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AsperCut : l’innovation de rupture qui redonnera de l’autonomie au producteur d’asperge? par FreshPlaza

Wilfried Garrigue, Sylektis : « Un outil fiable, robuste et accessible basé sur une approche low-tech »

AsperCut : l’innovation de rupture qui redonnera de l’autonomie au producteur d’asperge?

Il se pourrait bien que la filière asperge soit à un tournant majeur de son évolution avec l’arrivée sur le marché dès la saison prochaine de l’AsperCut, premier robot de récolte d’asperges français. A l’origine de cette aventure, une prise de conscience : le manque de main-d’œuvre représente une des principales menaces de la filière agricole française, voir européenne. Un constat d’autant plus mis en avant pendant les années Covid, où la récolte de l’asperge en France a clairement été compromise. De cette observation, est née Sylektis, une entreprise créée par Wilfried Garrigue et Stéphane Abraham.

Une approche low-tech pour plus de fiabilité
« Nous ne sommes pas issus du milieu agricole mais de l’industrie et nous sommes convaincus que les solutions de robotique déjà existantes dans le secteur industriel peuvent servir le secteur agricole. Nous avons donc lancé le projet en 2020 et en sommes aujourd’hui à la troisième version du prototype AsperCut. Nous commençons désormais à aboutir sur quelque chose de très opérationnel et productif », précise Wilfried Guarrigue.

Si AsperCut n’est pas le premier robot sur le marché à avoir été conçu dans l’objectif de récolter les asperges mécaniquement, il incarne une véritable rupture technologique avec les différents modèles déjà existants. « Plutôt que de tout inventer, nous avons souhaité utiliser au maximum les technologies largement déployées dans le secteur industriel et agricole et qui ont déjà fait leurs preuves. La machine est donc constituée de trois parties : l’enjambeur porte-outil, que nous avons nous-même mis au point, le robot qui récolte et la partie IA qui permet de détecter les asperges. Cette approche « low-tech » et pragmatique a l’avantage de proposer une machine à des coûts beaucoup plus abordables pour les producteurs. Elle permet également de s’appuyer sur une technologie fiable et beaucoup plus simple ».

Une ambition de ne pas récolter vite, mais bien
C’est sur cette simplicité d’utilisation et cette robustesse que les deux fondateurs ont souhaité miser pour convaincre les producteurs. « Il y a un certain scepticisme de la part des agriculteurs envers la robotique qui peut leur paraître parfois trop sophistiquée, peu fiable, difficile à manipuler et à entretenir.

Plutôt que de « robot », nous préférons parler de « machine de récolte ». Contrairement aux machines qui sont déjà sorties sur le marché, nous avons souhaité proposer un outil plus petit qui soit donc moins cher et privilégiant la qualité à la vitesse. Notre machine fait 4m de long, 2,5m de large, 2,5m de haut et pèse 3,5T. On assume pleinement cette volonté de préférer s’arrêter pour récolter l’asperge, car le cas contraire nécessite une robotique beaucoup plus complexe et donc forcément moins fiable. C’est aussi une façon de garantir une récolte de qualité. En s’arrêtant, l’outil est capable de récolter les asperges en un seul coup, ce qui n’est généralement pas possible à la main. Il permet également de récolter l’asperge sans la pincer ni toucher le turion, ce qui permet là encore de garantir la qualité du produit récolté. Par ailleurs, nous avons développé et breveté un outil qui est capable de récolter toutes les asperges, même celles qui sont un peu tordues. Ce qui engendre beaucoup moins d’écart de production à la récolte ».

La machine est adaptée à des surfaces de production plus modérées allant de 2 à 4ha. Nous préférons par ailleurs vendre plusieurs petites machines plutôt qu’une seule, ce qui a l’avantage de s’adapter à toutes les surfaces de production et au producteur de ne pas se retrouver coincé si l’une des machines tombe en panne ».

Un outil autonome basé sur une détection précise grâce à l’IA
L’AsperCut, autonome sur la butte d’asperges à récolter, repère les asperges grâce à un système de détection en 3D basé sur l’intelligence artificielle et qui permet un positionnement de précision de l’outil : « Nous sommes à un croisement où les techniques ont beaucoup évolué. Avant, les caméras et ordinateurs étaient inaccessibles, les tarifs aujourd’hui ont beaucoup diminué ce qui nous a permis d’intégrer cette technologie à notre machine. Pour ce qui est de son autonomie, le tout électrique aurait représenté une trop grosse rupture. Or, nous ne voulons pas être trop disruptifs et apporter en priorité une solution pour la récolte. La machine avance toute seule, elle détecte les asperges, s’arrête pour les récolter et les met en caisse. Lorsqu’elle a fini un rang, elle s’arrête pour qu’un opérateur prenne les caisses et la positionne sur un nouveau rang d’asperge pour relancer le cycle de récolte, ce qui permet de ne pas laisser les asperges trop longtemps dans les caisses une fois récoltées. Il s’agit d’une machine hybride basée sur une alimentation électrique à laquelle nous avons ajouté un groupe électrogène qui permet de garantir son autonomie à 100 % ».

Un outil qui s’adapte à la récolte d’asperges blanches et de vertes
Si Sylektis s’est d’abord attelé à développer une machine de récolte d’asperges blanches, l’entreprise a souhaité aller plus loin encore avec la création d’un robot de récolte d’asperge verte : « L’idée est d’avoir une plateforme de récolte robotique sur laquelle on peut positionner jusqu’à deux robots de récolte. Un robot d’asperges blanches à l’avant de la machine et un de vertes à l’arrière, ou même deux de blanches ou deux de vertes pour ceux qui souhaitent augmenter la capacité de récolte. Concernant la mise au point du robot de récolte d’asperges vertes, nous nous travaillons avec notre partenaire japonais Fanuc, leader mondial des robots industriels ».

Apporter une solution compétitive à la pénurie de main d’œuvre
« Aujourd’hui, la vraie problématique que rencontre le monde agricole est celle de la main d’œuvre. La récolte est le seul acte dans les champs qui se fait encore manuellement, contrairement au désherbage et au travail du sol par exemple. Mais le problème, c’est que nous n’avons plus de bras. Ce sont des métiers difficiles et ingrats, dont les gens se détournent de plus en plus. La récolte étant aussi l’étape qui apporte le plus de valeur ajoutée, l’AsperCut a un argument solide en termes de retour sur investissement. En termes de prix de vente, la machine permet de récolter à 1 euro/kilo. Avec Maxime Pallin, agriculteur dans le Médoc en France chez qui nous testons notre prototype depuis 3 ans, nous avons défini les objectifs à atteindre pour avoir une solution répondant aux enjeux techniques et économiques. Cette saison 2025 nous permet de valider l’atteinte de ces objectifs et le démarrage de la commercialisation de l’AsperCut ».

Une solution autonome pour augmenter la capacité de production locale et limiter les importations
Bien que le coût de la récolte soit un sujet important, il n’en demeure pas pour autant le sujet principal : « L’objectif premier n’est pas de proposer une solution moins onéreuse qu’en faisant appel à des saisonniers. Mais d’être compétitif et d’apporter une solution à la pénurie de main d’œuvre, de fournir aux agriculteurs la possibilité de récolter. Avec 50 % d’asperges importées beaucoup nous disent qu’ils veulent récolter plus et augmenter les capacités de production, mais qu’ils n’ont pas les moyens humains de le faire. Avec l’AsperCut, nous voulons offrir aux producteurs la capacité d’être autonome sur une production locale. Une démarche en somme plus vertueuse en termes d’autonomie, qui minimise les importations, aboutit à un meilleur impact environnemental et donne une visibilité pérenne de l’investissement sur la culture. Avec l’AsperCut, on ne se posera plus la question de savoir si on arrivera à trouver de la main-d’œuvre sur 10 ans, longévité d’une aspergeraie. C’est aussi en ce sens que nous voyons à travers l’AsperCut une innovation de rupture ».

L’ambition d’accompagner les agriculteurs français et au-delà des frontières dans cette transition
A l’aube de l’industrialisation de l’AsperCut, Wilfried Garrigue et Stéphane Abraham abordent la suite de l’aventure avec confiance et beaucoup d’ambition : « Nous sommes les premiers à avoir développé une machine de récolte conçue et fabriquée en France et nous en sommes fiers. Nous bénéficions de France Relance 2030 qui nous aide depuis le début du projet et sommes dans une phase de levée de fonds pour avoir les ressources suffisantes pour se lancer dans l’industrialisation des machines, que nous aimerions commencer à vendre cette année afin d’être en mesure de livrer la première présérie en 2026. Nos machines seront vendues par des distributeurs de tracteurs locaux pour faciliter leur maintenance et assurer leur longévité. Les problématiques de main d’œuvre ne concernant pas uniquement la France, nous avons l’ambition de proposer notre machine en Europe et même au-delà de ses frontières. Nous pensons même à l’adapter à d’autres filières qui font face aux mêmes problématiques comme la récolte de raisins. La filière agricole est en danger, si on ne peut plus récolter, on va tuer notre agriculture au profit d’importation de produits étrangers. Nous sommes convaincus que l’AsperCut est une réponse pertinente au problème et sommes très déterminés à accompagner les agriculteurs dans cette transition ».

Pour plus d’informations :
Wilfried Garrigue
Sylektis
wilfried.garrigue@sylektis.com

 

Stefan Pohl, de Limgroup, sobre la evolución del sector del espárrago: «Las variedades de espárragos de segmento tardío están en auge», por FreshPlaza

Limgroup’s Stefan Pohl about the asparagus sector developments:

«Late segment asparagus varieties are on the rise»

Rising costs and tough sales: Many know the European asparagus sector has had a difficult few years. Things, however, seem to be looking up for this queen among vegetables. Sales still peak in the first half of the season, but the period between Pentecost and the traditional end of the season on June 24 appears to be doing better. Late-segment varieties, though, are few and far between. Limgroup, a breeding company, wants to change that with its new Mosalim variety, reports Product Manager Stefan Pohl.
Stefan Pohl at expoSE 2023, where he officially introduced the new late variety, Mosalim

It took about 12 years from this late segment variety’s initial crossbreeding to its actual market introduction. The main goal was to develop a modern alternative to the long-recognized Backlim variety for the last phase of the asparagus season. «Mosalim retains its great tip closure even at higher temperatures,» begins Stefan. «It’s also excellently suited for mechanized harvesting and a longer harvesting program.»

«From the grower’s perspective, the variety has overall good foliage health and yields throughout harvesting. These parameters all benefit the variety. Mosalim should, thus, make a name for itself in various cultivation areas in the coming years,» the product manager says. «It should also gain a good market position. Backlim can, however, remain the standard variety in asparagus cultivation.»

Mosalim is grown in almost all the major asparagus-growing regions in Germany and some in the Netherlands. Last year saw the first plantings in that country, but it has been planted on a particularly large scale this year. «We realized there are many medium-late asparagus varieties, but only a few very late ones. That means there’s demand for good, high-yield late varieties everywhere, not just in Germany and the Netherlands,» says Stefan.

This year, the first of these asparagus will be planted in Austria and Switzerland, too

The early segment is not necessarily more lucrative, sales-wise either. «The season has been increasingly brought forward over the years, pushing up early asparagus cultivation costs. That’s mainly due to high labor and plastic costs. Because of rising minimum wages, this problem will only grow. And on the sales side, there’s a certain threshold regarding prices we cannot exceed. That makes it harder and harder for many growers to make any decent money for early crops.»

 

«But, that increases the interest in the late segment as many growers recognize that achieving good yields in the season’s last three to four weeks is worthwhile. Demand is admittedly relatively low during that time compared to the first part of the season, but so is supply. Available products are, thus, generally easier to sell. We want to offer growers a good variety with Mosalim, so they have high-quality products available until the very last day of the season,» Stefan continues.

Asparagus sector confident about the future
According to Pohl, the mood in the sector is currently quite positive. «In many areas, older fields are being rejuvenated to meet current standards. That’s true for the plant market, too, which is completely sold out. That’s, no doubt, a good sign.» However, the latest figures show that the number of asparagus farms is decreasing in certain regions. «We think the decisive factor is the sales structure. I’m sure those with a good, stable sales structure will keep prospering in the future,» he says.

«Others who don’t have that will have to give up, sooner or later. The rising minimum wage remains a constant challenge, though. Labor costs make up around 60% of asparagus cultivation costs. Still, I doubt we can say the entire sector is suffering. Innovative companies look for solutions, while others see problems. If we consider the acreage throughout Germany, it’s still one of the fastest-growing countries in Europe, even the world. In that respect, I don’t believe the current change is alarming for the sector at this point,» Stefan reckons.

Green asparagus keeps gaining ground
Alongside the still dominant white asparagus, its green cousin is undeniably gaining ground. «It currently has a market share of roughly 10-12%, and its upward trend continues. On the one hand, some companies specialize in green asparagus; on the other, some are still skeptical about this crop. Basically, however, green asparagus has become a staple for most cultivation companies.»

The Limgroup has been offering the Xenolim variety specifically for the green asparagus sector for several years now. «This variety’s main advantage is that it’s an anthocyanin-free plant, which means it doesn’t discolor. Growers can use that to stand out from imported trade, which gives them a clear competitive advantage regarding sales. Xenolim is a medium-late variety. Looking ahead, we aim to breed a late green asparagus to offer the entire spectrum,» Stefan concludes.

This article was previously published in Primeur May 2025. Click here for the link to the entire edition

For more information:
Stefan Pohl
Limgroup
Asparagus Product Manager
Tel: +49 (0)15 225 667 125
spohl@limgroup.eu
www.limgroup.eu