des producteurs
La dernière campagne a marqué une amélioration, sans pour autant résoudre les problématiques de rentabilité. « C’est la première saison depuis 2021 où les producteurs n’ont pas perdu d’argent, mais elle reste peu rentable », explique un exportateur.

Et ce malgré de bonnes performances agronomiques : « Nous avons enregistré les rendements moyens les plus élevés depuis 2018 sur l’ensemble de la saison d’exportation. »

Cependant, la hausse continue des coûts a absorbé ces gains, maintenant les producteurs sous pression, même dans une année relativement favorable.

La concurrence sur les marchés export constitue un défi majeur : « Au cours des cinq dernières années, nous avons probablement perdu entre 60 et 70 % de notre part de marché au Japon au profit du Mexique », indique l’exportateur. « Notre produit est globalement de meilleure qualité, mais le coût de la main-d’œuvre en Australie rend très difficile toute compétitivité. »

Les possibilités de différenciation par la qualité restent limitées, ce qui complique la réduction de l’écart de prix : « Nos produits en vrac sont plus chers que leurs petites bottes », conclut-il, malgré une main-d’œuvre plus importante nécessaire pour ces dernières.


Prochain marché mondial : la mangue
Date de publication: lun. 4 mai 2026

© FreshPlaza.fr / Stefan Jansen van Nieuwenhuizen

Nous avons mis à l’épreuve le nouvel AsperCut 2026 désormais capable de récolter jusqu’à 20 asperges par minute. Le voici en action à l’image:

Bonjour,

J’espère que la saison de récolte des asperges s’annonce très belle pour vous.

Nous avons mis à l’épreuve le nouvel AsperCut 2026 désormais capable de récolter jusqu’à 20 asperges par minute.

Le voici en action à l’image:

Nous sommes très content des résultats qui dépassent nos espérances, nous en sommes très fier.

L’AsperCut prend la route aujourd’hui direction l’Allemagne chez un très gros producteur qui a loué la machine.

Si vous êtes intéressés n’hésitez pas à nous contacter et nous travaillerons à la livraison d’un AsperCut de récolte d’asperges vertes chez vous pour la saison 2027. En attendant si vous êtes en Europe n’hésitez pas à nous faire signe. Nous récolterons des asperges jusqu’en Juin.

A très bientôt.

Cordialement

Wilfried GARRIGUE                                  

SYLEKTIS

Président

Mobile: +33 (0)6 08 99 22 73

Email: wilfried.garrigue@sylektis.com

« Le prix de 25 €/kg pour Pâques en Belgique est aujoud’hui réduit de moitié pour le même produit » par FreshPlaza et Bossuyt

FreshPlaza.fr

Asparagus Bossuyt (Belgique)

« Le prix de 25 €/kg pour Pâques est aujoud’hui réduit de moitié pour le même produit »

La saison des asperges bat son plein et les ventes d’Asperges Bossuyt se poursuivent à un rythme soutenu. L’entreprise dispose désormais de trois pop-up stores à Knokke-Heist, Kuurne et Roulers, en plus de son emplacement permanent dans sa propre exploitation à Oostrozebeke. « À Roulers, nous avons commencé depuis environ deux semaines et avons encore besoin d’un peu de temps avant de tourner à plein régime. Les consommateurs doivent se familiariser avec le concept, mais à Kuurne et surtout à Knokke, cela fonctionne particulièrement bien », déclare Kris Bossuyt, cultivateur et négociant.

Pour Bossuyt, les ventes en propre représentent toujours une partie importante de l’entreprise, qu’il continue à développer petit à petit. « J’essaie de vendre autant que possible en direct. Le contact avec les clients me donne de l’énergie. Evidemment, je ne peux pas être partout à la fois, mais j’essaie de faire la navette entre les boutiques. Actuellement, nous travaillons avec trois points de vente différents. À Knokke, nous avons un emplacement fixe. Nous avons également un stand de 4×4 m dans un centre commercial à Kuurne et à Roulers, nous avons ouvert un magasin depuis le 14 avril. »

« Chaque type d’emplacement a sa propre dynamique. En semaine, il y a toujours des moments plus tranquilles, mais le mardi, lorsqu’il y a un marché, nous constatons clairement une plus grande affluence. Le vendredi est également un jour fort. Les lundis restent généralement un peu plus calmes et les autres jours sont variables, en fonction du temps et de l’affluence dans la région. Dans l’ensemble, nous ne pouvons pas nous plaindre. La saison reste cependant difficile à évaluer à ce stade. Pour les asperges, elle est relativement courte et ce n’est qu’à la fin que l’on peut vraiment juger de l’évolution. Le mois de mai, le plus important, est à notre porte ! »

Maintenir des prix aussi stables que possible
Pour Bossuyt, les ventes se déroulent pour le mieux. « Les marges ne sont pas sous pression. En Belgique, on constate que les asperges se négocient parfois à moins de 5 €/kg, mais je ne descends pas en dessous de 10. Lorsque les prix d’achat sont élevés, la marge diminue évidemment, mais cela est compensé plus tard dans la saison. Ma stratégie consiste à maintenir les prix de vente aussi stables que possible. Si les consommateurs sont prêts à payer 25 €/kg à Pâques, un prix réduit de moitié en mai reste réaliste pour le même produit. »

« La qualité ne change pas, seule l’offre fluctue, comme les prix d’achat. Mais je choisis consciemment de ne pas répercuter intégralement ces variations sur le client. Cela crée un climat de confiance et permet de fidéliser les clients. »

En ce qui concerne les asperges vertes, Bossuyt est également satisfait. « Bien que les volumes ne soient pas encore à leur maximum. Cela est principalement dû aux conditions météorologiques. Les nuits sont encore froides et il y a un fort vent du nord-est qui ralentit la croissance. La production n’est donc pas encore tout à fait au rendez-vous alors que le niveau de prix se situe actuellement autour de 7 €/kg, ce qui est correct. »

Propre produit
Bossuyt ne considère pas vraiment la grande distribution comme un concurrent, car selon lui, le groupe cible est différent. « Bien que la GMS fasse parfois des promos importantes, cela ne me nuit pas. La qualité n’est tout simplement pas comparable. Nos points de vente se situent parfois à côté d’un supermarché, mais la différence de produit est clairement perceptible pour le client. Nous opérons dans un segment différent. »

Bossuyt commercialise autant que possible avec ses propres asperges. « C’est important pour garantir la fraîcheur et la qualité. Ce n’est que lorsqu’il y a une demande spécifique ou que nous ne disposons pas d’un volume suffisant, par exemple dans les calibres les plus gros, que nous achetons. Mais cela reste accessoire et le principe de base reste que nous vendons le plus possible de produits issus de notre propre culture. »

Un mois de mai chargé
La période de congés qui arrive à son terme représente une sorte de calme avant la tempête, la période la plus chargée étant encore à venir. « Il y a pas beaucoup de jours fériés en Belgique. Nous avons plusieurs week-ends prolongés d’affilée, ce qui crée généralement une demande supplémentaire. Nous entrons dans le troisième mois de la saison et les volumes devraient normalement continuer à augmenter. Seulement à la mi-juin, l’offre diminue généralement. Il nous reste donc encore environ six semaines, le mois de mai étant vraiment crucial pour nous. »

« Pâques est tombé assez tôt cette année, ce qui n’a pas été favorable à tout le monde. Aujourd’hui, la saison commence vraiment à décoller. De plus en plus de fêtes sont organisées et le secteur de l’hôtellerie est de nouveau en pleine effervescence. Les terrasses jouent un rôle important à cet égard, même si le temps n’est pas très favorable en ce moment. Le vent vif du nord-est fait qu’il n’est pas très agréable de rester assis dehors. Dès que les températures augmenteront, cela donnera un coup de fouet aux ventes. »

Pour plus d’informations :
Kris Bossuyt
Asperges Bossuyt
Tél. : +32 472801140
info@verseasperges.be
www.verseasperges.be Date de publication: jeu. 30 avr. 2026

© FreshPlaza.fr / Jannick Flach

Etats-Unis : un robot souple détecte la maturité et récolte les fraises par Becka BowyerUniversité de Cornell et FreshPlaza

Etats-Unis : un robot souple détecte la maturité et récolte les fraises

Des chercheurs de Cornell University ont mis au point une pince robotique souple capable d’évaluer la maturité des fruits par le toucher et de récolter des fraises sans les endommager. Le dispositif repose sur des capteurs à fibre optique extensibles qui mesurent la fermeté du fruit, combinés à un mouvement de torsion permettant de le détacher sans traction.

Les travaux, publiés le 23 mars dans la revue Nature Communications, ont été menés par Anand Mishra au sein du laboratoire dirigé par Rob Shepherd, professeur d’ingénierie mécanique John F. Carr. L’équipe a collaboré avec Marvin Pritts, professeur d’horticulture, afin d’adapter cette technologie à la production de petits fruits.

« Ce qui est remarquable à Cornell, c’est la combinaison d’une forte expertise en agriculture et en robotique », explique Rob Shepherd. « Cela nous permet de développer des solutions innovantes à l’interface de ces deux domaines. »

La pince est équipée de deux capteurs à fibre optique mesurant à la fois la courbure et la pression. Le système peut ainsi estimer la forme du fruit et ajuster sa prise afin d’éviter tout dommage. « Les capteurs ont des propriétés mécaniques similaires à celles de la pince elle-même. C’est un peu comme si la pince « ressentait » le fruit, plutôt que d’utiliser des capteurs distincts », précise Rob Shepherd.

Le dispositif a été entraîné à partir de fraises, utilisées comme culture modèle. « La maturité des fraises peut être facilement identifiée visuellement grâce à leur couleur », explique Rob Shepherd. « Nous avons donc entraîné le système à reconnaître la maturité par le toucher, puis validé les résultats en les comparant à la couleur. Anand Mishra a ainsi pu déterminer avec précision le moment optimal de récolte en se basant sur la fermeté mesurée. »

Une fois le fruit saisi, un mécanisme à engrenage planétaire permet à la pince de pivoter pour détacher la fraise sans l’arracher. Une caméra intégrée complète le système en identifiant les fruits dissimulés sous le feuillage.

Cette technologie pourrait être appliquée à d’autres cultures pour lesquelles la maturité est difficile à évaluer visuellement, comme l’avocat, l’ananas ou la papaye. « Avec la papaye, par exemple, il est difficile de savoir quand elle est mûre, et sa fenêtre de récolte est très courte », souligne Rob Shepherd.

Selon les chercheurs, ce type de robot pourrait contribuer à faire évoluer les systèmes de production en permettant une gestion plus fine des cultures, tout en réduisant la dépendance aux intrants comme les pesticides et les engrais. « Les robots nous permettront d’aller vers des pratiques qui ne sont pas économiquement viables aujourd’hui », estime Rob Shepherd. « Gérer une exploitation avec ce niveau de précision est complexe, mais ces technologies pourraient rendre cela possible. »

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Becka Bowyer
Université de Cornell
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